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GANGUEILE. Petit gangui qu'on traîne avec un bateau. On s'en sert, en Provence, à prendre des anguilles. Y. Gangui.
GANGUI. C'est ordinairement un filet plus petit que le bregin, et qui a les mailles très-serrées. Le grand gangui est un vrai bregin. Quant au gangui des carambots et au gangui des oursins , ce sont des dragues qui tiennent au fond de la mer. Celui qu'on appelle gangui à la voile ressemble assez à la tartane.
De la pèche au gangui.
On prétend que cette pêche nous vient d'Espagne, où on la nommait guanguil, d'où l'on a fait gan~ eui. Quoi qu'il en soit, ce filet est formé, comme l'aissaugue, d'une chausse accompagnée de deux ailes ou bandes de filets , auxquelles on donne plus ou moins d'étendue , suivant l'aisance des pécheurs. Les pécheurs augmentent ou diminuent à volonté l'étendue de leurs filets comme ils le font pour l'aissaugue et le boulier : d'où il suit qu'on ne peut pas en fixer les dimensions. Un autre point plus important, qui distingue la plupart des ganguis d'avec tous les autres filets du même genre dont nous avons parlé, c'est que les mailles sont communément plus serrées, et que ce filet, quoique plus chargé de plomb, est ordinairement traîné avec plus de vitesse , et on verra que quelques ganguis se rapprochent fort des Dragues ( Y. ce mot ), sur-tout quand les pêcheurs mettent à l'avant de la manche une armure qui gratte et entame le fond.
Quelques pêcheurs nomment b regins tous les filets à manche et par conséquent le gangui. Il y a effectivement de grands ganguis qu'on tend au large comme les bregins ; mais les petits ne s'emploient que près de la côte ou dans les étangs salés.
Quoiqu'on ne puisse pas donner de dimensions précises du gangui , nous allons néanmoins , pour fixer les idées , décrire les ganguis qui sont le plus en usage.
On sait déjà que le filet du gangui est formé d'une mauche, nasse ou sac a, PL 3t, N°. VIII, dont l'embouchure est précédée par deux bandes de filets ou ailes bc, comme au boulier. Ces ailes ou jambes n'ont que 8 à 10 pieds de hauteur, sur 3o pieds de longueur. Comme cette pêche n'a jamais été véritablement permise , et que par conséquent l'ouverture des mailles n'a été fixée par aucune ordonnance, chaque pêcheur les fait comme il le juge à propos. Les deux bandes de filet sont montées haut et bas sur deux cordes de jonc ou de sparte. La corde de la tête a un pouce de circonférence , et celle du pied 2 pouces. C'est à cette ralingue qu'on attache 9 livres de plomb par brasse , quoiqu'il soit défendu de mettre sur chaque brasse des filets de ce genre plus d'une livre et demie de plomb. Ou attache à la ralingue de la tête du filet des flottes ou nattes de liège, à un pied les unes des autres.
La bourse , nasse, chausse , sac ou manche ad , JN». VIII, a 3o pieds de longueur, souvent cependant beaucoup moins, pour la proportionner à la force des équipages. Ordinairement on met à la marge ou gorge de la manche en dedans et en dehors un cercle de bois de 3 pieds de diamètre c,
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nom- Ae gardon dans le moyen Age. Les anciennes ordonnances en parlent souvent, soit parce qu'elles en prohibent -la pèche dorant le frai , soit parce qu'elles fixent la longueur qu'il doit avoir pour être vendu dans les marchés.
lorsqu'il est parvenu à son accroissement, depuis une livre jusqu'à une livre et demie. Il est remarquable par ses nageoires rouges ; il a 12 rayons à celle de l'anus et i3 à la dorsale ; le corps large, les écailles amples , le dos bleu et voûté , la tête verdâtre, les côtés argentés et brillans, le ventre blanc- ou rougeàtre. Ce poisson est fort vif et léger : c'est pour» quoi, lorsqu'on parle d'un homme vif et dispos , on dit qu'il est frais et vif comme un gardon.
Habitation. — Ce poisson habite les lacs et les rivières de l'Europe et de l'Asie septentrionale. Il aime les eaux limpides et les fonds sablonneux ; cependant on le trouve en très-grande quantité dans les marais de l'Oder , et même dans les étangs et grandes mares des environs de Paris. Il est assez commun en France , où il est connu principalement sous le nom de gardon, qu'on lui avait donné , parce qu'il vit plus long-temps que beaucoup d'autres poissons dans un vase plein d'eau. U se trouve aussi dans la mer 9 et remonte les fleuves pour frayer. On à observé que lorsque les gardons remontent les rivières , ils se suivent par troupes séparées, composées alternativement de mâles et de femelles, et que si l'ordre de leur marche est interrompu pas les filets des pécheurs, ils ne tardent pas à la reprendre. Les individus qui composent ces troupes nagent très-serrés jusqu'à cent et plus de file.
Nourriture. —Le gardon se nourrit de plantes et d'insectes aquatiques.
Propagation. — Il a la. vie dure , et multiplie beaucoup : on a compté jusqu'à 85, 000 œufs dans une femelle. U fraie vers le milieu du printemps. On appelle roussaille ou blanchaille les jeunes familles de gardons.
Ennemis. — Comme ce poisson reste ordinairement fort petit, il sert de nourriture aux poissons voraces, tels que le brochet, la perche et l'anguille, et aux oiseaux pécheurs.
Qualités. — La chair du gardon est blanche et d'assez bon goût , sur- tout si on l'apprête quand le poisson vient de sortir de l'eau , et qu'il a été péché dans une eau vive ; mais elle est si garnie d'arêtes fourchues , qu'on le sert rarement sur la table des riches; cependant quand le poisson a un pied de longueur on est moins incommodé par les arêtes. Les gardons que l'on prend dans les étangs ont encore moins de valeur que ceux que l'on pêche dans les rivières.
Pêche du gardon.
Le gardon est vif et méfiant; il donne difficilement dans les pièges du pêcheur, et s'il ,entend le moindre bruit, il ne quitte pas le fond , ou bien il fuit et ne revient pas de long-temps : il faut donc , pour le prendre à la ligne , de l'adresse, du silence et de la patience.
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Ta pêche à la ligne se pratique de plusieurs manières et avec diflerens appâts.
Pêche avec F épine-vinette. — On commence cette pêche au mois de mai, dès que les cerises et les groseilles rougissent , et l'on prépare ainsi l'appât : on met dans un sac de peau un tiers de vers de viande et deux tiers de son, par exemple, plein une calotte de chapeau de ces vers et deux calottes de son ; on ferme hermétiquement le sac , et on laisse le tout ensemble pendant 10 ou 12 jours, suivant que la température est plus ou moins élevée ; le ver subit une métamorphose et se convertit en nymphe rouge comme une cerise, que les pêcheurs appellent épine-vinette , sans doute à cause de sa ressemblance avec le fruit de cet arbuste.
On se sert de la ligne à gardon ordinaire , garnie d'un hameçon n°. 12, empilé sur une seule racine très-fine; on proportionne la longueur de la ligne à la profondeur de l'eau , mais de manière que l'hameçon tombe à 2 pouces du fond. L'endroit le plus convenable pour pêcher est une eau peu courante , dont le fond soit uni et qui n'ait pas plus de 6 à 8 pieds. Lorsqu'on a trouvé un endroit ainsi disposé , on prépare des pelotes de terre grasse , dans lesquelles on mêle la composition dont nous venons de parler et du crottin de cheval : on ne donne aux pelotes que la consistance nécessaire pour qu'elles puissent descendre au fond de l'eau , où elles doivent se dissoudre. Après y avoir jeté ces pelotes , on amorce l'hameçon avec une épine-vinette , et l'on pêche dans Pendroit où l'on a fait descendre les amorces de fond. Il faut , au moindre mouvement que l'on remarque à la flotte, piquer vivement le poisson ; car l'amorce , ne tenant pas beaucoup , serait bientôt emportée. On a soin d'amorcer de fond de 2 heures en 2 heures avec les pelotes. Cette pêche doit se faire par un temps calme , parce que le moindre vent, agitant la flotte, et le gardon mordant légèrement, on aurait de la peine à distinguer l'agitation qui serait causée par le vent de celle que pourrait occasionner le poisson. On peut s'amuser à cette pêche pendant 2 mois, et lorsqu'on a l'habitude de la pratiquer, on y obtient un succès complet.
Pêche avec du blé cuit. —On se sert de la ligne ordinaire, mais on fait usage de l'hameçon n°. 10, parce qu'à cette pêche on prend de gros gardons : on a soin de bien faire cuire le blé , qui doit être d'un beau grain, et l'on y ajoute une poignée de sel pour l'empêcher de s'aigrir. On amorce en mettant à l'hameçon un seul grain de blé , et comme les gardons que l'on prend ainsi sont plus gros que dans la pêche précédente , il faut moins de vivacité pour les piquer.
On amorce le fond en y jetant une poignée de blé lorsqu'on pêche sur un gravier où il n'y à qu'une profondeur de 4 à 5 pieds , et il est avantageux d'amorcer le soir pour le lendemain matin, snr-tout à l'arrière-saison , époque où les rivières sont débarrassées des herbes qui croissent dans le fond. On ne peut, dans les grandes chaleurs, pratiquer cette pêche que le matin. Il arrive souvent, à cette pêche, de prendre des brèmes : il faut alors se munir d'une ligne composée de neuf crins au lieu de six, et d'un hameçon n°. 8.
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Pèche avec des vers Èe terre* — Pour cette pêche, on se sert des jeux garnis des hameçons n°. 8) empilés sur une seule racine , et qu'on amorce avec des vers rouges moyens; on laisse descendre le plomb au fond , et les hameçons suivent le fil de Peau. Comme toutes les espèces de poissons mordent au ver rouge , on prend avec ces jeux , en novembre , époque où les poissons habitent les fonds, non-seulement des gardons, mais encore des brèmes , des barbillons, des vandoises, et quelquefois des goujons.
Il faut, dans cette pèche comme dans toutes les autres , observer le plus grand silence.
Pèche avec du pain. — Cette pèche se fait dans les étangs , où Ton pratique d'ailleurs toutes celles dont nous venons de parler. On amorce le fond en y jetant du pain mâché, et l'on pèche ensuite dans l'endroit amorcé , après avoir garni les hameçons avec de petites boulettes de mie de pain tendre roulée dans les doigts. On prend aussi de cette manière de petites carpes.
Pêche avec des sauterelles vertes. — Cette pèche se fait encore dans les étangs , et on se sert de la ligne ordinaire ; on la pratique dans le mois d'août, époque où l'on trouve des sauterelles dans les champs pour amorcer les hameçons. Elle a lieu avant le lever ou après le coucher du soleil : on y prend de gros gardons.
Pèche aux filets* — On prend les gardons à tous les filets ; mais on ne fait pas une pèche particulière avec ces instrumens.
On pèche avec un carrelet les petits gardons que Pon destine à amorcer les hameçons employés à la pèche des gros brochets d'étang.
Dispositions réglementaires.
L'ordonnance de 1669, tit. XXXI, art. 12, prescrit aux pêcheurs de rejeter dans Peau les gardons qui ont moins de 5 pouces entre l'œil et la queue, sous peine de 100 ir. d'amende et de confiscation.
GARDON-BRÉME. M. Dralèt, dans ses Considérations sur les poissons, observe qu'il parait exister deux espèces de gardons , celle dont nous avons parlé , et une espèce, que l'on distingue sous le nom de gardon- brème , qui devient plus grosse que l'autre , et qu'on nomme ainsi, parce qu'elle a, par sa couleur et sa forme , des rapports avec la brème. C'est sans doute, ajoute-t-il, cette espèce qui se trouve dans la Garonne, où Pon en pêche qui pèsent Jusqu'à 3 livres.
GARD Y . C'est le nom qu'on donne à la troisième chambre de la Madrague. V. ce mot.
GARE. Nom qui vient de l'ancien mot français
£rerr se conserver , prendre garde à soi. C'est un u préparé sur les rivières ou canaux étroits , afin que les bateaux s'y puissent retirer pour laisser passer ceux qu'ils rencontrent, soit en montant, soit en descendant , ou pour se mettre à couvert des glaces et des inondations.
GARENNE A POISSON. C'est une espèce de réservoir qu'on fait dans les rivières ou étangs dont Peau n'est pas profonde et dont le lit est uni. La garenne se place au milieu de Peau ou sur le bord.
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L'endroit où elle est établie doit avoir au moins 25 ou 3o pieds en carré , afin qu'on puisse y étendre en rond un tramail.
Quand l'enceinte est marquée, on prend vingt ou trente fagots de branchages tortus, longs de 6 à 7 pieds, de la grosseur du corps et liés par les deux extrémités. On en met un certain nombre en rang dans le fond de Peau , en les éloignant les uns des autres d'environ un pied : on en place d'autres en travers sur les premiers, et on continue ainsi jusqu'à ce que ce tas de fagots monte à demi- pied de la surface de l'eau. On charge ensuite de pierres et d'herbes cette fascine pour la tenir en état, et si le courant était trop violent , on l'appuierait de pieux de bois ferrés par un bout. On doit observer que les fagots de ces garennes soient rangés de manière qu'il s'y trouve autant de plein que de vide, afin que le poisson puisse s'y retirer. On doit aussi construire le réservoir environ i5 jours avant la pèche, afin d'accoutumer le poisson à cette retraite. Au bout de cet intervalle, on va pêcher aux environs de la garenne, afin d'obliger le poisson à s'y retirer; on bat l'eau autour du réservoir ; ensuite , à a toises du piège , on tend un tramail bien garni de plomb par le bas et de liège par le haut , de manière qu'on enferme entièrement le réservoir : alors on se sert de crochets pour tirer les fagots hors de l'eau \ on fouille avec une perche au fond de la garenne pendant environ une demi-heure , et on termine cette manœuvre en enlevant le filet où le poisson se trouve renfermé. Comme il y a beaucoup de rapport entre cette pèche et celle du fond, voy. Fond.
GARER. (T. de rivière.) Garer un bateau , c'est l'amarrer , l'attacher dans une gare : garer un train de bois , c'est le lier.
GARNI ou POCHE. Instrument de pêche dont on se servait en Angoumois et dans la rivière de la Loire, et qui est prohibé par les ordonnances de i326, i388, i4oa, i5i5 et i55o, citées dans Saint- Yon , p. 2»4 , et auxquelles se réfère l'ordonnance de 1609, tit. XXXI, art. 10.
GARÔU. L'un des noms vulgaires d'un poisson du genre des spores. Y. Smaris.
GARR1ZO. On donne ce nom , dans le pays vé- ,' nitien , à un poisson qui se prend avec les sardines au filet appelé traita.
GARN. Mot des langues du Nord , qui signifie filet. Les Norwégiens nomment garn^soëttnïng le filet qui leur sert à prendre des morues.
GARUM. Les anciens Romains donnaient ce nom à une espèce de saumure; on la faisait en pilant des poissons salés ou séchés , et en les laissant exposés à Pair, après les avoir suffisamment imbibés d'eau salée pour qu'il se fit un commencement de décomposition et qu'il se développât de l'ammoniaque : on y joignait du laurier , du thym et autres aromates. (Jette liqueur était noire, très-piquante, très-propre à exciter l'appétit, et servait d'assaisonnement aux mets dans les repas de luxe. On l'estimait tant sous les premiers empereurs, qu'elle
qu'on employa
du garum ; mais il est probable que la plupart des
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