‹ Traité général des peintures à l'eau, ou, Lavis à l'encre de ChineChapitre 25 sur 29 · PRINCIPES GÉNÉRAUX DE COLORATION DES CHAIRS · texte numérisé non relu

PRINCIPES GÉNÉRAUX DE COLORATION DES CHAIRS

Les carnations des hommes, des femmes, des enfants et des vieillards, varient suivant l’âge et le sexe : les teintes locales, pour les jeunes hommes, rouge de Mars; les parties ombrées terre de Cologne, de Sienne brûlée, rouge Mars, bistre et outremer; l’incarnat des joues, les parties colorées du nez, de la bouche, du menton, ocre jaune, laque, vermillon rouge Mars; les ombres plus vigoureuses, repiquées des couleurs ci-dessus mentionnées, en faisant dominer les bruns réchauffés par la laque et le précipité. Le blanc des yeux, outremer léger ; les parties ombrées bistre et précipité; la glande lacrymale,

ocre et laque ou carmin. Les ombres des cils et de la paupière, outremer, ocre, bistre; la prunelle, pour les tons bleus et verdâtres, outremer de bleu de Prusse, et une pointe de bistre; e point noir de l’œil, noir de bougie et précipité, pourpre de Gassius. Les points lumineux de l’œil et de toutes les autres parties se font de blanc d’argent ou de zinc avec un pinceau fin et pointu de martre noire. On fait aussi des noirs et des bruns plus ou moins chauds avec un mélange de bleu de Prusse, de sépia et de laque. Les demi-teintes verdâtres, grisâtres, violâtres, s’obtiennent d’outremer et d’ocre, de cobalt et rouge indien, d’encre de Chine et d’ocre de noir d’ivoire et outremer. Les reflets se font d’ocre de terre de Sienne brûlée, sienne naturelle, mars, bistre et outreme: . Le principe de coloration pour le cou, la poitrine et les mains est le même que pour la figure.

Les teintes locales, pour les feœires et les enfants, se font, pour les clairs, d’ocre, vermillon et laque ; pour les foncés, terre de Sienne brûlée, mars, bistre et outremer; les parties colorées des joues, la bouche, le nez, le menton, d’ocre, laque et vermillon; ombres vigoureuses, les mêmes couleurs que plus haut, repiquées par l’ocre, la laque et le précipité. Pour les yeux, l’on procède comme plus haut pour les hommes. Les demi-teintesbleuâtres, outremer etpointedelaque', demi-teintes verdâtres, encre de Chine et ocre, outremer ou cobalt et ocre; demi-teintes grisâtres, outremer et précipité et une pointe de noir de bougie. Reflets, ocre jaune, terre de Sienne brûlée, idem naturelle, outremer et laque. Même principe de coloration pour le cou, la poitrine et les mains, que pour le visage. 11 faut s’attacher particulièrement à soigner les demi-teintes, qui sont toujours des gris colorés, et de la justesse desquelles dépend toute la fraîcheur et l’éclat des parties éclairées ou lumineuses.

Les reflets un peu accentués se rendent avec l’ocre, l’outremer, la laque, la terre de Sienne ordinaire, idem brûlée; pour

les phalanges et le bout des doigts, le vermillon et la laque; les ongles, avec la laque et l’outremer.

Ombres vigoureuses des narines et des coins de bouche.

La sépia et le carmin, la laque et la terre de Sienne brûlée, sont les couleurs parmi lesquelles on trouvera toutes ressources nécessaires à rendre les ombres plus ou moins sanguines, chaudes et fermes.

Pour les vieillards pâles, les teintes locales consistent, pour les clairs, ocre jaune, en terre de Sienne brûlée et peu de bistre ; les parties ombrées, ocre et teinte neutre, ocre et encre de Chine, mars et bistre outremer et brun de Mars; peu de rouge et un peu de laque et ocre pour les lèvres; ombres plus vigoureuses, avec les couleurs ci-dessus réchauffées de précipité, un peu d’outremer et de laque pour les yeux, même emploi de couleurs que pour les têtes d’hommes, de femmes et d’enfants, les glandes lacrymales moins rouges et moins vigoureuses. Les demi-teintes bleuâtres, outremer et peu de laque. Celles grisâtres, outremer, précipité et noir de bougie; pour celles verdâtres, outremer et ocre et une pointe de précipité. Pour le reste des carnations, mêmes couleurs que pour hommes plus jeunes, en laissant dominer les tons grisâtres.

Les cheveux doivent être ébauchés en même temps que les carnations par des à-plats d’abord clairs; ils sont difficiles à traiter, à cause de la légèreté et de la hardiesse de pinceau qu’ils exigent. Il ne faut pas mettre les ombres avant que le premier à-plat soit bien sec. On suivra pour la barbe les mêmes indications.

Les cheveux blonds s’ébauchent avec de l’ocre et du bistre et une pointe de laque ; les cheveux blonds de lin des enfants Embauchent avec l’ocre et le jaune de Naples ; on ombre avec le bistre et l’outremer, l’ocre, l’outremer et un peu de laque; les vigueurs, avec l’ocre, le précipité et le bistre. On passe en dernier un glacis général d’ocre léger; les parties luisantes se tou-

cnent avec du blanc mêlé d’un peu d’ocre. On observera de ne jamais passer aucun glacis sans que le dessous soit bien sec.

Règ/e générale . — Chaque fois que vous ajoutez du blanc dans vos mélanges, remettez un peu de gomme.

Siles couleurs des mélanges qu’on a préparés pour les teintes locales ou les teintes de fonds se dégomment par l’emploi de l’eau qu’on ajoute en travaillant, on aura soin de remettre un peu de l’eau gommée toute préparée. On fera bien, pour les parties d’ombres, et spécialement pour les ombres des cheveux, de gommer un peu plus la couleur.

Les cheveux châtains se font de teintes locales générales, composées de mars, bistre, noir de bougie et une pointe de laque. On revient dans les ombres avec la sépia, le mars, bistre et laque. Demi-teintes outremer, les vigueurs de précipité et sépia. Glacis général, ocre, mars et bistre; rehauts clairs touchés de blanc, mars, bistre et ocre mélangés, puis du blanc mélangé d’une pointe d’ocre dans les lumières.

Les cheveux noirs. — Teintes locales noir de bougie et sépia; on revient par-dessus avec le noir de bougie, le précipité, sépia et outremer. Demi-teintes outremer, les vigueurs comme dans les ombres, plus soutenues et plus gommées. Glacis général d’outremer et laque mêlés de noir de bougie. Les clairs touchés avec le blanc mêlé de sépia et noir de bougie et les lumières avec le blanc et une pointe d’outremer.

Cheveux gris . — A-plat général, bistre, noir de bougie et outremer légers ; ombres des mêmes couleurs plus soutenues ; demi-teintes, ocre et un peu d’outremer, glacis général d’ocre et outremer, parties claires touchées de blanc, ocre, outremer, rehauts de blanc en dernier.

Cheveux blancs. — Se servir du fond de l’ivoire comme demi-teintes et ombrer avec ocre, outremer et bistre et pointe de précipité et d’ocre.

Cheveux roux. — Terre de Sienne brûlée et brun rouge, avec

le blanc et plus ou moins d’ocre bistre et sépia au besoin.

Les fonds varient suivant les carnations ; les nuances- les plus généralement employées rentrent dans les tons bruns, gris, et verdâtres, il est rare d’employer les tons bleus d’un ciel pur; les mélanges de teintes rompues, c’est-à-dire composées de trois couleurs mères, valent toujours mieux. Si l’on emploi des fonds de paysage ou d’intérieurs , les détails devront toujours être sacrifiés à l’état de silhouettes et absorbés par de l’ombre servant simplement de repoussoir au portrait sans attirer ni distraire l’œil par trop d’accent. Pour gouacber les fonds on doit revenir souvent avec la couleur peu épaisse, jusqu'à ce qu’on ait suffisamment garni l’ivoire.

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