‹ Traité historique et pratique de la syphilisChapitre 4 sur 98 · DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA PREMIÈRE ÉDITION

« La syphilis devrait servir de clef à toute la € pathologie. » ( Andral, dans Ricord, Lettres sur la Syphilis, 2° édit., p. 302.)

Les sciences naturelles sont parvenues, pour la plupart, à classer les objets dont elles s'occupent sous un certain nombre de types parfaitement définis, chacun de ces types donnant la notion de toutes les individualités qui s’y rapportent. La pathologie, elle aussi, devrait posséder une classification analogue, car les états organopathiques de l’homme présentent des types distincts, toujours reconnaissables à des caractères constants, qui permettent de les grouper de facon à constituer des espèces morbides. Mais, si parmi les maladies aiguës nous connaissons l’histoire détaillée de plusieurs espèces, il faut bien admettre que dans le domaine des maladies chroniques nous sommes moins avancés. J'ai donc cru utile de suivre dans ses moindres détails l’une de ces maladies.

À cet effet, J'ai choisi la maladie qui, par son origine et par ses manifestations multiples, se prête le mieux à une étude exacte, complète et variée, la syphilis. Jai cherché à en tracer l’histoire, non pas à la façon du spécialiste dont la vue ne dépasse pas l'horizon de sa spécialité, mais à la manière du nosographe qui ne trouve là qu'un chapitre détaché de la grande histoire des malades.

Ce livre est divisé en six parties : historique, nosographie, sémiotique, étiologie, thérapeutique et médecine légale.

La syphilis héréditaire et la syphilis accidentelle sont étudiées séparément. Celle-ci es suivie dans son évolution par périodes, et les accidents qui se rattachent à la dernière période sont examinés successivement dans chacun des appareils de l’organisme.

L'étude des lésions anatomiques a été placée avant celle des symptômes, qui leur sont généralement subordonnés. La raison de cette préférence, C’est qu’elles constituent l'élément le plus invariable et le signe le plus constant de la syphilis. Naguëre encore on croyait ces lésions bornées à quelques tissus et à quelques organes, et, bien que depuis trois

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