‹ Traité historique et pratique de la syphilis [electronic resource]Chapitre 3 sur 107 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Il La Syphilis devrait servir de clef à loulc Il la palhologic. «(Audral, dansRicord, Lettre.i sur la Syphilis, 2« édit., p. 302.)

Les sciences naturelles sont parvenues, pour la plupart, à classer les objets dont elles s'occupent sous un certain nombre de types parfaitement définis, chacun de ces types donnant la notion de toutes les individualités qui s'y rapportent. La pathologie, elle aussi, devrait posséder une classification analogue, car les états organopathiques de l'homme présentent des types distincts, toujours reconnaissables à des caractères constants, qui permettent de les grouper de façon à constituer des espèces morbides. Mais, si parmi les maladies aiguës.nous connaissons l'histoire détaillée de plusieurs espèces, il faut bien admettre que dans le domaine des maladies chroniques nous sommes moins avancés. J'ai donc cru utile de suivre dans ses moindres détails l'une de ces maladies.

A cet effet, j'ai choisi la maladie qui, par son origine et par ses manifestations multiples, se prêle" le mieux à une étude exacte, complète et variée, j'ai nommé la syphilis, .l'ai cherché à en tracer l'histoire, non pas à la façon du spécialiste dont la vue ne dépasse pas l'horizon de sa spécialité, mais à la manière du nosographe qui ne trouve là qu'un chapitre détaché de la grande histoire des maladies.

Ce livre .est divisé en six parties : historique, nosographie, séméiotique, étiologie, thérapeutique et médecine légale.

La syphilis héréditaire et la syphilis accidentelle sont étudiées séparément. Celle-ci est suivie dans son évolution par périodes, et les accidents qui se rattachent à la dernière période sont examinés successivement dans chacun des appareils de l'organisme.

VUI PHÉFACE.

L'élude des lésions analomiques a été placée avant celle des synij)lômes, qui leur sont généralement subordonnés. La raison de celte préférence, c'est qu'elles constituent l'élément le plus invariable et le signe le plus constant de la syphilis. Naguère encore on croyait ces lésions bornées à quelques tissus et à quelques organes, el, bien que depuis trois siècles des manifestations viscérales diverses eussent été signalées, l'attention des cliniciens se fixait peu sur elles. Aujourd'hui que la gravité de ces manifestations est bien connue, il est naturel d'y insister et de leur accorder une place en rapport avec leur importance.

Après ce travail indispensable d'analyse, il devenait nécessaire de ramener l'esprit à la considération de l'ensemble, car la syphilis est une. J'ai donc cherché autant que possible à montrer dans la marche de la maladie, cet enchaînement morbide qui commence avec l'ulcération primitive et qui se termine trop souvent par la cachexie et la mort.

Pour éviter des longueurs et une polémique presque toujours inutile, je me suis attaché à écarter les observations douteuses et à ne citer que des faits importants et bien constatés. Dansée travail d'élimination et de choix je serais très-heureux de n'avoir rien omis; mais cela n'est pas possible. Ce que je puis affirmer sincèrement, c'est que j'ai cherché la vérité consciencieusement et sans parti pris.

Paris, le 27 avril 18()G.

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