PÉRIODE D'INCUBATION ET D'ÉRUPTION LOCALE
Le médecin n’est pas appelé à traiter la syphilis à la période d'incubation mais cependant on peut se demander si déjà à ce moment il n°y aurait pas, en cas de doute, quelque chose à faire. Le virus syphilitique étant considéré comme un poison, quelques auteurs ont cru à la possibilité de le combattre
(4) Voyez p. 51 de ce livre, et Gaz. inéd. de Paris, année 1839, p. 394, Sur Le traitement de la syphilis en Égypte, par Clot-Bey. | tn * (2) Diday (Histoire naturelle de la syphilis, 1863, p. 156) compte dix-huit syphilitiques
guéris sans mercure et dont la guérison remonte à trois ans et demi et au delà,
,À SYPBILIS.
directement dans le sang. Pour moi, dit Swediaur (1), il est vraisemblable que les remèdes mercuriels entrent dans la masse des humeurs, se mêlent avec le virus, et exercent sur lui une action chimique directe, par laquelle sa nature et ses effets sont détruits. Cette théorie, pendant longtemps acceptée, régnait encore naguère (2), et même aujourd'hui elle compte des partisans. Partouf on entend répéter que le mercure neutralise le virus syphilitique, on en est x chercher le contre-poison de la syphilis comme celui du choléra et bien d'autres. C’est là le résultat d’une fausse éducation médicale, et je pense, ave@ Graves (3), que la syphilis et le mercure ne sont point, comme un acide et un alcali, deux forces opposées dont lexistence simultanée est impossible. Evidemment, on ne peut contester qu'une substance toxique, quelle qu'elle soi ne puisse être neutralisée sur place ; mais une fois qu’elle est absorbée, il n’est pas moins incontestable qu'il n’y a plus qu’un moyen de combattre ses eflets ou de s'opposer à leur manifestation, c'est de produire des effets physiologiques capables de rétablir la fonction primitivement troublée. Or, dans l'espèce, le mercure, regardé comme un agent spécifique par les partisans de la neuz tralisation des poisons, est aussi incapable de modifier ou d’annihiler le virus syphilitique pendant la période d’incubation, qu'il sera plus tard incapable de prévenir les accidents secondaires ou tertiaires (4). Par cons séquent, pas d'hésitation, abstention complète de toute médication mereus rielle pendant le cours de lincubation syphilitique, pas de traitement général préventif. |
Doit-il en être ainsi de tout traitement local ? On pourrait le croire, si lo basait sa règle de conduite uniquement sur l’analogie, car on sait qu'une cau= térisation même énergique, pratiquée immédiatement après l’inoculation de là vaccine, de la variole ou de la clavelée, n’arrête en aucune façon le développe= ment de ces maladies. Toutefois, le succès des inoculations successives faites par Wallace, Puche, Lindwurm, démontre que l’immunité résultant de l’infection de l'organisme par le virus syphilitique n’est pas immédiate, qu’elle ne se produit qu'après un certain temps, comme si ce virus était tout d’abord renfermé dans un cercle plus ou moins étroit. Sur ce point, du reste, l’obser: vation clinique semble conforme à l’expérimentation. Sigmund (5) a établi, sinon d’une façon rigoureuse, au moins avec une grande probabilité, que les virus syphilitique reste local pendant un espace de temps qui varie de un à plusieurs jours, et qui est moins long que la période d’incubation de l'accident primitif. Sur 57 cas de contagion probable de la syphilis chez des individus qui avaient mis une partie excoriée en contact avec de la matière syphilitique (médecins, accoucheuses, nourrices, etc.), 35 furent traités par la cautérisation.
(1) Swediaur, Traité complet des matad. vénér. Paris, 1801, p. 79.
(2) Consultez Journ. de la section de méd. de la Société académique de la Lotre-Inférieures ct Gaz. méd., 1836, p. 87.
(3) Cliniq. méd., trad. fr. de Jaccoud, 2e édit,, t. IT, p. 634.
(4) Croussillard (thèse de Strasbourg, 1863) cite, d’après plusieurs auteurs, des faits dé syphilis secondaire survenue malgré l'emploi des moyens thérapeutiques dits spécifiques.
(5) Sigmund, Ueber die Behandlung der ersten Merkmule und Erscheinungen der
sont Wien, med, Wochenschrift, XVII, 43, 44, 46, 53, 1867, et Gaz. hebdom., p. 454,
du point contaminé, 22 furent abandonnés à eux-mêmes. Des 35 malades cautérisés du premier au dixième jour de la contamination, 10 devinrent syphilitiques, soit environ 22 pour 100. Des 22 malades abandonnés à un traitement indifférent, 14 furent atteints de syphilis, soit 50 pour 100. Cette différence considérable entre les deux résultats, et tout à l'avantage du traitement par la cautérisation, est bien plus significative si l’on ne tient compte que des cas où la cautérisation a été précoce. Parmi les 35 individus cautérisés, 24 lefurent du premier au troisième jour; la syphilis ne se développa que chez 3, soit 12 pour 100, tandis que des 11 autres qui furent cautérisés du cinquième au dixième jour, 7 devinrent svphilitiques, soit 63 pour 100, ce qui tendrait à établir au moins que la cautérisation cesse d’être utile quand la contamination remonte à plus de quatre jours. Pratiquée, au contraire, dans les trois premiers jours qui suivent le contact suspect, elle paraît avoir des avantages réels, et, sans assurer une immunité absolue, elle semble offrir des chances de salut quatre ou cinq fois plus que l’inaction. Cette cautérisation préventive a été faite de manière à détruire non-seulement la surface par laquelle a pu se faire la contamination, mais encore le tissu ambiant. Les caustiques employés de préférence ont été la pâte de Vienne, la solution alcoolique de sublimé et le sulfate de cuivre. La pâte de Vienne a donné 86 préservations sur 100, le sulfate de cuivre 66 et le sublimé 57. Pendant que l’eschare se détache, et après sa chute, Sigmund recommande les lavages et les pansements avec la solution concentrée de chlorure de chaux.
L'accident primitif s’est révélé, la syphilis existe à n’en plus douter ; doiton dès lors commencer un traitement général (1)? Faut-il différer ce traitement jusqu’à l'apparition des accidents constitutionnels ? Pour moi, répond Ricord (2), une induration bien nettement formulée me suffit pour prescrire le traitement général, et, du premier jour où je puis la constater, j'attaque de front la diathèse. Contre le chancre induré, le chancre huntérien, écrit Diday (3), donnez le mercure {de préférence le proto-iodure); contre l'érosion chancriforme, pas de traitement interne. Baerensprung (4), au contraire, repousse formellement les préparations mercurielles, il recommande contre le chancre induré les dérivatifs et les sudorifiques, particulièrement les bains russes. Dans ces conditions, la guérison des chancres se fait attendre plus longtemps, et les rechutes sont plus fréquentes; mais elles n’ont lieu que dans les premiers mois qui suivent l'infection, au plus tard au quatrième mois, et elles se bornent à quelques syphilides superticielles de la peau et des muqueuses. Jamais le syphiligraphe de Berlin n’a observé de syphilis tertiaire chez des malades traités par lui et qui s’étaient abstenus de l'usage des mer- CurIaux.
(4) Dans le cas où un diagnostic ne peut être sûrement porté, il est clair que tout médecin consciencieux doit s'abstenir d’un traitement général. Si le moindre doute reste dans votre esprit, dit. Ricord, je vous adjure de différer toute médication spécifique et de savoir attendre. x
(2) Leçons sur le chancre, par A. Fournier. 2° édit., p. 298.
(3) Histoire naturelle de la syphalis. Paris, 1863, p. 189. Le
(4) Exposé de la doctrine de M. le professeur V. Baerensprung (de Berlin) relativemen à l'origine et au traitement de la syphilis, par J.-F. Van der Donckt (4rchiv. médic. belges, analyse dans Gaz. méd. de Paris, 1865, p. 587).
Fe LA SYPHILIS.
Mon observation personnelle concorde avec celle du médecin allemand. Mes malades, en général uniquement soumis, pendant la période du chancre, à une hygiène sévère et à un régime légèrement tonique, me présentent quelquefois des accidents secondaires, la roséole surtout, mais très-rarement des accidents tertiaires. D'ailleurs, que peut-on attendre du traitement mercuriel à cette période de lasyphilis ? Va-t-il prévenir les accidents secondaires ? En aucune façon; Martins, Bassereau, Leudet, H. Lee, Bazin, Gibert, s'accordent à admettre, d’après une observation rigoureuse, que les mercuriaux employés dans la curation des symptômes primitifs ne préservent pas des manifestations secondaires, et qu'ils servent au plus à en retarder l'apparition. Des faits nombreux, consignés par Diday dans son dernier ouvrage , témoignent, d'autre part, de l'impuissance du mercure en tant que préventif des accidents sénéraux. Un premier point peut être établi : le mercure ne s'oppose pas à la manifestation des accidents secondaires, conséquemment il n'attaque pas la diathèse comme le prétend Ricord, et, à ce point de vue, il est inutile, sinon nuisible. Relativement à l’action du mercure sur l'accident primitif, Baerensprung observe que la durée du chancre est plus longue lorsqu'on n'a pas recours aux préparations mercurielles; les faits sur lesquels il base son opinion tendent à faire supposer que cet agent favorise la résorption de l’induration. Ainsi, le traitement mercuriel convient à la période d’éruption locale, quand un chancre fortement induré tarde à se résoudre : le mercure alors peut jouer le rôle d’un adjuvant utile et d’autant plus nécessaire, que le système ganglionnaire lymphatique est plus profondément atteint. Dans tout autre cas, les soins de propreté suffisent le plus souvent à la thérapeutique du chancre infectant, c’est-à-dire les lavages avec le vin aromatique ou l'alcool mêlé d’une quantité variable d’eau, ou encore avec l'alcoolé de guaco (1), et le pansement avec une pommade au calomel (2), ou simplement avec de la charpie sèche.
Donc, sans vouloir proscrire absolument le mercure du traitement de l’acci=" dent primitif, je ne puis approuver la routine dangereuse de certains spécialistes qui ne manquent jamais, en présence de cet accident, de faire intervenir un traitement mercuriel qu'ils continuent pendant un temps plus ou moins long, souvent au préjudice du malade, qu'ils débilitent s’ils ne le rendent réfractaire” aux eflets d'un remède qui plus tard pourrait leur rendre de grands services. Quant à croire que ce médicament est capable de faire avorter la syphitis, c’est une illusion que peuvent avoir ceux-là seulement qui ignorent l’évolution naturelle de cette maladie. Mais si le mercure est un agent qui ne doit être employé qu’à des moments Opportuns, l'hygiène, au contraire, est de tous les instants, et jamais plus qu'au début de Ja syphilis il n’est avantageux d'en suivre les règles sévères, car c’est à la soumission plus ou moins for-
ot : moe Pascal, Du quaco et de ses effets curatifs dans diverses formes du mal vénérien. aris, ‘ .
(2) En pareil cas, Ricord prescrit la pommade suivante :
Cérat opiacé..... PET RES ART. 4 30 grammes, Poudre de calomel.
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Mêlez, — Trois pansements par jour.
THÉRAPEUTIQUE. 5hë
… melle à ces règles que sont généralement subordonnés le degré de gravité et la guérison plus ou moins rapide de la maladie.
La cautérisation pratiquée, comme le faisait Ricord, au début du chancre est ehose superflue et inutile dès l'instant que cet accident est la première expression phénoménale de la modification de l'organisme. Si cette méthode a pu enregistrer quelques succès, c’est évidemment parce qu'elle a été employée à la fois contre le chancre mou et le chancre infectant, à une époque où la distinction de ces deux espèces n’était pas encore connue (1). L'expérience a, du reste, parlé sur ce point. J. L. Petit, qui dès le début de sa pratique se mit à exciser les chancres indurés préputiaux, finit par renoncer plus tard à cette épération qu'il jugea inutile. Plus récemment, Diday (2) ne réussit pas à empêcher l'infection constitutionnelle, malgré la destruction, à l’aide des pâtes carbo-sulfurique où de chlorure de zinc, de chancres qui avaient moins de trois jours de durée ou seulement vingt-quatre heures. Ainsi, la méthode abortive dirigée contre l'accident syphilitique primitif est tout au moins inutile.
Les ferrugineux, les toniques, et même l’hydrothérapie, sont des movens que réclame le plus souvent l’état général du malade, et que rendent indispen sables certaines cemplications, telles que le phagédénisme, qui est l'indice d’une tendance fâcheuse du mal que les anciens désignaient par le mot malignité. Dans ce cas, un traitement local devient nécessaire; la cautérisation, voilà la barrière la plus sûre à opposer au phagédénisme. Ricord donne la préférence à la pâte sulfo-carbonique, et si les chancres sont très-vastes il conseille d’avoir recours au chloroforme pour amoindrir les douleurs de l’opération. Rollet se sert plutôt du fer rougi à blanc ou de la pâte au chlorure de zinc, avec les précautions que nous indiquerons plus loin. Dans certains cas pourtant, de simples pansements avec une solution de tartrate ferrico-potassique (3) et le fer pris à l’intérieur sont des movens qui parviennent à triompher du mal. Ajoutons que l’alcool camphré et surtout l'iodoforme (4) ont pu être employés avec succès contre cette complication.
En cas de complication inflammatoire, le repos, les bains, les cataplasmes émollients, trouveront leur application. Ces moyens serviront encore à combattre le phimosis et le paraphimosis; mais si le prépuce où une portion du gland menaçaient de tomber en sphacèle, on comprend qu'il ne faudrait pas hésiter à pratiquer une opération qui n’a pas lei, comme dans le chancre mou, l'inconvénient de réinoculer l'accident vénérien. Rien n’est plus simple, en effet, que d'enlever l'extrémité du prépuce et le chancre qui s’y est fixé.
Le chancre mou ou chancre vénérien, dont l’action est toute locale, n'exige qu’un traitement local; mais ce traitement est de la plus grande
avec ‘ruit, sur le traitement de la syphilis, une discussion qui a eu lieu à la D ue ‘en 4867, et à laquelle ont pris part un grand nombre es membres de cette société, MM. Dolbeau, Després, Alp. G uérin, Depaul, ee Maurice Perrin, etc. (2) Voyez Gaz. méd. de Lyon et Gaz. méd. de Paris, 1860, p. 333. (3) Ricord prescrit la liqueur suivante :
24 Eau distillée:........... PTT MES 250 grammes. ” Tartrate ferrico-potassique. .......... 30 — re chaque jour trois cuillerées à bouche. a, nt arions avec la charpie imbibée de ce liquide. (4) Voyez A. Renault (Union médl., n° 41, 1872).
LANCEREAUX. — Syphilis, 2° édit. 35
importance en raison des complications fréquentes de cet accident et de sæ fächeuse disposition à s'étendre et à se multiplier. Hunter a Salsi nettement l'indication à remplir quand il dit que la méthode la plus simple de traiter un chancre (1) consiste à le détruire ou à l'extirper. De cette manière, on le réduit à l’état d’ulcère ou de plaie simple, et il se cicatrise comme tout ulcère ou plaie de cette nature. Réduire l’ulcération spécifique à l'état d'un ulcère simple, transformer une plaie possédant la cause: spéciale d'entretien en une plaie qui n’a plus sa raison d’être, tel est, en d sHAres termes, le but auquel doit tendre le traitement. La cautérisation, pourvu qu'elle soit suffisamment profonde, atteint merveilleusement ce but; elle se pratique avec différentes substances, la potasse, l'acide nitrique, et de préférence avec le caustique carbo-sulfurique (Ricord) ou la pâte au chlorure de zinc (Roilet, Diday) (2). Après avoir abstergé les parties malades, Rollet applique à leur surface des. rondelles de caustique, de façon à les recouvrir exactement sans les dépasser. Ces rondelles sont assujetties avec de la charpie, des bandelettes de diachylom ou des bandes, suivant les régions; elles restent en place pendant une ou plusieurs heures, selon la profondeur de la lésion et les effets que l’on veut obtenir. L’eschare se détache presque toujours le troisième jour, la plaie qui lui succède est d'ordinaire recouverte d’un enduit pseudo-membraneux pouvant faire croire qu’elle est encore virulente, si un examen attentif ne venait montrer que les bords sont de niveau avec le fond et que toute la surface s'élève et se répare au lieu de se creuser par lulcération. Les avantages du caustique au chlorure de zinc sont de ne déterminer que des douleurs de peu d'intensité et de ne pas exposer aux hémorrhagies,.
Un moyen beaucoup plus simple de traiter le chancre vénérien est fourni par l'emploi de l’iodoforme. Cette substance, dont l’usage est récent, peut être regardée en quelque sorte comme le spécifique de ce chancre, dont elle favorise la cicatrisation et amène sûrement la guérison sans oceasionner la moindre douleur. Je possède plusieurs faits qui ne laissent aucun doute à cet égard. Le chancre, saupoudré avec la poudre fine d’iodoforme, cesse de s’étendre, puis au bout de quelques jours la couche grisâtre qui le recouvre disparait, des bourgeons charnus apparaissent, la plaie spécifique est transformée en une plaie simple qui ne tarde pas à se cicatriser. L'iodoforme détruit, sans. aucun doute, les germes ou organismes qui constituent et entretiennent le chancre vénérien.
Tandis qu'un traitement général suffit pour combattre les adénopathies du chancre syphilitique, dont la suppuration est exceptionnelle, un traitement local est presque toujours nécessaire contre les bubons du chancre mou. Ce traitement varie toutefois suivant la période d'évolution de ces accidents. Au début, tant qu'il n'existe aucune suppuration, repos, cataplasmes émollients, bains, ponctions résolutives à l’aide de pommades mercurielles ou iodurées, tels sont les moyens indiqués. Les badigeonnages avec la teinture
(4) Hunter ne fait ici aucune distinction entre le chancre mou et le chancre syphilitique. (2) Consultez : Rollet, Gaz. méd. de Lyon, 15 décembre 1857. — Diday, même journal, 1858, n°°2 ct4. — Dron, De la méthode destructive des chancres (Annales de la syphilis,
1858). — Debauge, Thèse de Paris. 1858, — Eriant, Mém. de méd Ur "1 p. 424, nov. 1867. ) - néd. et de chirurg. milit.,
diode ont l'inconvénient d’exciter une vive douleur. Les vésicatoires, employés comme moyens abortifs, ont quelquefois réussi; les sangsues , prescrites dans le même but, ont le grave inconvénient, quand le bubon suppuré vient à s’ouvrir, de pouvoir servir à son inoculation, si les piqûres qu’elles ont produites ne sont pas encore cicatrisées. Les incisions prématurées, conseillées dans le but d'éviter des décollements de la peau, sont en général intempestives ; mais lorsque la suppuration a lieu et que le bubon menace de s'ouvrir, il ne faut pas hésiter à donner issue au pus. Une seule incision pratiquée à l’aide du bistouri est préférable au caustique. L'emploi du sélon filiforme, tel que le recommande Bonnafont, n’est pas à repousser. Remarquons que ces méthodes de traitement ont l'avantage de convenir au bubon virulent comme au bubon sympathique, dont le diagnostic, ainsi que nous l'avons dit, est toujours entouré des plus grandes difficultés (1).
Après l’incision, le bubon ulcéré et transformé en plaie virulente réclame les mêmes soins que le chancre mou ; l’iodoforme nous a toujours donné alors des résultats merveilleux. |