HYDROTHÉRAPIE
Appliquée au traitement de la syphilis, l'hydrothérapie est simplement un adjuvant utile; pas plus que les eaux minérales, elle ne peut constituer une méthode particulière de traitement. Schedel avait cru à tort qu'aucun remède ne guérissait plus sûrement les accidents primitifs ; mais L. Fleury fait remarquer avec justesse que Desruelles et les adversaires du mercure ont montré que les chancres guérissent chez les malades soumis à un traitement simple, et cela en quinze jours ou trois semaines, c’est-à-dire dans un espace de temps qui n'est pas plus long que celui que peut demander l’eau froide. L'hydrothérapie prévient-elle les accidents consécutifs ? a-t-elle des avantages marqués sur le mercure et l’iodure de potassium ? arrête-t-elle, en un mot, mieux que toute autre médication, les progrès de la diathèse syphilitique ? Telles sont les questions dont il importe d’avoir la solution. Or, un cas de syphilis secondaire x été traité sans succès par Priessnitz {Scoutetten). Schedel rapporte trois cas de syphilis secondaire ou tertiaire contre lesquels le traitement hydrothérapique a aussi échoué. Lubanski ne fait pas mention de la syphilis dans son ouvrage. Bidart signale quelques cas de syphilis tertiaire guéris par l'eau froide. Baldou rapporte onze observations de malades guéris, mais la plupart incomplètes et tres-peu concluantes, en sorte que la guérison de la syphilis par l’hydrothérapie n’est nullement prouvée.
L. Fleury, ne voulant pas traiter uniquement par l’hydrothérapie les malades affectés de syphilis, recourt en même temps aux spécifiques, auxquels il associe les sudations et les douches froides générales. « Dans ces conditions, dit cet auteur {2), l'hydrothérapie m'a semblé être un adjuvant précieux du traitement spécifique ; elle est fort utile pour combattre la chloroanémie que l’on rencontre si fréquemment chez Îles malades atteints de vérole constitutionnelle ; elle m'a paru aussi exercer une influence très-favorable sur la marche de la maladie, et principalement sur celle des accidents secondaires et tertiaires : cette influence s’est manifestée surtout chez ies individus faibles, débilités, lymphatiques, à tendance scrofuleuse. » Un ne peut nier les bons effets de l'hydrothérapie dans la première et dans la dernière période de la syphilis, surtout quand elle est compliquée d’anémie ; il est à regretter seulement que cette méthode de traitement ait été trop peu expérimentée Jus-
4) Études sur les eaux de Nauheïm, 1856, p. 120. a | NA : L. Fleury, Traité pratique el raisonné d’hydrothérapte. Paris, Le FF — Comparez W. Winterwitz, dans Archiv f. Dermatol. und Syphiligr., LE, p. 206, 1870,
a A ? e qu'ici. Je crois qu'elle mérite d'être employée en même temps qu’une hygiène sévère, après l'usage du mercure et de l’iodure de potassium, et
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qu'elle est un excellent moyen d'arriver à compléter la guérison de la syphilis.