‹ Traité historique et pratique de la syphilis [electronic resource]Chapitre 6 sur 107 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

C'est en vain qu'on cherche dans l'antiquité une exposition dogmatique de la syphilis, elle ne s'y rencontre pas. Les premiers médecins qui donnèrent de ce mal une description un peu détaillée, contemporains de la fameuse épidémie de 1495, eurent à se demander si la maladie qu'ils avaient sous les yeux était ou non nouvelle, et dès cette époque, deux opinions furent émises qui n'ont cessé d'avoir cours dans la science. La première fait naître la syphilis à la fin du quinzième siècle, la seconde lui attribue une origine beaucoup plus ancienne. Peu d'accord sur le lieu de naissance, les partisans de la doctrine de l'ancienneté considèrent la syphilis comme une espèce de lèpre, et l'appellent tantôt éléphantiasis (Seb. Aquilanus, Phil. Beroaldus), tantôt formica (Schellig, Gumanus, Gilinus, Leonicenus, Steber), tantôt saphati (J. Widmann, Not. Montesaurus, J. de Fogueda, Sim. Pistor). Soutenus par ces vues, Sydenham, Haller, Plenck, Thierry, Howard, voulurent trouver dans les yaws et les pians la forme primitive de la syphilis, et signalèrent l'Afrique comme patrie de cette maladie dont on chercha aussi les premières traces chez les Maranes (Gruner). D'autres auteurs, tels que Swediaur et Beckmann, l'assimilant au feu persan, la firent provenir des Indes orientales, tandisqiieWizmann la faisait naître en Dacie, au deuxième siècle.

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Cependant, lorsqu'il fut positivement établi que la syphilis avait pour point de départ l'acte vénérien, quelques savants cherchèrent à prouver que cette maladie existait depuis les temps les plus reculés ; mais en même temps on inventa les contes les plus fantastiques sur son origine. On ne l'attribua plus, comme autrefois, à une constellation malheureuse : on chercha à la rattacher à la cohabitation d'une courtisane avec un lépreux, avec des bêtes et surtout avec des singes ; enfin, à la cohabitation avec les Indiennes voluptueuses de l'Amérique ; et ce fut précisément de cette dernière supposition que se forma eu grande partie l'idée de la prétendue origine américaine de la syphilis, dont Astruc et Girlanner furent les principaux défenseurs.

Telles sont, en somme, les diverses hypothèses en présence.

Elles se réduisent à trois principales :

1° Origine ancienne dans le monde entier ;

2° Origine ancienne à point de départ inconnu ; importation moderne en Occident ;

3° Origine récente, épigénère à la fin du quinzième siècle.

Tout ce qui vient à l'appui des deux premières hypothèses, tend nécessairement à ruiner la dernière, qui, du reste, ne compte aujourd'hui que de rares défenseurs. L'étude successive que nous allons faire de la syphilis dans l'antiquité, au moyen âge, et depuis le quinzième siècle jusqu'à nos jours, apprendra ce qu'il faut en penser.

BIBLIOGRAPHIE

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