‹ Traité général des peintures à l'eau, ou, Lavis à l'encre de ChineChapitre 23 sur 29 · MINIATURE SUR IVOIRE · texte numérisé non relu

MINIATURE SUR IVOIRE

Préparation et choix des plaques. — Tracé du contour.

L’ivoire se vend en tablettes très minces ; celles qui ont une teinte bleuâtre sont préférables, étant moins susceptibles de se fendre et de jaunir. — On les blanchit en les exposant au soleil ou à la chaleur d’un poêle après les avoir placées préalablement entre deux verres. Pour les empêcher de se recoquiller, on les chauffe légèrement en les retournant dé temps en temps, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, mais il ne faut pas attendre qu’elles deviennent tout à fait blanches, ce qui les rendrait trop fragiles et leur ferait perdre la transparence nécessaire.

Le polissage se pratique ensuite au moyen d’un rasoir ou d’un grattoir bien affilé, à lame droite, qu'on promène avec soin dans différents sens et d’un mouvement uniforme, en évitant de faire des raies ou lignes. On vient ensuite perfectionner ce travail avec la poudre de ponce bien fine qu’on frottera toujours en tournant et avec un tampon de papier bien collé ou avec du bouchon. On évitera de toucher, avec les doigts ou la main, la surface de l’ivoire, qui pourrait se graisser et refuser de prendre la couleur. On double alors l’ivoire de papier blanc que l’on colle seulement sur les bords en se servant d’une colle légère d’amidon bien pure ou de farine de riz qui ne laissent aucune tache ; on le met ensuite en presse, et quand il est bien ,plat et bien sec on peut commencer à travailler.

A cet effet, on le fixe sur le pupitre ou chevalet avec des

épingles ou de ces sortes de clous nommés punaises connus de tous les marchands de couleurs.

11 faut avoir un garde-main en papier ordinaire ou en bristol pour décharger le pinceau et essayer le mélange des couleurs. On a ordinairement deux verres d’eau, un pour l’eau pure et l’autre pour laver le pinceau quand on a besoin de changer de couleur ou de mélange.

On trace le contour à la mine de plomb le plus légèrement possible. Les personnes peu expérimentées font préalablement un décalque très pur, sur papier végétal, du dessin à exécuter, qu’elles transportent au moyen du papier de mine de plomD placé dessous, sur l’ivoire, en le repassant à l’aide d’une fine pointe sèche.

Ce trait de mine de plomb une fois bien assuré, on le repasse au pinceau avec le plus grand soin, en se servant de carmin et de bistre mélangés, ou de ce qu’on nomme le précipité rouge, ou bien du vermillon pour la carnation. Pour les accessoires et les vêtements, on trace avec la couleur dont on veut les peindre. Pour effacer on emploie un pinceau sans couleur : humecter simplement la place à enlever d’eau pure.

Les linges blancs ou transparents s’ébauchent avec du cobalt ou de l’outremer, ou avec des gris que l’on compose avec des verts clairs, du pourpre et du blanc, ou du carmin et du vert. On réserve les lumières.

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