ALTÉRATIONS DE LA RÉTINE DANS LES MALADIES DU CŒUR
Burq a démontré que par Tapplicalion des plaques métalliques d'or, d'argenl, de cuivre, etc., sur les tempes, on fait revenir les couleurs. La même chose se produit sous Tinfluence de Taimant. Mais alors, il se fait le transfert de la maladie d'un œU à l'autre, comme Charcot l'a bien démontré. Cette amblyopie ne présente généralement aucune lésion opththalmoscopique, bien que la maladie soit d'une longue durée.
Nous ne connaissons à cette règle qu'une seule exception : c'est le cas d'une malade du service du docteur Charcot à la Salpêtrière, qui, après avoir été affectée pendant quelque temps d'une amblyopie gauche, avait vu celle amblyopie s'étendre à l'autre œil. Nous avons pu, eu outre, constater chez cette personne, à une époque ultérieure, le développement lent et progressif de la périnévrite optique.
Généralement l'amblyopie hystérique guérit sans laisser aucune lésion dans l'œil ; ce n'est qu'exceptionnellement chez une malade de notre clinique, que nous avons vu se déclarer une atrophie de la papille, un an après le début de l'amblyopie hystérique.
III. Amaarose coflipiète. — La cécité Complète de nature hystérique est relativement très rare. Elle peut exister dans un œil comme dans les deux yeux, mais elle est généralement de courte durée. Nous avons rapporté (1) l'histoire d'une malade du service de Maurice Raynaud à l' Hôtel-Dieu, laquelle avait perdu subitement la vue des deux yeux à la suite d'une frayeur, mais elle l'avait recouvrée au bout de trois jours. En comparant ce fait avec d'autres du même genre, nous pouvons avancer que les amauroses de nature hystérique ne durent que quelques minutes, quelques heures, ou tout au plus quelques jours, qu'elles ne sont jamais accompagnées de lésions ophthalmoscopiques, et qu'elles se dissipent d'elles-mêmes.
§ 14. — Altérations de la rétine dans les nialadiee du eceur.
Les altérations du cœur amènent des troubles circulatoires plus ou moins marqués dans tout le système vasculaire de l'organisme. C'est ainsi que nous observons des irrégularités ma-
(1) Galezowski, Traiié de$ maladies dês yeux, 2* édition, p. 602.
nifeslesdans les pulsations artérielles, des stases veineuses et des dilatations des vaisseaux capillaires. Tous ces phénomènes témoignent d'un grand embarras circulatoire, qui peut donner lieu à la rupture des parois des vaisseaux et à des hémorrhagies. On sait que le rétrécissement de l'orifice milral occasionne plus particulièrement qu'aucune autre affection du cœur des troubles dans la circulation capillaire, et qu'à une période avancée de son développement il peut amener des congestions sanguines du côté des poumons, du cerveau et d'autres organes.
L'œiln'échappepasàcetteloi.et tôt oulard il devient le siège d'accidents semblables à ceux que nous venons de mentionner.
Nous distinguons quatre sortes d'altérations rétiniennes résultant d'afTections cardiaques. Ce sont : les stases veineuses, les apoplexies, les exsudations rétiniennes, et les embolies de l'artère centrale.
1. suMaTeineDHideiaréiine. — Malgré la Variété très grande des lésions du cœur, les troubles fonctionnels qui en résultent sont presque toujours les mêmes, et la seule conséquence pratique qui résulte de la notion du siège de la lésion est, comme dit Peter, la connaissance de l'époque plus ou moins tardive de l'apparition des troubles consécutifs (1), et encore ne découle-t-elle pas toujours de cette notion.
En général, il y a une stase ou liypérémie veineuse qui se développe lentement, mais progressivement dans les organes principaux, tels que poumons, cerveau, ceil, etc.
Ou côté de la rétine, nous avons rencontré souvent des stases veineuses 1res marquées, mais qui n'ont exercé aucune influence sur la vision, tout au plus quelques-uns de ces malades éprouvent-ils des éblouissements et des éclairs lumineux qui se dissipent rapidement. Pourtant on rencontre quelquefois des faits particuliers, dans lesquels les stases veineuses ont amené des troubles visuels persistants, et qui ne pouvaient s'expliquer que par une dilatation de tout le système capillaire de la rétine, comme on peut en juger par un fait très intéressant, que nous avons recueilli dans le service de M. Hérard à l'hôpital Larjboisière. 11 s'agissait d'une fille âgée de 18 ans, atteinte d'une
(1) Peter, Tmilé pratique <U$ maladies du cœur. Paris, 1883.