VI PRÉFACE
conjonctive faisant partie de tous les organes, on conçoit qu'aucun viscère n'échappe aux atteintes de la syphilis Chaque viscére traduit sa souffrance par des symptômes propres dont la gravité ne varie pas seulement avec son importance fonctionnelle, mais encore avec l’âge de la maladie. Superficielles et généralisées, quel que soit leur siége, pendant les premiers mois ou la première année qui suit l'accident primitif, les déterminations morbides de la syphilis disparaissent sans laisser de trace de leur passage. Circonscrites et profondes dans une phase plus avancée, elles finissent par envahir tous les éléments histologiques dont elles amènent une destruction plus ou moins complète et étendue. Ainsi, la syphilis procède par périodes distinctes, non parce qu’elle affecte les tissus de la périphérie vers la profondeur du corps, mais parce que les lésions qui lexpriment anatomiquement ont une persistance et une ténacité subordonnées à l’époque de leur apparition après le début de l'accident primitif.
En somme, point de départ unique, manifestations locales variées quant à la forme, identiques quant au fond, évolution toujours semblable, voilà ce qui caractérise la syphilis et ce qui fait de cette maladie un type que doit nécessairement connaître tout médecin désireux d'acquérir des notions de pathologie générale. C’est parce que nous avons compris de cette façon l'étude de la syphilis que nous nous sommes décidé à rééditer ce travail. Puissions-nous avoir atteint le but que nous nous sommes proposé !
Paris, 1°7 juin 1873.