LA PEINTURE A FRESQUE
De l*italien fresco , frais , s’exécute sur un enduit encore frais dans lequel la couleur pénétrant s’incorpore et acquiert par cela môme plus de solidité que la détrempe. C’est la vraie peinture monumentale. Les grandes surfaces des édifices qu’on veut décorer dans ce genre reçoivent d’abord un crépi de chaux, de sable fin de rivière et de brique pilée. Quand ce crépi est bien sec on étend dessus, après humectation, un enduit de chaux éteinte ou endormie au moins depuis six mois, et de sable tin qu’on remplace, en Italie, par ce qu’on nomme de la pouzzolane. L’ouvrier chargé de ce travail n’enduit que la place que l’artiste devra peindre dans sa journée, et ce dernier ne devra commencer à peindre que lorsque le mortier est assez ferme pour ne pas s’enfoncer sous le doigt. Alors on transporte sur la préparation les feuilles de papier dites cartons, où on a préalablement arrêté la composition de son sujet en dessin ; on en fait le décalque avec une pointe sèche ou au moyen du poncif (trait piqué des contours), puis à l’aide des couleurs préparées dans des pots ou godets, on les étend à l’aide de brosses plattes à longs poils, en appliquant plusieurs couches superposées, parce qu’en s’imbibant elles perdent leur intensité. On peut revenir sur l’enduit frais et modeler par hachures pour fondre les ombres dans les clairs. On doit rejeter toutes les couleurs que la chaux altérerait, telles que le blanc de plomb, l’orpin, la laque, le vert-de-gris, etc. Le blanc de chaux est d’un bon emploi, pour les chairs, mêlé avec des ocres et des rouges. Il n’est pas vrai que la fresque soit un moyen fort durable, car les fresques de Raphaël et Michel-Ange, qui n’ont pas beaucoup plus de 300 ans, sont très détériorées, malgré la beauté du climat.
Les peintures, dites encaustiques, des anciens étaient beau-
coup plus solides, puisque d’après les vieux auteurs les peinlures de Polygnote étaient encore très vives DÛO ans après leur exécution.
ENCOLLAGES
La peinture à l’œuf était généralement employée aux quatorzième et quinzième siècles ; l’invention de la peinture à l’huile a fait abandonner ce moyen. On ignore si l’on employait le jaune d’œuf seulement, ou si on usait du jaune mêlé au blanc. Le jaune d’œuf dissolvant les corps résineux, on peut lui associer les résines et lui communiquer ainsi plus de ténacité.
Les encollages peuvent être mêlés dans les couleurs ou couchés sur les objets à décorer et à la place qu’on veut peindre.
Leurs qualités principales doivent être l’incoloration, l’adhérence et l’élasticité, après dessiccation, afin que la peinture à laquelle ils servent d’assiette et où ils sont incorporés soit à l’abri du gerçage ou du fendillement.
Ces conditions ne sont pas toujours faciles à réaliser.
Les substances reconnues par l’industrie comme les plus propres aux encollages, sont : l’amidon, la dextrine, la fécule et les farines ; pour l’application de certaines couleurs sur les étoffes, la terre de pipe sert à prévenir le retrait trop brusque d’une couleur qui contracterait un tissu et s’oppose en même temps au coulage d’une couleur trop claire, la maintient sur le point où elle a été déposée par le pinceau ou la planche d’im= pression.
La gélatine donne du corps à la couleur et la rend hygrométrique. La chlorure, ou le nitrate zincique, et la saccharate calcique, ont la propriété de s’opposer à la coagulation de la couleur.
L’alun sert principalement dans les teintures comme mordant des couleurs, il est d’autant plus estimé qu’il contient
moins de sulfate de fer, attendu que ce sel donne à l’alun la propriété d’altérer certaines couleurs délicates, telles que la gaude et la cochenille. On reconnaît la présence du fer dans l’alun en ajoutant à sa solution quelques gouttes de ferro-cyanure de potassium ; s’il y a du fer, le mélange se colore immédiatement en bleu.