TRAVAIL DE LA MINIATURE
On travaille avec légèreté, largement et par hachures, les parties claires et les parties foncées, en indiquant bien le sens des formes par le modelé. Le travail du pointillé vient ensuite parachever cette ébauche. Il est essentiel de peindre le fond en même temps que les chairs ; on le doit gouacber légèrement,
et son exécution exige le plus grand soin, surtout dans le voisinage du contour, pour éviter les duretés et le découpage ; un mélange de gouache et de pointillé donne un certain flou qu’on doit chercher autour d’un visage.
Les fonds d’une nuance verdâtre conviennent aux carnations fraîches et sont souvent choisis à cause de cela. Pour commencer, on ébauche les lumières et les ombres, puis on étudie les demi-teintes , dont la justesse caractérise par-dessus tout le bon coloriste ; on passe ensuite aux parties plus montées de ton, puis aux reflets, et l’on termine les vigueurs par des glacis touchés spirituellement et légèrement : l’harmonie des couleurs s’établit en liant les teintes entre elles par un pointillé bien rentré qui donne au travail le plus haut fini.
Objets nécessaires.
Un pupitre, une palette en ivoire ou porcelaine, une bouteille d’eau gommée, quatre pinceaux en petit-gris, autant en martre rouge ou noire ; un couteau à pa]ette ; un grattoir; une loupe.
Liste des couleurs les plus usitées dans Vaquarelie miniature.
Teinte neutre, — précipité rouge (poussière de Cassius), — bistre, — ocre rouge, — vermillon, — laque ordinaire, — laque brûlée, — carmin, — terre de Sienne brûlée, — id. naturelle, — terre de Cologne, — sépia, bleu de Prusse, — indigo,
— cobalt, — outremer, — vert de vessie, — vert de Prusse, — noir d’ivoire, — blanc d’argent, — rouge de Mars, — jaune de Naples, — massicot jaune, — gomme-gutte, — jaune indien,
— pierre de fiel, — ocre jaune, — ocre de ru, — carmin brûlé,
— laque violette, — garance brune dite brun de Madère.
Recette de Veau gommée à ajouter aux couleurs pour leur donner de l’adhérence.
Trois quarts de gomme arabique bien pure, un quart de sucre candi blanc fondus dans un verre d’eau tiède ; ajoutez-y un demi-verre d’esprit-de-vin : après que tout est bien fondu et dissous passez au linge fin et tenez la liqueur bouchée pour éviter son épaississement.
Considérations générales.
Les couleurs des fonds, pour un portrait comme pour un groupe de plusieurs figures composant un tableau, doivent être calculées dans leur nuance, dans leurs détails de formes et dans leurs effets, pour le ressort le plus avantageux des figures. Les couleurs qui serviront à détacher chaque objet ou figure doivent donc être choisies pour contraster favorablement. Les fonds de miniature sont difficiles à bien faire ; on y obtient de bons résultats par un travail mixte et alternatif de hachures et de pointillé. 11 faut beaucoup s’y exercer.
Nous indiquons ici deux palettes dont l’ordre et l’emploi nous ont paru très utiles au figuriste ou peintre de portraits.
Première palette , dé chairs.
Ocre jaune.
Jaune de Naples.
Ronge
capucine.
Terre de Sienne naturelle.
erre de Sienne brûlée.
Bran de Madère.
Rouge Mars
Précipité
violet.
Outremer.
Précipité
rouge.
Laque
rose.
Noir
de bougie.
Blanc de Prusse.
Bistre.
Terre d’ombre.
De Cassel.
ou de Cologne.
Deuxième palette , gouachée.
Rouge de
Rouge
chrome.
capucine.
Sienne naturelle.
Sienne brûlée.
Brun rouge.
R. Mars D° 2.
Carmin .
Laque.
Blanc.
Vermillon.
Cobalt .
No r fie bougie
Bleu de Prusse.
Cassel ou bistre.
Orpin jaune, massicot.
La première palette s’emploie pour l’ébauche des chairs, et la seconde pour donner plus de corps h l’ébauche par les mélanges avec le blanc, qui constituent la gouache.
Échantillons à faire de mélanges fondamentaux pour les chairs .
Teinte verte . — Outremer et terre de Sienne brûlée.
Autre teinte verte. — Sienne naturelle et outremer.
— Teinte violâtre. — Rouge Mars et outremer.
— — ou rouge indien et cobalt.
Autre violâtre. — Vermillon et outremer.
Grisâtre. — Rouge capucine et outremer.
Ton local de chair. — Vermillon et ocre jaune.
— — Avec une addition, au besoin, d’une
pointe d’outremer.
Autre plus doré. — Sienne brûlée et laque.
Teints bruns , autre mélange. — Rouge capucine et ocre.
Le rose garance pur sert à varier ces mélanges.
L’outremer et le cobalt ne s’emploient que pour obtenir la place des veines et donner de la finesse à certaines demileintes.
Les bouches s’ébauchent à laque rose et au vermillon.
Godets des mélanges pour fonds.
On prépare dans des godets séparés quelques teintes aqueuses, composées d’ocre et de terre de Sienne pour les plus claires; de terre de Sienne brûlée et de Mars, bistre ou précipité, de brun Mars et de laque pour celles qui sont d’un brun chaud ; ou bien de bleu et de terre de Cassel, d’outremer, de noir et de laque, pour celles qui sont bleuâtres ou verdâtres, en mettant de l’indigo de préférence à l’outremer, avec l’ocre et la terre de Sienne, ou grisâtres, noir et précipité, enfin d’un ton indécis, grisâtre, roussâtre, ocre de ru, terre de Cologne et indigo.
On trempe le pinceau de martre dans l’un des mélanges qu’il convient de prendre pour la partie claire du fond qu’on jugera le plus favorable à faire ressortir la partie ombrée des cheveux; ensuite dans celui qui fera le mieux ressortir la partie claire, en agissant de môme pour la carnation et les étoffes, sans nettoyer ni essuyer le pinceau ; les teintes juxtaposées humides se confondront d'elles-mêmes ; le haché et pointillé avec les mêmes teintes s’effectuera en dernier à sec et par-dessus ce premier travail préparatoire.