‹ Traité général des peintures à l'eau, ou, Lavis à l'encre de ChineChapitre 19 sur 29 · PROCÉDÉ DE PEINTURE EN COULEURS A L’EAU · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ DE PEINTURE EN COULEURS A L’EAU

Pour lequel la médaille d’Isis a été accordée à M. C.-J. Robertson par la Société d'encouragement de Londres.

On peint sur du papier de Bristol, fixé avec de la colle sur une toile, que l’on préserve de l’action de l’air et de l’humidité en

y collant par derrière une feuille d’étain. Après avoir tracé purement les traits du dessin avec un crayon de plombagine, on dissout un peu de fiel de bœuf. On donne, d’abord, une teinte avec du brun de Van Dyck et la quantité nécessaire d’eau de gomme. Pour obtenir cette teinte, l’on peut employer aussi la sépia ou d’autres couleurs. On emploie le brun de Van Dyck et la sépia pour faire les ombres et les demi-teintes, les plaçant successivement et conservant avec soin les contours sans adoucir les bords. Ces premières teintes sont faibles ; on les couvre ensuite par des lumières vives et, après plusieurs teintes, on se sert d’une grosse brosse bien mouillée pour étaler les couleurs, en ayant bien soin d’épargner les clairs ; on continue cette opération jusqu’à ce que les ombres paraissent de la teinte convenable. Les demi-teintes doivent être beaucoup plus fortes qu’il ne paraît nécessaire, parce qu’elles perdent beaucoup de leur ton, quand on a appliqué les autres couleurs. Quand les premières teintes sont à peu près sèches, on peint les carnations avec de la laque de garance, qui est très durable, pour les chairs de femmes, et, pour les autres, avec le rouge indien ou le rouge de Venise (carmin brûlé ). On lave de la même manière jusqu’à ce qu’on ait obtenu les tons convenables ; on peint ensuite avec de l’ocre jaune, ou de la terre de Sienne, et, pour les bruns des chairs, avec de la terre de Sienne brûlée. Les fortes ombres sont faites avec le brun de Van Dyck, ou de la terre d’ombre brûlée, mêlée avec le brun de garance ou le rouge indien. Quand le tableau est porté au degré de ton convenable, on passe dessus, avec une grosse brosse, une légère dissolution adragante, à laquelle il est mieux d’ajouter un peu de gomme arabique, en prenant le soin de ne pas passer deux fois sur le même point, avant qu’il soit sec et de ne laisser aucune épaisseur qui formerait des raies. Le mieux est de passer la brosse en couches parallèles, dont les bords se touchent. On peut répéter plusieurs fois l’opération

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