‹ Traité historique et pratique de la syphilis [electronic resource]Chapitre 67 sur 107 · ET LES AUTRES MALADIES · texte numérisé non relu

ET LES AUTRES MALADIES

Si la syphilis ne survient pas habituellement dans le cours d'une maladie aiguë, par contre elle se développe fréquemment chez des individus affectés de maladie chronique. Dire au juste le retentissement tjue peut avoir sur la syphilis telle ou telle autre maladie, n'est pas chose facile, vu le petit nombre d'éléments sur la matière ; mais le point important à connaître, c'est que la marche de la syphilis n'est troublée qu'autant que la maladie coexistante se trouve en puissance d'action. Alors il existe généralement une modification réciproque des doux maladies; l'une d'elles revêt une acuïté plus grande, tandis que l'autre est ralentie dans sa marche. Un jeune homme atteint de la dégénérescence rénale de Bright, et depuis plusieurs semaines soumis à notre observation, est porteur d'un chancre de deux mois non encore cicatrisé ; la lésion des reins, si on s'en rapporte à ce qu'il raconte, marche chez lui avec une certaine rapidité, puisque, ne remontant pas au delà de quelques mois, elle se manifeste aujourd'hui par un précipité albumineux des plus abondants et par le passage de nombreux cylindres fîbrineux dans les urines. Un autre malade, que nous avons pu suivre pendant huit mois, nous présenta tout d'abord, en même temps qu'une tuberculose bien établie, un rupia et une orchite syphilitique; mais bientôt nous vîmes l'altération pulmonaire prédominer en quelque sorte aux dépens des lésions syphilitiques qui parurent arrêtées dans leur marche. Disons toutefois, pour être vrai, que pendant quinze jours ce malade prit! gramme d'iodure de potassium.

Une jeune femme phthisique et syphilitique tout à la fois n'éprouva, pendant près de cinq mois qu'elle passa sous nos yeux, que des lésions localisées- aux parties génitales et extrêmement lentes dans leur développement.

Les maladies aiguës qui surviennent dans le cours de la syphilis, peuvent en troubler l'évolution. « L'apparition d'une maladie aiguë, dit Bassereau, telle que fièvre grave, phlegraasie pulmonaire, ou autre, survenue peu de temps après la contagion, m'a semblé avoir pu retarder quelquefois le développement des syphilides érythémateuscs (1). » Lorsque les manifestations syphilitiques existent, le développement d'une maladie aiguë n'a pas, en général, une grande influence sur leur marche ou leur terminaison. Chez un individu at-

(1) Traité des affections cutanées symptomaliques de la syphilis. Paris, 1852 p. 177. ' '

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