‹ Traité historique et pratique de la syphilisChapitre 2 sur 98 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

L'accueil bienveillant fait à ce livre, qui a eu l'approbation de la Société Sydenham, m'a engagé à publier cette seconde édition, où l’on trouvera, je l’espère, les acquisitions scientifiques les plus récentes sur la syphilis, et des données suffisantes pour en distinguer les nombreuses manifestations.

Cette maladie, qui a toujours eu le privilége de fixer d’une façon particulière l'attention du médecin, a été l’objet d’un grand nombre de publications, surtout depuis qu’on s’est adonné à l’étude de ses manifestations viscérales. Nous avons tenu à faire connaître les travaux qui nous ont paru avoir un mérite réel et à les rapprocher des observations que nous a fournies un séjour prolongé dans les grands hôpitaux de Paris.

La syphilis est un type morbide que l’on ne peut trop étudier. Pour le clinicien, elle est le point de départ d’affections variées dont la connaissance est une source d'indications diagnostiques et pronostiques de la plus grande importance ; pour le pathologiste, elle est un modèle qui lui permet de mieux comprendre les autres maladies.

Unité pathologique parfaitement définie, elle se manifeste par des altérations anatomiques en apparence très-variées, mais en réalité identiques. Ces altérations ont pour caractère commun d’apparaître invariablement au sein des tissus nés du feuillet moyen du blastoderme, c’est-à-dire qu'elles se développent toujours aux dépens des tissus de substance conjonctive ou de leurs dérivés, et qu’elles n’affectent jamais que secondairement les tissus d’une autre provenance. Constituées primitivement par des éléments embryonnaires conjonctifs, elles se présentent tantôt sous forme d'infiltration diffuse, tantôt sous forme de nodosités de volume variable, sans que cette différence de forme modifie sensiblement leur tendance générale à la métamorphose graisseuse.

Cette tendance et l'extension restreinte de ces manifestations sont les considérations qui nous ont conduit à les ranger dans le groupe des lésions inflammatoires et à leur en donner la dénomination. Leur localisation spéciale nous explique leur grande dissémination, les tissus de substance

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