‹ Traité historique et pratique de la syphilis [electronic resource]Chapitre 99 sur 107 · SYPHILIS CHEZ LES ANIMAUX · texte numérisé non relu

SYPHILIS CHEZ LES ANIMAUX

duisant dans le tissu cellulaire des lapins des fragments de chancres indurés enlevés à des malades, n'a réussi, comme d'ailleurs Sigmund de Vienne, qu'à produire des lésions locales. Basset, dans des expériences plus récentes, est arrivé aux mêmes résultats (1).

Ces faits sont-ils suffisants pour juger la question ? Il est permis de le penser. Puisque dans aucun des cas cités, il n'a été possible de constater chez les animaux l'existence de manifestations syphilitiques, il y a naturellement lieu de croire que la syphilis constitutionnelle ne leur est pas transmissible. Cependant de nouvelles recherches semblent nécessaires. Quoique mieux démontrée, la communication du chancre mou^à l'espèce animale, n'est pas non plus suffisamment étudiée. Effectivement, on est arrivé, dans quelques cas, à inoculer un pus non spécifique, et à produire des lésions analogues à celles que détermine chez les animaux l'inoculation chancreuse. Lichtenstein (2) affirme que la lymphe prise dans les pustules produites par les friclions avec le tartre stibié est inoculable, et le docteur A. Renzi prétend être parvenu à inoculer l'ecthyma simple et le pus provenant de piqûres de sangsues. Or, après ces expériences, on se demande si un pus quelconque ne pourrait produire les mômes effets, et il estjpermis de conserver quelques doutes sur la réalité de la transmission du chancre mou de l'homme aux animaux.

Dans une discussion récente qui a eu lieu devant l'Académie de médecine, la question de la syphilis animale se trouva agitée. Le docteur Vernois (3) cita un fait tendant à établir la transmission de la syphilis humaine aux animaux. Un chat qui avait l'habitude de manger de la charpie imprégnée des matières sanieuses et purulentes des chancres, des plaques muqueuses et des ulcères vénériens provenant des malades de l'hôpital du Midi, succomba à une cachexie syphilitique, après avoir longtemps présenté sur les lèvres et dans la gueule des ulcérations caractéristiques. On découvrit à l'autopsie plusieurs os atteints de périostoses, d'exostoses et de caries. Mais, nonseulement ce fait est unique, il n'est pas entièrement irréprochable, ce que n'ont pas manqué de faire ressortir MM. Ricord et Velpeau (4).

(1) Voy.^oWet, Recherches sur la syphilis, p. 11, 1861.

(2) Journal de Hufeland.

(3) Voy. Bullet. deVAcad. de méd., 13 septembre 1864.

(4) Transmission de la syphilis de l'homme aux animaux. Bullef. de l'Acad. de méd., séance du 20 septembre 1864.

APPENDICE

A ce propos, du reste, l'éminent chirurgien de l'hôpilal de la Charité rappela qu'il avait en vain essayé avec Bretonneau, en 1817 et 1818, d'inoculer toutes les matières purulentes produites par les accidents syphilitiques à des chiens, à des moutons et à des lapins. M. Leblanc, de son côté, fit observer qu'il avait suivi pendant des années entières des animaux auxquels il avait inoculé la syphilis sans qu'il se fût manifesté le moindre vestige d'accident. M. Depaul, pourtant, annonça qu'il avait vu des cas de transmission syphilitique de l'homme au singe, et même à d'autres espèces animales. Le procès n'est pas jugé; mais on ne peut contester que l'animal ne soit un terrain fort peu approprié au développement de la syphilis ; et si tant est que cette maladie puisse germer dans son organisme, elle ne tarde pas à s'éteindre sur place. La vraie syphilis, celle dont nous venons de parcourir toutes les phases, est donc, en résumé, le triste apanage de l'humanité.

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