RAPPORTS ENTRE LA SYPHILIS
une inconnue, la prédisposition interne. Est-ce à dire cependant que les conditions qui favorisent cet état pariiculier nous échappent toujours? Je ne le crois pas. Le jeune âge, qui rend la syphilis plus aiguë, lui imprime quelquefois aussi un certain degré de gravité ou même de malignité. L'influence de la race n'est peut-être pas à négliger dans la question qui nous occupe ; mais jusqu'ici nous manquons dos éléments nécessaires pour apprécier la valeur de celte donnée; de même l'opinion que la contamination d'une race à une autre est susceptible d'aggraver la syphilis n'est nullement prouvée (1). On conçoit qu'une mauvaise hygiène puisse donner à cette maladie une impulsion plus active. Une alimentation insuffisante, des changements brusques de température, un climat humide, l'encombrement et le défaut d'acclimatation, toutes conditions qui aggravent la syphilis peuvent aussi, jusqu'à un certain point, favoriser le développement de la forme maligne. La qualité du virus est-elle véritablement sans influence? Quelques auteurs sont portés à croire que la syphilis transmise du fœtus à la mère, comme celle qui provient d'accidents héréditaires, est généralement plus grave; mais celte opinion manque encore de preuves certaines. On sait, dans un autre champ d'observations, qu'une variole grave peut engendrer une variole bénigne et réciproquement. Or, si les conditions extérieures favorisent quelquefois l'apparition de la syphilis maligne, comme dans beaucoup de cas il n'est pas possible de leur attribuer la moindre influence, alors on est naturellement conduit à rattacher, jusqu'à plus ample informé, cette variété de la syphilis à une prédisposition particulière à l'individu malade.