SYPHILIS FAUSSE (CHANCRE MOD
Incubation nulle.
Affection le plus souvent multiple, indéfiniment réinoculable h l'individu qui en est affecté.
Se montrant sous forme d'une vésicopustule qui se termine par une ulcération profonde à bords décollés, taillés à pic, et fournit une sécrétion purulente abondante.
Accompagnée dans quelques cas seulement d'une adénite qui produit un pus inoculable.
Échappant complètement au pouvoir des médicaments altérants, si elle n'est aggravée par leur pmploi.
PÉRIODE d'Éruption locale. 115
Pronostic. — Inutile d'insister sur les différents motifs qui témoignent que le pronostic de la fausse syphilis, affection toute locale, est beaucoup moins grave que celui de la vraie syphilis, maladie générale par excellence. Mais la vraie syphilis étant reconnue, quelle indication pronostique peut-on tirer des formes variées de la première manifestation de cette maladie ?
Indice infaillible d'une infection générale, l'accident primitif peutil, d'après ses caractères objectifs, faire connaître le degré de gravité que présentera plus tard la syphilis qu'il révèle ? En d'autres termes, y a-t-il un rapport constant entre la forme de cet accident et la gravité des manifestations consécutives?
Agitée tout d'abord par Carmichaël etRinecker, cette question a été, de la part de Bassereau, l'objet de recherches intéressantes qui lui ont permis de formuler sous forme de loi la proposition suivante : « Après les chancres indurés bénins surviennent les éruptions bénignes et les affections des divers tissus sans tendance à la suppuration. Après les chancres indurés phagédéniques surviennent les syphilides pustuleuses graves, les affections ulcéreuses de la peau plus tardives, les exostoses suppurées, les nécroses et les caries. » (P. 443.) Diday, faisant appel aux relevés statistiques de Bassereau d'une part, et d'autre part à sa pratique personnelle, conclut qu'un vrai chancre correspond à une vérole forte, et qu'avec Térosion chancriforme on doit s'attendre à une vérole faible. Bazin signale la fréquence du chancre phagédénique dans la syphilis maligne, et l'un de ses élèves, Dubuc, fait remarquer que sur neuf cas de syphilide précoce maligne, quatre fois le phénomène initial a été un chancre phagédénique. licite, en outre, deux cas observés par Verneuil, dans lesquels ce même accident avait encore marqué le début. Langlebert considère le chancre comme la pierre de touche de la constitution. Il pense que de l'action exercée par cette détermination morbide sur les tissus il est facile de prévoir la marche des accidents consécutifs, soit prochains, soit éloignés, qui pourront se manifester. « La bénignité du chancre annoncera, dit-il, des symptômes constitutionnels peu graves ; sa malignité permettra, au contraire, de prévenir des symptômes consécutifs d'une plus grande gravité. »
Partant de ce fait qui, à notre avis, demanderait des preuves nouvelles, ce même auteur incline à croire que l'intensité de la syphilis est proportionnelle à la quaUté du virus inoculé, et il ajoute : « S'il en
était ainsi, peut-être trouverait-on alors dans cette corrélation un élément pour la solution du grand problème de la vaccination syphilitique. En effet, que certaines formes légères de la syphilis soient sous la dépendance exclusive du virus qui les produit, je soupçonne qu'une voie nouvelle serait ouverte, qui peut-être conduirait au but que nous signalons. Les recherches récentes de M. Depaul sur la nature du prétendu virus vaccin, qui n'est autre que le virus variolique luimême affaibli ou modifié, viennent jusqu'à un certain point légitimer ces espérances. »
A cet égard, je me permettrai une simple observation : à l'époque où l'on inoculait la variole, je ne sache pas qu'on ait rien observé qui pût donner quelque appui à ces vues ingénieuses. Mais, quoi qu'il en soit, une voie nouvelle de recherches est ouverte, qui ne peut manquer de fournir des résultats importants. Toutefois, ce n'est pas, suivant nous, la modalité propre à l'accident primitif qui rend la syphilis plus ou moins grave; cet accident est subordonné à la constitution générale du sujet, aussi bien que les manifestations ultérieures. Et ainsi, de toutes ces observations, un seul fait resterait acquis, à savoir : que la lésion initiale de la syphilis indique déjà la mesure de la susceptibilité de l'organisme à l'action du virus syphilitique.