RAPPORTS ENTRE LA SYPHILIS
teint de variole et arrivd à la fin d'une syphilide papuleuse, je n'ai pas remarqué de modification appréciable dans la marche de l'éruption syphilitique.
Tel est, d'une façon un peu abrégée sans doute, le rôle que peuvent jouer certaines maladies par rapport à la syphilis; l'influence que celle-ci exerce à son tour sur ces maladies mérite un examen plus sérieux : nous l'envisagerons dans les cas de traumatisme, dans les maladies chroniques, et enfin, dans les maladies aiguës.
Relativement à l'influence de la syphilis sur le traumatisme, c'est, dit Swediaur (1), une opinion reçue par plusieurs médecins, que les os des personnes aR"ectées de vérole deviennent plus fragiles et que les malades, par conséquent, sont plus sujets aux fractures. Ce même auteur rapporte ensuite l'observation d'un homme qui s'était fracturé la jambe et -qui, après un séjour de neuf semaines au lit, n'avait pu obtenir de consolidation. Alors on soupçonna que la vérole dont il avait été affecté pouvait bien être la cause qui s'opposait à la formation ducal; un traitement mercuriel fut institué, la fracture se consolida, et le malade se trouva complètement guéri.
Tout récemment Verne uil a parlé de l'action de la syphilis sur les plaies : « Vous opérez chez un syphilitique une fistule pénienne, dit ce savant chirurgien (2), la réunion immédiate manque, l'autoplastie échoue. Vous instituez un traitement approprié, puis vous recommencez, et cette fois avec succès. « Un médecin de l'armée, le docteur Guillemin (3), a rapporté, à l'appui du fait établi par Verneuil, l'observation d'un malade syphilitique chez lequel deux petits ulcères, résultat d'excoriations faites au doigt, n'ont cédé qu'autant qu'un traitement iodé fut mis en usage. Delpech écrit d'autre part : « On voit des ulcères vénériens se déclarer à propos d'une blessure, soit dans le sein même de celle-ci, soit dans ses environs. Celte complication est très-rare et n'a guère lieu que dans le cas d'infection générale et quand la plaie dure depuis longtemps (4). » Il est à remarquer qu'il ne s'agit pas ici d'un chancre, car cçt accident, comme on le sait, ne se développe jamais au milieu d'une plaie, à moins d'un contact virulent.
(1) Loc. cit., p. 183.
(2) Gaz. hebd., février 18C3, p. 134.
(3) Gaz. hebd., 17 juillet 1863, p. •iTS. Comparez : Ambrosoll, De l'influence de la syphilis const, sur les plaies {Gaz. lombarde, 44, 1863).
(4) Chirurgie clinique de Montpellier, t. I, Paris, 1823.