‹ Traité général des peintures à l'eau, ou, Lavis à l'encre de ChineChapitre 7 sur 29 · EMPLOI DE L'ENCOLLAGE · texte numérisé non relu

EMPLOI DE L'ENCOLLAGE

Vous prenez un gros blaireau plat avec lequel vous passez doucement l’encollage sur vos feuilles posées à plat sur une table où vous avez étendu des feuilles de papier gris bien propres; puis vous les mettez ensuite sécher à cheval sur une ficelle.

Il arrive quelquefois, quand elles sont sèches, que le papier se montre rétif à prendre la couleur, par surabondance d’encollage. Tous employez, dans ce cas, un peu de fiel de bœuf délayé dans l’eau, dont vous mettez un atome dans la couleur.

Un peu d’eau-de-vie remplace également bien le fiel de bœuf. En principe, il faut employer pour le coloriage les couleurs pures et aussi fraîches que possible, sans les rompre, comme dans l’aquarelle artistique, par des mélanges qui produisent des gris variés à l’infini, cette recherche des gris étant rendue

inutile par le travail du rayon lithographique, qui assourdk, suffisamment les couleurs.

Exercices préliminaires conseillés aux amateurs pour l’élude du maniement du pinceau dans le lavis en général.

La qualité et la contexture du papier, la manière dont il est encollé, la position horizontale, inclinée ou verticale dans laquelle il se présente sous l’action du pinceau; les inclinaisons diverses du pinceau lui-même, plus ou moins chargé de couleur, plus ou moins humide; la rapidité ou la lenteur calculée de la pose de chaque touche, constituent l’ensemble des points à signaler à l’attention particulière des amateurs, et qui feront l’objet de notre examen détaillé ci-dessous.

On se procurera des papiers blancs de différentes sortes de grain, depuis la plus grande force (dit gros papier torchon) jusqu’au papier le plus lisse et le plus bn, pour faire connaissance avec le genre de travail de lavis qu’on devra adopter sur chacun. On pourra tendre sur un carton ou sur plusieurs petits bouts de carton, des carrés de chacune de ces sortes de papier, et l’on procédera sur le papier à gros grains d’abord, qui est ordinairement très fort et très collé. L’on prendra successivement ensuite les papiers d’un grain moins saillant, jusqu’à ce qu’on arrive au plus lisse.

On prendra d’abord un gros pinceau portant son auxiliaire, humide et sans couleur, à l’autre bout de la hampe, comme il a été dit à l’article Pinceau. On le chargera d’eau et d’une couleur quelconque que l’on délayera sur la palette en faïence, en roulant le pinceau dans les doigts jusqu’à ce que la teinte se présente bien liquide et sans petits grains. Alors, après avoir tracé légèrement sur le papier les contours d’un espace et d’une forme arbitraire, comme par exemple la surface d’un département ou d’un pays représenté sur une carte topographique,

on se proposera de le remplir d’une teinte lavee, parfaitement unie et nette sur les bords. On commencera par couvrir un espace dont l’étendue sera un peu moindre que le fond d’un verre à boire; les grandes teintes étant plus difficiles à obtenir, on humectera premièrement avec le pinceau chargé d'eau, sans couleur, tout l’intérieur à remplir, en ayant soin de ne pas arriver jusqu’au bord qui est tracé et de laisser entre ce bord et l’eau qu’on a posée un petit filet sec de la largeur de deux ou trois lignes ; on se servira alors du pinceau chargé de couleur en partant de l’intérieur du trait de crayon allant vers le mouillé, dans lequel chaque coup de pinceau se fondra vaporeusement. On fera tout le pourtour et on remplira en second lieu et rapidement l’intérieur de la surface à couvrir, en chassant toujours vers la partie centrale et humide ce que le pinceau peut contenir de surabondance de couleur; s’il se forme une goutte trop chargée, on l’étend avec un pinceau sec.

On comprendra par la pratique et un peu d’attention sur ces essais, que le but qu’on a cherché en humectant préalablement la masse intérieure de l’espace à colorer d’une teinte plate, a été d’empêcher les coups de pinceau successifs de se voir dans leurs reprises, puisqu’ils se fondent dans l’eau qui n’a pas eu le temps de s’évaporer.

Il sera utile, pour se convaincre du rôle de l’eau pure pour fondre la couleur, d’expérimenter sur des gouttes d’eau de divers diamètres et plus ou moins liquides, et de les charger de couleur en les touchant dans le centre avec la pointe d’un pinceau plus ou moins fourni de matière colorante quelconque; on les laissera sécher d’elles-mêmes, et l’observation des divers résultats obtenus démontrera suffisamment le principe de dégradation de teintes claires ou foncées au moyen de l’eau.

Une série de petites gouttes d’eau contiguës de la grosseur d’un pois et rangées les unes près des autres, chargées avant qu’elles ne sèchent d’une quantité suffisante de couleur arbi-

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