‹ Traité historique et pratique de la syphilis [electronic resource]Chapitre 15 sur 107 · PÉRIODE D'IN'CUBATION , SON EXISTENCE, SA DURÉE · texte numérisé non relu

PÉRIODE D'IN'CUBATION , SON EXISTENCE, SA DURÉE

Nous entendons par incubation l'intervalle de temps qui s'écoule entre l'instant de l'absorption du virus syphilitique et le moment d'apparition de la première manifestation locale. C'est le moment de la modification qui précède la réaction de l'organisme.

Admise par un petit nombre de médecins, au milieu des dénégations générales, la doctrine de l'incubation syphilitique fut primitivement développée et soutenue par Alph. Cazenave (d) : « La syphilis, dit cet

(I) Traité des syphilides, 142 et suiv. Paris, 1843.

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auteur, est une maladie générale dès son principe, qui commence à l'instant même où le contact infectant a lieu, comme dans toutes les

maladies virulentes, et par conséquent générales Le symptôme

primitif n'est pas le premier mode d'action de la syphilis, mais bien la première expression phénoménique de l'infection, et alors qu'il se manifeste, la maladie est déjà commencée. » Chausit (1) et Vidal (2) se montrèrent tout d'abord partisans de cette doctrine, aujourd'hui généralement adoptée par les plus éminents syphilographes (3), et à l'appui de laquelle on peut apporter deux ordres de preuves, les unes expérimentales, les antres cliniques.

Longtemps niée par une école célèbre, l'incubation de la syphilis n'a été réellement mise en lumière que dans ces derniers temps, grâce surtout, ce qui\ faut bien avouer, aux inoculations pratiquées sur des individus vierges de syphilis. Tentée, en partie, dans le but de chercher à proliver la contagiosité des accidents secondaires, l'inoculation syphilitique artificielle à des individus sains a appris, mieux que n'avait pu le faire l'observation clinique, que la réaction de l'organisme, au sein duquel a pénétré le virus, ne se manifeste pas immédiatement par des phénomènes extérieurs, mais seulement après tin temps plus ou moins long, ainsi qu'il arrive dans toutes les maladies virulentes. Des expériences pratiquées, il résulte;, en effet, que la plaie oîi a été déposé le produit qui a servi à l'inoculation ne tarde pas à se cicatrisera peu près comme le ferait une plaie simple; la guérison toutefois est loin d'être définitive; bientôt, à ce même endroit, apparaît une lésion unique, isolée, première manifestation de la souffrance de l'économie atteinte dans toutes ses parties. Le temps que met à se montrer cette manifestation particulière a été précisé, et ainsi a pu être déterminée la durée de l'incubation syphilitique. Le tableau ci-après, destiné à renseigner sur ce point, renferme des faits qui ne permettent pas plus les objections que les fins de nonrecevoir.

(1) Annales des maladies de la peau et de la syphilis, t. IV, p. 177.

(2) Traité des maladies vénériennes, p. 196. Paris, 1855.

(3) Voy. Clerc, Rollel, FoUin, Cusco.Diday, H. Lée,Da3rensprung, Lindwurin, etc.

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