‹ Traité historique et pratique de la syphilisChapitre 68 sur 98 · MODES DE LA CONTAGION · texte numérisé non relu

MODES DE LA CONTAGION

Dans la phrase suivante, Paracelse a nettement indiqué les divers modes de la contagion syphilitique : « Infectio triplici via, videlicet coitu, partu, tactu (2). »

Rapprochement sexuel. — Dès l’époque de la grande épidémie du xv° siècle, il fut reconnu que le rapprochement sexuel entre personnes saines et malades était l'un des modes les plus fréquents de la contagion syphilitique. En 1497, À. Benedictus (3) le constatait. En 1498, Aquilanus (4) se montrait non moins

(1) Voy. Gaz. hebdomadaire, 1864, p. 706, et Gazette médicale de Lyon, 4°' février 1865, p. 50. , |

(2) De var., lib. V, c. 1. ; Div.

(3) Novam in mundo pestem, tempestate nostra, concubitu et contactu haberi animadvertimus.

(4) Nam fere omnes qui hanc ægritudinem passi sunt, aut illam per coitum vel lac sugendo contraxerunt, aut aliquo alio contagioso modo (Aphrodisiacus de Gruner, p. 63).

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d, En 1505, J. de Catanée remarquait que le coït était la prine cipale cause de la maladie, et de là la dénomination de lues venerea qui lui fut donnée plus tard. L'expérience de chaque Jour n'a que trop confirmé depuis lors la vérité des observations des premiers observateurs, et le fait est assez vulgaire pour que nous n'ayons pas à Y insister. Je ne m arréteral pas sur la | contamination qui peut arriver, pour me Servir d'une expression d'Astruc; par suite du commerce abominable et contre nature des personnes de même sexe. Toutefois, la contagion est possible dans les rapports sexuels, sans qu'aucun des deux participants soit malade. Ce fait, qui n'avait pas échappé aux premiers syphiligraphes, a été depuis étudié avec soin. « Il peut y avoir une quatrième cause de contagion, écrit Catanée (1), c'est le coït avec une femme saine, laquelle, après avoir subi récemment les approches d'un homme infecté, aurait gardé dans le vagin de son liquide séminal. » Widemann (2), Thierry de Héry, Fernel (3), Ambr. Paré, etc., admettaient la possibilité de ce. mode de transmission que l'on trouve mentionné en termes formels par G. Vella (4) : « J'ai connu des femmes saines qui ont eu commerce avec des hommes infectés, lesquelles, quoique n'ayant pas éprouvé ce genre de mala= die, l'ont cependant transmis à d’autres hommes en rapport avec elles. » « Quelques femmes, dit Nicolas de Blégny (5), qui ont été trouvées saines, n'ont laissé de gâter les hommes qui ont eu leur compagnie, etc. »

Astrue, Fabre et Swediaur admettent aussi la contagion médiate. « On croit, dit Astruc (6), qu'un homme sain peut prendre la vérole avec une femme saine, si cette femme, après avoir eu commerce un peu auparavant avec ul homme gâté, souffre les approches de l’autre sans s'être lavée. » « Une per= sonne, rapporte Swediaur (7), homme ou femme, qui a du virus syphilitique logé dans les parties génitales, peut infecter une autre et lui donner une blennorrhagie et un ulcère syphilitique, sans qu'elle-même ait la moindre apparence de maladie, soit dans ses parties extérieures, soit dans le système du corps. » Suit la théorie.

De nos jours, Cullerier est venu appuyer sur des faits bien observés et tout à fait démonstratifs ces vues des anciens auteurs. Ricord rapporte (8) une observation dans laquelle l'homme et non plus la femme se trouve être l'agent de transmission. Un jeune homme eut des rapports avec une femme affectéen de chancre ; il eut le même jour des relations avec sa maîtresse habituelle, qui fut infectée de la même maladie, sans que lui-même en fût atteint. Il est à remarquer que ce Jeune homme ne s'était pas lavé après le coït, et que chez lui le prépuce était fort long. À plus forte raison, on ne peut contester

précis à cet égar

(1) Quarta causa poterit esse coitus cum sana cum qua de proximis coiverit infectus semine adhuc in matrice existente.

(2) I faut éviter tout rapport avec une femme saine qui a eu commerce peu de temps auparavant avec un homme malade. Dans cette dernière condition, l’éfpérience a démontré qu'il y avait danger de contagion pour le sujet qui succède à l'amant infecté.

(3) Fernel, De luis venereæ curatione, €. 1v.

à | . . . . . . ° 9 > (4) Novi mulieres sanas quæ coiverunt cum infectis, in quas tale genus ægritudinis non transivit, et tamen transivit in viros alios coeuntes cum illis. sl |

(5) Nicolas de Blégny. L'art de quérir les malad. vénér., ch, vi.

(6) Loc. cit., t. IL, p. 16.

(7) Loc. cit., t. II, p. 98, Paris, 1801.

(8) Traité des maladies vénériennes. p. 98.

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que des filles, après des rapports avec des hommes malsains, ne puissent, servant de véhicule, transmettre un mal qu'elles n’ont pas contracté.

Baisers, attouchements divers. — Torella fait mention de la transmission de la syphilis par les baisers. Il en donne pour cause des lésions des mamelles ou du visage ou de la bouche, soit d’une nourrice, soit de quelque autre personne, car les nourrices ont coutume d'embrasser souvent les petits enfants (1). Fernel parle également de ce mode de contagion à propos duquel Benedictus Victorius écrivait en 4581 : « Je sais d'expérience qu'un jeune homme jouissant d'une santé irréprochable avait coutume d’embrasser une femme malade depuis longtemps de la vérole ; il contracta cette maladie sans cependant avoir jamais eu d’autres rapports avec elle (2). » Almenar, Brassavole, Fallope, Léonard Botal, Bernard Tomitanus, A. Paré, Trajan Pétrone, Nic. de Blégny, Astruc, Fabre et beaucoup d’autres syphiligraphes, n'ont pas oublié de mentionner ce genre de contamination. À ce sujet Charles Musitan raconte l’histoire des religieuses de Sorrente qui prirent la vérole en embrassant une petite fille nourrie par une femme svphilitique (3). Un grand nombre d'exemples semblables ont été rassemblés par Rollet (4); donc ce mode de transmission me semble hors de doute.

L'action de coucher avec une personne infectée a été aussi regardée comme une cause de contagion par plusieurs auteurs, entre autres par Paracelse et Fernel. Guillaume Rondelet écrivait à cette occasion : « D'autres contractent la maladie en couchant avec des malades, elle se montre alors sur toute la peau, principalement au point où le contact a eu lieu (5). À. Férier et N. de Blégny (6) reconnaissent ce mode de contagion : « Coucher avec un vérolé, dit ce dernier, et le toucher à nu pendant qu'il sue ou quand il a des ulcères et des pustules sur la peau, c'est une chose qu'on peut croire trèsdangereuse, principalement pour ceux qui ont les pores Tâches. » Swediaur raconte que deux jeunes filles nées de parents sains, l'une âgée de douze ans, l'autre de dix, avaient toutes les deux des ulcères et des dartres dans les différentes parties du corps sans aucun mal aux parties génitales. Ces jeunes filles, exemptes de toute affection vénérienne antérieure, couchaient quelquefois avec une servante qui fut reconnue atteinte d'une éruption non équivoque et d’une corona veneris. Sydenham fait cette remarque que plus d'une fois des enfants, en couchant dans le lit avec leurs parents infectés l'ont été eux-mêmes. Pour mon compte j'ai vu en 1858, dans le service de M. Rayer dont j'étais l'interne, une jeune femme atteinte d'une syphilide papuleuse méconnue en ville et qui guérit en peu de jours par les pilules de Sédillot. Cette personne affir-

(4) Et hoc accidit propter mammas infectas, aut faciem, aut os nutricis seu alicujus alterius. Solent enim nutrices sæpius infantes osculari.

(2) Ego enim experientia edoctus fui juvenem incul temporis intervallo mulierem gallico morbo depravat Jovem exercitato coitu, in morbum gallicum incidisse (De morbo gallico, lib. I, cap. 11).

(3) Tract. de lue venerea, Gb. Il, cap. 1v.

(4) Rollet, Recherches sur la syphilis, p. 272. Lyon, 1862.

(5) Ali cum ægrotis dormiendo hanc luem contrahunt, et tune in cute tota apparet et præsertim in ea parte qua ægrotum tetigerunt (Aphrodisiacus, p. 935).

(6) Nicolas de Blégny, loc. cit., p. 16.

pabili sanitate munitum, longo quodam am ore exosculari assuetum, nullo per

mait qu'elle n'avait jamais eu de rapports sexuels, eten cela elle disait vrai. Interrogée sur l'origine de sa maladie, elle racontait qu'elle avait couché pendant plusieurs semaines avec une de ses amies, laquelle était affectée d'une éruption syphilitique. Une jeune dame me montra un jour l’un de ses fils âgé de six ans dont la peau était couverte d'une syphilide papuleuse confluente, la bouche affectée de plaques muqueuses. L'enfant avait contracté la maladie étant en nourrice. Malgré mes avertissements réitérés, cette mère continuait à embrasser son fils, et parfois elle le mettait coucher à côté d'elle. Trois ou quatre mois plus tard elle venait me trouver et me faisait voir une éruption papuleuse des plus caractéristiques qui se modifia bientôt sous l'influence des pilules mercurielles. Elle ne s'était aperçue d'aucun bouton sur la bouche ou ailleurs. Ainsi le simple contact suffit pour la contamination, et celle-ci peut avoir lieu n'importe comment s'opère celui-là.

Vercelloni raconte avoir connu un jeune homme qui, craignant d'avoir des rapports sexuels avec une courtisane vérolée, avait cru pouvoir se permettre des attouchements, et dont la main devint malade. Mais il est des faits plus regreltables, et qu'il importe de connaître parce qu'ils renseignent sur le danger de certaines professions, de la nôtre en particulier. Ant. Lecoq dit avoir connu une sage-femme qui gagna la maladie en accouchant une femme syphilitique (1): Fernel (2) et Prosper Borgarutius citent chacun un fait semblable. Le traducteur français de Ch: de Musitan rapporte, au dire d'Astruc, deux cas du même genre. On en a observé d’autres, et aujourd'hui ces faits sont nombreux. Ajoutons que le médecin est exposé non-seulement dans la pratique des accouchements, mais encore dans toute opération qu'il peut exécuter chez des individus syphilitiques. On connaît top l'histoire de Hourmann pour que nous ayons besoin de la rappeler. Il y à quelques années, l’une de nos illustrations chirurgicales contractait dans l'exercice de sa profession un chancre à l’un des doigts.

Allaitement. — Le premier, G. Torella de Valence enselgna la transmission de la syphilis par l'allaitement. En 1498, Seb. Aquilanus, de Mantoue, écrivait que la plupart des cas de syphilis sont dus au coït ou à la succion du lait. J. Catanée raconte qu'il a vu des enfants affectés de cette maladie infecter leurs nourrices {3). G. Vella confirme les observations cliniques de ses prédécesseurs relativement à ce mode de W'ansmission, mais il incrimine plutôt la qualité du lait que l'action d'allaiter. Dans une ode sacrée adressée à la sainte Vierge pour la prier de préserver le genre humain de la syphilis, C. Reitterius s écrie : « L'enfant à l'aurore de la vie qui s’alimente au sein de la nourrice n'est plus en sûreté. »

Non puer tutus teneris in annis Quem suæ lactat genitricis uber.

(1) Equidem obstetricem novi quæ dum mulieris inquinatæ partum exciperet, hoc morbo

a fait nulla tamen fœtus noxa Communicata (Lib. de ligno sancto non permiscendo,

(2) Aphrodis., p. 610.

3) H 34 LA a etiam modo vidimus plures infantulos lactantes tali mo:bo infectos plures nutrices

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Benedictus, J. Almenar, Fracastor, N. Massa, font mention de la contagion de la syphilis par l'allaitement. Paracelse, À. Ferri, Ant. Lecoq, parlent aussi de ce genre de communication dont, en 1650, Brassavole rapporte un fort bel exemple (1). J. B. Montanus et A. Ferrier confirment ces données. J. Rodrigue, mieux connu sous le nom d'Amatus Lusitanus, décrit une petite épidémie qui a pour origine un nouveau-né syphilitique. Celui-ci transmet la maladie à sa nourrice, et celle-ci la communique à son mari et à ses voisines. G. Fallope, Fernel et G. Rondelet admettent aussi la contaoion par allaitement. D'accord en cela avec Brassavole, ce dernier fait remarquer que la syphilis, chez es nourrices infectées, commence par des ulcères au sein. Souvent aussi, dit À. Paré, l'enfant avant la vérole la donne à sa mère nourrice ; à ce propos il raconte dans son style original et naïf le fait suivant :

Une honnûte et riche femme pria son mari qu'il lui permit d’être nourrice d’un sien enfant; ce qu'il lui accorda pourvu qu'elle prit une autre nourrice pour la soulager à nourrir son enfant. Cette nourrice avait la vérole, ct la bailla à l’enfant, et l'enfant à la mère, et la mère au mari, et le mari à deux petits enfants qu’il faisait ordinairement boire et manger et souvent coucher avec lui. Or, -la mère, considérant que le petit enfant ne profitait aucunement, et qu'il était en cris perpétuels, m'envoya quérir pour connaître sa maladie, qui ne fut pas difficile à juger, d'autant qu'il était tout couvert de boutons ou pustules, et que les tétins de la nourrice étaient tout ulcérés; parcillement ceux de la mère, ayant sur son corps plusieurs boutons ; semblablement le père et les deux petits enfants, dont l'un était âgé de trois et l’autre de quatre ans. Lors déclarai au père et à li mère qu’ils étaient tous entachés de la vérole, ce qui était provenu par la nourrice, lesquels j'ai traités et furent tous guéris ; reste le petit enfant qui mourut, ct la nourrice eut le fouet sous la custode, et l’eût eu par les carrefours, n'eût été de crainte de déshonorer la maison.

Pour ce père de la chirurgie française il y a deux modes de transmission de la syphilis par l'allaitement, la succion du lait seul (nous savons ce qu'il faut en croire) et le contact direct entre nourrice et nourrisson. Bern. Tomitanus fait connaître les modes d'infection des nourrices par leürs nourrissons. Léonard Botal, Fracanziani, Trajan Pétrone, P. Borgarutius (2), N. de Blégny (3), Boerhaave, Astruc, Yan Swieten, Fabre enfin, sont tous d'accord sur ce fait, que la syphilis peut se gagner par l'allaitement. J'ai cru devoir exposer tout au long la doctrine ancienne relative à cet important sujet, afin de montrer comment la vérité peut tout à coup faire place à l'erreur quand l'opinion d’un seul vient à se substituer aux vérités acquises par la tradition.

Hunter, cherchant à appliquer l'expérimentation à l'étude de la syphilis, eut une conception heureuse, mais qui devait tout d'abord porter de mauvais fruits. Oubliant l'histoire du passé et confiant dans l'inoculation artificielle

(1) Voyez ce fait dans Aphrodisiacus, p. 668. Brassavole, en même temps qu'il relate ce fait, indique le moyen de savoir lequel, du nourrisson ou de la nourrice, à infecté l'autre. (2) Voyez, pour les indications bibliographiques, Luisinus, Aphrodisiacus, ete., et Ricordi, Sifilide da allattamento. Milano, 1865.

(3) L'Art de guérir les mal, vénér., 1674.

qu'il ne sut pas prendre à sa juste valeur, il nia la contagion des formes secons daires et la transmission de la syphilis par l'allaitement. Et cependant le fait clinique ne lui échappa point; si son imagination ou son système le faisait dévier, son esprit d'observation le replaçait bientôt sur la voie. Effectivement, on trouve dans son traité deux faits du plus grand intérêt, où des enfants affectés de syphilis héréditaire deviennent cause de l'infection de nourrices et de nourrissons. LE

Malgré les expériences Imgénieuses de lunter, le dogme de la transmission de la syphilis par l'allaitement ne cohtinua pas moins à être professé par beaucoup d'observateurs. Ainsi Babington, B. Bell, Bosquillon, firent oppo= sition à la doctrine du chirurgien anglais, lequel trouva toutefois des partisans dans Girtanner, Barbantini, Vacca Berlinghieri, Monteggia, Pressavius, Rosen de Rosenstein, Paletta ; mais Doublet, Swediaur, Bertrandi, Ploucquet, Mahon, Vassal, Bertin, Bourgogne, Lagneau, Petit-Radel, Colles, Baumès, Egan, Viani, Pietrini, Bertherand et beaucoup d'autres, d'accord avec la tra= dition, cherchèrent à réfuter les opinions du célèbre syphiligraphe. Les secta= teurs de Hunter étaient donc en petit nombre, quand vint Ricord, le grand partisan de la doctrine huntérienne. Confiant comme son devancier dans les résultats de l’inoculation, i. tomba dans la même erreur. L'un de ses prineipaux élèves, Diday, n'accepta pas entièrement la doctrine du maître. «Il demeure établi, écrivait-il dès 1854, que le contact de la bouche d’un nourris> son avec le sein d'une nourrice syphilitique doit être soigneusement évité, » Depuis lors il s'est montré partisan décidé du dogme opposé, que Bardinet, Putegnat, Bouchut (1), Valery, Rollet, Ricordi de Milan, ete., ont aujourd'hui rendu inattaquable,

La nourrice ou le nourrisson peut être l'agent syphilifère. La nourrice, lorsque, sous le coup d'une syphilis primitive ou secondaire, elle allaite un enfant non infecté, et qu'un accident syphilitique secondaire vient à se développer sur un de ses seins, ou quand un chancre, lui est transmis par une personne étrangère pratiquant la succion, fait dont il se trouve des exemples dans la science (2). Ajoutons que tout contact, direct ou indi-

rect (3), peut conduire au même résultat : ainsi Bertin a vu un enfant infecté

déposer sur le sein de celle qui l'allaitait la matière virulente qui servit”

(1) Bouchut, Transmission de la Syphilis des nouveau- Paris, 1850). — Comparez Candelon, Modes de tr nés. Thèse de Paris, 1852.

(2) On a vu des épidémies de Syphilis survenir à la suit À. Everard, Collatio antiqui morbi recrudesc, Albert, Dissertatio de osculo morbifico et mor malignous lues venerea communicatea b

nés aux nourrices (Gaz. méd. de ansmission de la syphilis chez les nouveau-

e de ce procédé, Consultez à ce sujet :

cum gallico vel indico morb. Mediol., 1664. — bifero. Halle, 1726. — E. Barry, Account of à É y the succion in the city of Cork. Edinburgh, 1728, et Medical Essays and Observ., t. IT, n° 24, p. 323 et suiv. On trouve dans ce recueil un fait intéressant qui est aussi rapporté dans Van Swicten, Comment. in H, Roerhaavii Aphorism., t. V, p. 348. — Ploucquet, /nitia bibliothecæ Mmedico-practicæ et chirurgicæ. Tubingue, « 1803. — Jacob Munniks, Observationes variæ, diss. inaug. Groningæ, 1805 ; et Journ. gén. de méd., de chirurg. et de pharm., 1805, t. XXIV, p. 337; Histowre d'une maladie syphilitique ProPagée par une femme qui faisait métier de teter les nouvelles accouchées, et qui a régné A . D | Considérat. générales sur La contagion de la maladie venerienne des enfants trouvés .à leurs nourr: i ë 3

Bruxelles, t. XI p ST AS urs nourrices. Lille, 4815. — Le même, Journ, de

(3) Voy. Ricord, Lettres sur Ja Syphilis, p. 166, 167, 9e édit.

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à infecter un autre nourrisson (contagion médiate). La cause la plus fréquente de contamination par la nourrice tient aux plaques muqueuses qui, sous l'influence de la succion, ne manquent guère de se développer à la surface ou au voisinage du mamelon.

Le nourrisson est ordinairement le syphilifère. La syphilis qu'il transmet peut provenir de trois sources. Elle est héréditaire, ce qui est le cas le plus habituel ; elle a été gagnée par l'allaitement d'une nourrice étrangère ; elle résulte d'un contact quelconque, direct ou indirect. Si le contact est direct ou immédiat, cest en général un frère de lait qui transporte le mal ; dans le cas contraire, les instruments de toutes sortes, les linges surtout, la vaccination, peuvent être autant de causes capables de développer la svphilis chez l'enfant. Les différents modes, dans les détails desquels nous ne pouvons entrer, sont du reste faciles à concevoir ; 1l importe de prévoir leur éventualité, et de ne pas oublier que dans de semblables circonstances on a plusieurs fois vu apparaître des épidémies syphilitiques.

Déjà nous avons fait connaître celles de ces épidémies dont le rapport nous a été laissé par les anciens auteurs; mais il en est qui ont été observées plus récemment. Portal raconte qu'une sorte d'épidémie serofuleuse régna à Montmorency parmi les enfants qui étaient en nourrice. Le mal devint si grand dans cette localité, que le gouvernement y envoya Morand et Lassonne, lesquels reconnurent que la plupart des nourrices étaient syphilitiques (1). En mars 1844, Petrini soigna un enfant adultérin, né d'une mère syphilitique : cet enfant infecta deux nourrices qui communiquèrent leur mal à leurs maris et à leurs deux enfants (2}. Un fait qui donna lieu à une plus grande extension de la syphilis a été vu par doilr (3), un autre a été rapporté par Facen (4). Dans son excellent travail sur la syphilis par l'allaitement, Ricordi (5) a consigné des observations non moins curieuses et intéressantes. En 1863, à Cazorezze, un enfant trouvé, affecté de syphilis héréditaire, causa l'infection de vingt-trois individus. La même année, à Ubolde, un enfant trouvé, également atteint de syphilis héréditaire, transmit la maladie à dix-huit individus. Une troisième épidémie, développée dans les mêmes circonstances, a régné enfin en 1864 à Marcalle, où elle a fait seize victimes. Il serait facile de rassembler un plus grand nombre de faits de ce genre ; mais ceux qui précèdent sont suffisants, à notre avis, pour faire comprendre la nécessité d'une police médicale dans le but de prévenir de pareils désastres.

Je ferai remarquer en terminant, et c'est là un point qui ne manque pas d'une certaine importance pratique, que le nourrisson qui à hérité de la Syphilis n'infecte pas plus sa mère que celle-ci n'infecte son nourrisson. Cest foujours la conséquence de cette loi que la syphilis ne se double pas. Colles (6), en 1837, donna comme règle constante cette observation, qu'un

1) Citation de Lugol, Des maladies scrofuleuses, Paris, 1844, 120. 2) Il Raccoglitore medico, n° de juillet 1850.

3) Voy. Journ. med.-chirurg. et pharm, de Bruxelles, 1853, p. 92. 4) Gaz. méd. Lombard., n° 1, mai 1849.

5) Ricordi, Sifilide da allattamento. Milano, 1865.

( ( ( (6) On the venereal disease, 1837, p. 385.

nouveau-né affecté de syphilis congénitale ne déterminait jamais d'ulcérations au sein de sa mère, même lorsqu'il portait des ulcères à la bouche, tandis qu'il pouvait dans ces conditions infecter une nourrice étrangère. Baumès (1), en 4840, fit la même observation que vinrent confirmer plus tard les rechér: ches d'Egan (2) et celles de Gullerier (3).

Vaccination. — Destinée à nous préserver d'une maladie des plus graves, “à vaccination est quelquefois un mode de transmission de la svphilis, dans lequel le virus n'est plus transmis par un contact immédiat, mais par l'intermédiaire d'un objet quelconque ; la contagion est dite alors médiate. A peine entrevu par À. Leroy (4), ce danger de la vaccination paraît avoir été signalé tout d'abord en Angleterre (5), et plus tard en Italie par Monteggia (6) et Mar colini (7). Ce dernier auteur observa une épidémie analogue à celle dont nous venons de parler à propos de la transmission de la syphilis par l'allaitement: Une petite fille née de parents syphilitiques servit à vacciner, le 16 juin 181%; dix enfants; on en vaccina trente autres le 30 du même mois, en tout quarantes parmi les inoculés, plusieurs moururent de vérole confirmée ; quelques enfants eurent conjointement la svphilis et la vaccine. Autre fait : en 1822, un enfant sain en apparence, mais plus tard reconnu syphilitique, servit par le même pre= cédé à la transmission de la syphilis à une petite fille.

Cerioli était, en 1821, témoin de faits analogues. Une petite fille âgée dé trois mois, saine en apparence, et dont le vaccin était très-régulier, servit vacciner quarante-six enfants ; presque tous furent infectés, dix-neuf succom= bèrent, La plupart des nourrices et des mères contractèrent la syphilis par l'allaitement (8). En 1841, un enfant des environs de Crémone, né de parents syphilitiques, fournit le vaccin à soixante-quatre enfants, et presque tous ces enfants eurent des symptômes de syphilis générale. Les mères et les nourrices ne furent pas épargnées. Sur les soixante-quatre vaccinés, cimquante-quatre guérirent; huit enfants et deux femmes suecomberent, l'enfant vaccinifère finit par mourir hydropique, après avoir présenté diverses éruptions à la peau et des ulcères syphilitiques aux parties génitales et au scrotum (9). Pitton (10) en 18/44, Ceccaldi (41) en 1845, observèrent aussi des cas detransmission delà syphilis par la vaccine ; mais ces faits peuvent laisser matière au doute, et l’on

(4) Précis théoriq. et pratiq. des malad. vénér., p. 180. (2) The Dublin quarterly Journ., mai 1846.

(3) Des symptômes consécutifs de la syphilis, considérés dans leurs rapports avec l'allaitement. Bulletin général de thérapeutique, 1850, p. 559. |

(41 La clef du cabinet des princes, an X, obs. 41 et 42,

(5) Consultez : B. Moseley, À treatise on the Lues bovilla or Cow-pox. London, 1805. Trad. franc, par Depping dans le recueil intitulé : La vaccine combattue dans le pays où elle a pris Pal Paris, 1807. W. Rowley,—Commentaries on the Lues bovilla or Cow-pox. London,

(6) Monteggia, Mém. lu, le 47 février 4814, à l'Institut de Mil uni

lonteggia, M : : an, Voy, Annali universali di medicina di Annibale Omodei. Milano, 1824, l |

(7) Ibid.

(8) Cerioli, dans Barbantini de Lucques, De/ contagio venereo, etc, 1821, et Ann. univer= sali d Medicina di Omodei, t, XIX; Revue méd., t. III, p. 51, |

(9) Cerioli, dans Gazetta medica di Milano, 14 octobre 1843 tete

(10) Journ. des connaïss. méd.-chirurg., 1844, |

(11) Revue méd.-chirurg. Paris, 1853, t, XIII, p. 121,

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» demande, après les avoir lus, si la vaccination a été la cause cfficiente ou nmplement l'occasion du développement de la syphilis chez le nouveau-né. ne observation plus positive est rapportée par Viani, Un enfant qui avait ÿjà infecté quatre nourrices, dont l'une communiqua la syphilis à un autre purrisson, servit à la rémoculation vaccinale de son oncle et de sa tante qu'il ifecta aussi. Le vaccinateur, Viani lui-même, ignorait les antécédents de

enfant (1).

Des faits peu différents et dans lesquels il y a aussi lieu de soupçonner la lansmission de la syphilis par la vaccine, sont rapportés par Monnell et par autres observateurs (2). L'attention du monde médical était dès lors éveillée ir ce mode de contagion, lorsque deux procès intentés en Allemagne, l’un au Stérinaire B..., l'autre au docteur Hubner, vinrent tout à coup lui donner un rand retentissement. Dix familles sont revaccinées, et, à la suite de l'opéraon, dix-neuf individus sur vingt-quatre sont reconnus atteints de syphilis. e vétérinaire B..…., auteur de ces -revaccinations, est poursuivi devant les bunaux, condamné à deux ans de prison et à une amende de 50 thalers (3). n 1852, le 16 juin, treize enfants d’un village sont vaccinés le même jour, ans la même séance, et avec le même vaccin, celui d'un enfant réputé syphitique ; des ulcères se développent bientôt aux endroits vaccinés. chez huit entre eux, et environ trois mois plus tard apparaissent des éruptions philitiques ; chez les cinq autres on ne constate aucun symptôme anornal (4).

Malgré ces nombreux et regrettables faits, la possibilité de la transmission & la syphilis par la vaccination n'était pas généralement acceptée, quand arut, en 1860, l’intéressant travail du docteur Viennois (5), qui, de l'examen pprofondi des faits produits, a tiré cette conclusion que c'est le sang et non Mvirus qui est l'agent de transmission de la syphilis. Dans un mémoire ublié peu après, Rollet (6) est arrivé à la même conséquence, et dès lors les nits se sont multipliés.

Galligo écrivait en août 1860 (7) : « On a remarqué dans les environs de Floance, à la Rufina, la transmission de la syphilis chez quatorze enfants vacciés avec le virus-vaccin d'un enfant qui, tout en ayant l'apparence d'une anté parfaite, était (d'après les informations reçues) issu de parents qui, peu é temps auparavant, avaient été atteints de graves phénomènes consécutifs. »

Vers la fin de mai 1861, un enfant de Rivalta, âgé de onze mois et jouissant

(1) Gazetta medica Lombarda, 1849, et Gaz. méd. de Parts, 1849, p. 874. ie

(2) Monnell, New-York med, Times, 1854. — James Whitehead, Third report on the clinical ospital. Manchester, 1859. — J. Lecoq, Gaz. des hôpitaux, 1859, p. 598. — Guyenot, De noculation de La syphilis const. Thèse de Paris, 1859.

(3) Voy. Wegeler, Medizinische Zeitung, 3 avril 1850.

(4) Voy. Sée, Gaz. hebdom. de méd. et de chirurg., 9 mars 1855. — Broca, Soc. de hirurg., t. V. — Consultez : Pauli de Landau, Ucber Contagiositül und Erblinkheit der Yyphilis, etc., Manheim, 1859. — Friedenger, Erfahrungen über Vaccine und syphilit. rankh., ete., Vienne, 1855. — J. Heine, Beiträge zur Lehre von der Syphilis in threr Veründung mit Vaccine und Diphtheritis. Würzburg, 1854. te

(5) Viennois, De la transmission de la syphilis par la vaccination (Arch. gén. de méd., uin et septembre 1860).

(6) Rollet, Recherches sur la syphilis, Paris et Lyon, 1861, p. 372 et suivantes.

(7) Gaz. hebd. de méd. et de chirurg., n° 31, p. 519 ; 1860.

d'une parfaite santé, est vacciné avec du virus renfermé dans un tube prove nant du conservateur d'Aqui (1). Dix jours après, le 7 juin, on prit du vacen dans les pustules de cet enfant, et l'on s'en servit pour inoculer dans un seule séance quarante-six enfants, qui tous étaient parfaitement sains. Le 1: du même mois, dix-sept autres enfants furent vaccinés avec du liquide di l'un des quarante-six de la première série. Le chiffre des vaccinés s'es ainsi élevé à soixante-trois, et sur ce nombre quarante-six ont été infectés trente-neuf sur les quarante-six de la première série et sept sur les dix-sep de la seconde ont présenté des traces de syphilis. Le 7 octobre, sur vingt-troi: de ces enfants, six étaient morts sans traitement, quatorze étaient en voied ouérison, trois étaient en danger ; les vingt-trois autres se trouvaient dispersé: darts diverses communes. Vingt mères ou nourrices furent infectées (2). Un épidémie assez semblable, dont le point de départ est un peu plus obscur, a ét observée par le docteur Glutter. Dans un village de 650 habitants, 34 imdiwdus d'âge et de sexe différents furent atteints d'accidents syphilitiques desk bouche et de la gorge après la vaccination; malheureusement 1l ne fut pa possible de déterminer d'une façon exacte le sujet vacciné qui était affectémdi svphilis. |

En 1856, à Lupara, dans le royaume de Naples, le docteur Marone M dans les premiers jours de novembre un certain nombre d'enfants avec dt vaccin en tube, qui venait de Campo-Basso et qui se trouvait coloré par“ peu de sang. Un premier enfant reçut le vaccin et le transmit ensuite aux autres; vingt-trois de ces enfants, y compris le vacemifère, formant la presque totalité des vaccinés, quoique nés de parents sains et exempts d'acck dents vénériens, furent atteints de syphilis à la suite de la vaccination. es mères de ces enfants contractèrent à léur tour la maladie. Dans une secondk série de vaccinations pratiquées avec du vaccin provenant des premiers vac@i: nés, onze autres enfants eurent la vérole, et, comme ceux-ci, ils infectèrent leurs mères ; celles-ci infectèrent onze nourrissons qu'elles avaient, et quelques-unes d'entre elles communiquèrent la maladie à leurs maris. De toutes jeunes filles furent aussi infectées par leur contact avec les nourrissons où avec les enfants (3). |

Trousseau a été témoin d'un fait de syphilis vaccinale qui s'est présenté? sa clinique dans le courant de l'année scolaire 1861-1862. Une jeune femme. àgée de dix-huit ans et qui n'avait aucun symptôme de syphilis, est vaccmée avec du liquide provenant de pustules vaccinales régulières. Le résultat fut presque nul, ce qui n'étonna pas, puisqu'elle avait été déjà vaccinée, Mais‘

F (1)Il a paru depuis au docteur Pacchiotti que cet enfant avait pu contracter la syphilis d’une nourrice, 5 Pacchiotti, Sifilide trasmessa per mezzo della vaccinazione, in Rivalt D ta PL 1862. — H. Lee, De l'inoculation syphilitique, traduite en français pa (2) Voy. Gazetta medica italiana, & novembre 1861, et Gaz. hebd,, 1861. — Pacchiotti #4 en Consultez : Jaccoud, dans Gaz. hebd., 1861. — Amédée Latour, Cerise, Lachèse dans Union méd., même année, — Venot, dans Journ, de Bordeaux, mars 14862, p. 117%— Will. Acton, British med. Journal, 22 février 1869.

(3) L'Imparziale, n° du 40 mars 1862, p. 142. — Pacchiotti, Loc. cit,, p. 99. — H. Lee

loc. cit. p. 76, et The Lancet, A862, t. I, p. 567 irehow” NC re S y . ." — k ‘17CAO00 Archiv, t. XXII, p. 285-319, 4864. Fr à de ct RAS RE

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nois plus tard, survinrent deux pustules ecthymateuses aux bras, et peu de emps après une roséole syphilitique. Chez quatre enfants qui avaient été imoulés en même temps, tout se passa régulièrement. Auzias Turenne (1) a rapporte usieurs faits de syphilis observés dans de semblables conditions. Chassaifnac (2) a mis sous les yeux de la Société de chirurgie un enfant chez lequel n ne pouvait invoquer de syphilis héréditaire et qui cependant fut atteint de wphilis quelque temps après avoir été vacciné. Devergie (3) et Hérard (4) ont ommuniqué chacun un fait du même genre à l'Académie de médecine. liennois y a fait connaître deux observations du docteur Adelasio de Berâme (5). Millard (6) a rapporté aussi un cas de syphilis vaccinale. aroyenne (7), Rodet de Lyon (8), Bouvier (9), ont publié des faits semblables. Roger et Depaul (10), délégués par l’Académie de médecme pour faire un rap- Sort sur une nouvelle épidémie vaccino-syphilitique observée à Auray (Breâgne), trouvèrent que sur cent quarante enfants vaccinés par une sageémme, en deux fois, la plupart présentaient des manifestations syvphilitiques iant eu leur point de départ évident aux lieux d'inoculation.…

Telle est, bien qu'encore incomplète, la longue série d'observations qui Mouvent aujourd'hui, d'une façon indubitable pour le plus grand nombre des médecins, la transmission de la syphilis par la vaccination. Ces observaions sont rapprochées dans le tableau ci-dessous :

Cas deCérioli rss isiont . A6 vaccinés. 40 infectés, 6 sains. RS AMI me sors. « : 64 — 46 — 18 — NN UP EZr Dex die. 24 — 19 — 5 — SE MHUDNeL Rs AE Ne. 13 —— 8 — 5 — — Monell (New-York). 4 . — 1 — D — 2 DAIATCONNI ne à 10 — A0 — D Ce EEE OA TS 14 LP + MES NES 2 — > — DR tte LeCOqREs MAN re Da. 2 — D — RAP D rente Ah, — A4 — D» — dus GS UT NEPAL CITE RG" — FACE SOMBRE en 6 —— » — 6 — Len Mountain. 30 — » — 30 — JE OSCHECIO TL de nt. e ». — » — 2 — A POUSSE nm Ac ee - 5 — { — h — SE MATON EN M + « 34 — no — »

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1) Voy. Courrier médical, 1863.

2) Bullet. de la Société de chirurg., séance du 26 août 18635. el 3) Devergie, Bullet. de l'Académie de méd. Paris, 1862-1863, L. XXVILL, p. 664. h) Hérard, Ibid., p. 1189.

5) Bullet. de l’Acad. de méd. 1864-1865, t. XXX, p. 20.

6) Bullet. de la Société méd. des hôpit., t. Il, série 2, p. 291, année 1865.

7) Gaz. médicale de Lyon, 16 juin 1864.

8) Ibid., 1865, p. 39.

9) Bullet. de l'Acad. de méd., sé

22 octobre 1864. Re se:

(10) Bullet. de l'Acad. de méd, , et Rapport sur les vaccinations pratiquées en France pen-

dant l'année 1865, Paris, 1867. — Lediberder a plus tard nié que l'épidémie d’Auray füt syphilitique, voyez Bullet. de l'Acad. de méd., séance du 8 mars 1870.

ance du 28 février 14865. — Voyez encore Gaz. des hôpit.,

Je sais bien qu'il existe des faits négatifs ; Mais ces faits, supposé mêm que l'interprétation rationnelle de Viennois ne leur soit pas toujours appli cable, ne prouvent rien vis-à-vis des nombreux faits positifs ci-dessus l'apportés. Dans une célèbre discussion soulevée devant l’Académie de méde cine (1), les avis furent partagés ; mais en définitive la plupart des membres sinon tous, ont fini par reconnaitre qu'il n'était plus possible de nier ce mod | de contagion syphilitique qui eut pour défenseurs MM. Depaul, Troussequ et Bouvier. La Société médico-chirurgicale de Londres (2) a été saisie del même question, par H. Lée et par Jon. Hutchinson; ce dernier a raconté que sur douze enfants vaccinés par lui, fous, à l'exception d'un seul, eurent des boutons de vaccine, et que tous, excepté deux, eurent des chancres indurés dans les boutons. La transmission de la syphilis par la vaccination est donc un fait incontestable; il ne reste plus aujourd'hui qu'à trouver les moyens propres à empêcher ce genre de contagion, c'est ce que nous chercherons plus loin.

Opérations diverses. Scarifications, tatouage, cathétérisme, etc. — La syphilis vaccinale n'est pas toujours l'effet d'un vaccin vicié, elle peut tenir quelque= fois à la malpropreté de l'instrument qui dans une série de vaccinations se sera chargé d’un sang infecté. L'auteur de la contagion n'est plus alors Je vaccinifère, mais bien un des vaccinés, comme il est arrivé dans un fait observé par Lorain (3) en 1866, à l'hôpital Saint-Antoine. La vaccination nest pas la seule opération à l'aide de laquelle on puisse transmettre la syphilis. En 1577 il éxista, comme nous le savons, à Brunn en Moravie, une épidémie syphilitique dont on finit par trouver l’origine dans les scarifi= cations que s'étaient fait faire un certain nombre de personnes par un baï= gneur étuviste de la ville (4). Des faits du même genre ont été observés à Bamberg en 1603 par Sigismond Snizer, à Ulm, en 1662, par G. Horst et à Windshelm, en 1624, par Marc Widemann, sur plus de soixante-dix personnes. La maladie chez toutes avait été causée par l'emploi des ventouses (5).

Plus certainement encore que dans la vaccination, le sang est ici l'agent de transmission.

L'opération du tatouage aurait été parfois aussi, paraît-il, un moyen de pro= | Pagation de la syphilis (6). Chose plus triste à dire, mais que nous ne pou

vons Cacher, des opérations pratiquées par des médecins où des chirurgiens peu soigneux ont, dans quelques circonstances, produit la contamination syphilitique. Cest ainsi que, dans ces dernières années, on put observer à Paris même des cas de SYphilis qui parurent n'avoir d'autre origine que le cathétérisme de la W'ompe d'Eustache. Dans la séance de la Société médicale

(4) Discussion sur la Syphilis vaccinale, Bulletin de l’Académ, de méd., année 1865.

(2) Royal medical and surgical Society, années 1868, 1871 ct 1873. “Cäz: méd. de Paris, p. 422-434, 1872, et p. 271, 4873. — Jon. Hutchinson, Report on two series of cases in which Syphilis was communicated in the practice Of vaccination, London, 1871: — Comparez Auspitz, Syphilis vaccinale, Archiv f. Dermat. und Syphilid, HT, P. 114, 4871. |

(3) R. Petit, Transmission de la si hilis par L Ep - ; (4) Voy. l'Historique, p. °4. UP PO 4 vaccination. Thèse de Paris, 1867.

(5) Voy. Astruc, De morbis venereis, 1748.

(6) Voy. Pétry, Uebertraquna der sv lüre Sunhile rm — . Wien. med. Zeitung, n° 14, 1839). 7 Sécundüre Syphilis durch das Tättoitren (AlUlgem.

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des hôpitaux du 28 septembre 1861 (1), une malade fut présentée par Lallier, laquelle s'était trouvée infectée de cette façon, et dans la séance suivante, 12 octobre, treizé faits de ce genre de communication furent cités par différents membres. Il est vrai toutefois, selon la remarque du docteur Roger, que quelques-uns de ces faits, un petit nombre en tout cas, pouvaient faire double emploi. En 1863, mon ami le docteur Maurice Raynaud me montra à l'hôpital Saint-Louis, dans le service du professeur Hardy, une victime de ce genre d'opération. Un fait qui demande à être rapproché des précédents fut publié, en 1866, dans la Gazette hebdomadaire. Heureusement pour l'honneur du corps nédical parisien, nous devons dire que tous les malades dont il est iei question avaient reçu les soins du même spécialiste (2). Un point à noter, c’est la gravité de la svphilis dans un grand nombre de ces cas.

Il est évident que le cathétérisme de la vessie est susceptible des mêmes inconvénients. S'1l n y a Jusqu ici aucun fait qui signale ce mode de contagion, n'est-ce pas à cause du siége même du mal? Enfin on a vu la circoncision (3), l'application d’un spéculum malpropre, des érignes, transporter le principe du chancre (4), et l’on comprend combien il serait aisé de produire des faits malheureux à l’aide du laryngoscope, du bistouri, de la lancette (5). Les linges à pansements peuvent être eux-mêmes des moyens de contagion, de sorte que le chirurgien comme le médecin ne peuvent prendre trop de soins de propreté dans l'exercice de leur profession. Il est une opération chirurgicale maintenant tombée en désuétude et dans laquelle aussi la syvphilis a pu se transmetire, c'est la transplantation des dents. Quelques observations rapportées à ce sujet par Hunter ne paraissent laisser que peu de doute, malgré l'avis contraire de ce chirurgien (Œuvr. compl., p. 666).

Professions. — Il est parfaitement prouvé aujourd'hui que certaines profes- Sions ont quelquefois servi à propager la syphilis. Plusieurs faits de transimis- Sion de cette maladie chez les ouvriers qui soufflent le verre ont été observés par les médecins de Rive-de-Gier, où existe une usine destinée à la fabrication de la verrerie. Le docteur Niobis, médecin de cette localité, a vu pour son compte une dizaine de cas de ce genre, et Rollet (6), qui a pu en vérifier l'exactitude, les a invoqués avec raison comme preuves de la contagiosité des lésions secondaires. C'est qu'en effet les plaques muqueuses, toujours si fréquentes à la bouche, sont, dans ces conditions, bien plus souvent que le chancre, les accidents contaminants. Rien du reste ne favorise mieux la transmission morbide que l'obligation pour un ouvrier de prendre immédiatement et

(4) Voy. Bull. et mém. de la Soc. méd. des hôpit. de Paris, année 186, p. 299, 213,

231, et année 1865, p. 134 et 156. de | (2) Un nouveau fait vient de paraître (voy. Gaz. méd. de Lyon, 19° mars 1866).

(3) Ricord, Lettres sur la syphilis, p. 98, et Gaz. des hôpit., 1862,

(4) Tardieu, Étude médico-légale sur les maladies accidentellement et involontairement produites par imprudence, négligence ou transmission contagieuse, comprenant l'histoire médico-légale de la syphilis (Ann. d'hygiène et de méd. légale, 2° série, t. XXI, P. 371).

(5) Voyez un cas de syphilis qui parait avoir été transmise par la saignée, dans Ephemer. nat, curios. decur., ann. V, obs. LI.

(6) Archives de méd.… 1859. — Gaz. méd. de Lyon, 16 nov. ct 197 déc, 1862. — Comparez Dechaux, Epidémie syphilitique à la verrerie de Montluçon (Gaz. méd de Lyon, n° 15 et 16, 1867).

de presser entre ses lèvres le tube de fer (canne) qu'un de ses camarades atteint de lésions buccales vient lui-même de tenir dans sa bouche. Il a suffi de connaître ce foyer de contagion pour l'étemdre. Diday a proposé de faire visiter les ouvriers tous les quinze jours et de n'admettre dans les ateliers que ceux qui seraient porteurs d’un certificat de santé délivré par le médecins Chassagny, dans la crainte que ce moyen ne paraisse vexaloire aux ouvriers; conseille de se servir d’un embout dans lequel pourrait s’introduire la canne: Chaque ouvrier, ayant son embout, cesse nécessairement d'être exposé. Ce moyen très-applicable a été aussi recommandé par Viennois au congrès de Rouen (1).

Objets divers. Ustensiles de ménage, linge, habits, ele. — Léonard Botal rapporte qu’un de ses intimes amis, homme de bien et de probité, fut cruellement attaqué de la maladie vénérienne et qu’il protesta toujours avec les plus grands serments qu'il ne pouvait comprendre d'où lui était venue cette mala= die, à moins que ce ne fût pour avoir bu dans le verre d’un homme avec lequel il vivait familièrement et qui en était alors violemment tourmenté (2). Dans l'intéressant mémoire de Rollet (3), on trouve le fait d’une jeune femme de mœurs irréprochables qui contracta une syphilis dont la première manifestas ton fut un chancre à la lèvre. Après un interrogatoire qu'il fit subir à cette malade, en présence de sa mère et de son mari, Rollet resta persuadé que la maladie avait été communiquée par la cuisinière. Celle-ci, malade depuis huit ou dix mois, avait l'isthme du gosier envahi par une érupuon de plaques muqueuses confluentes, et la jeune dame avait l’habi= tude de goûter tous les mets que lui préparait sa domestique, avec la même cuiller et immédiatement après elle. La pipe, cet objet si répandu et qui se prête si facilement et si volontiers à des amis, doit compter aussi parmi les ustensiles qui servent à communiquer la syphilis : ce moyen de transmission, que certains faits rendent peu contestable, a été observé par nous sur un ami.

L'usage de linges provenant d'individus infectés est une autre cause de propagation de la syphilis, qui, si l’on en croit les auteurs anciens, n'est pas. extrèmement rare. Nicolas Massa (4) prétend avoir guéri un de ses amis, qui avait pris le mal pour avoir couché seulement une nuit dans des draps qui avaient servi à un homme affecté d'un ulcère vénérien à la jambe. Fabrice de Milden (5) rapporte qu'une jeune fille de quinze ans, faisant le carnaval dans une assemblée de seigneurs et ayant changé d'habits avec un Jeune homme, contracta des pustules et des ulcères véroliques aux parties naturelles par le. seul attouchement des caleçons, qui étaient infectés. Ces deux faits et cet autre d'Ant. Fracanziani (6), qui dit avoir vu une jeune fille de sept ans qui avait

(4) Voy. Gazette hebdomadaire, p. 666, 1863.

(2) Lib. de luis venereæ curandeæ ratione, cap. 1v.

(3) Rollet, Recherches cliniques et expériment. sur ELAXILX.

(4) Nicolas Massa, Lib. de morbo gallico, tract. [, cap. 11.

(5) Fabrice de Hilden, Os. chirurg. et méd., 1716, centur. 1, obs. c. : (6) Cité par Astruc, t. Il, p. 10,

la syphulis. Lyon, 1862, obs. xxvi

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gagné le mal pour avoir porté une robe de peau dont s'était servie une femme vérolée, n'auraient sans doute pas une grande valeur aujourd'hui, si un observateur distingué de notre époque, H. Clerc, n'avait remarqué un exemple fort peu différent. Un vieillard de plus de soixante-dix ans, qui depuis de longues années n'avait pas eu de rapports sexuels, fut atteint d'un chancre infeclant du gland, lequel, selon toute apparence, provenait du frottement de l'organe contre un pantalon d'origine très-suspecte qu'il portait depuis environ deux mois (1). Gabriel Fallope (2) dit s'être entretenu avec un vieillard qui avait chez lui deux vérolés pleins d'ulcères aux parties postérieures et qui assurait avoir pris ce mal par l'usage des mêmes latrines. Il n’est guère possible d'ajouter foi à un semblable fait; néanmoins j'ai voulu signaler cette observation dont le lecteur sera juge, car je tenais à fixer l'attention sur ce

point, que la contagion médiate de la syphilis est plus fréquente qu'on ne le pense communément.

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