III. AnuiaroM mm lésion app«reBt«. — Il peut SC produire
aussi une cécité complète des deux yeux sans lésion, qui peut durer des mois entiers sans modifications, puis la vue reviendra progressivement. Un fait de ce genre s'est présenté en 1883 dans le service du professeur Polain à l'hôpital Necker et que nous avons pu examiner avec le professeur pendant plusieurs mois. La malade était aveugle. Puis, sous l'influence du traitement général et de l'électricité, la malade recouvra un certain degré de la vue. A l'intérieur, l'œil était sain et la papille anémique.
§ 13. — Afliblyople kystérlqae.
Les troubles visuels s'observent assez fréquemment chez les femmes hystériques, mais leur nature et leur symptomatologie ne sont pas bien définies. Nous avons, le premier, fait des recherches à ce sujet dans le service de Grisolle à THôlel- Dieu (2), et plus tard dans le service de M. Charcot, à la Salpètrière. Cet éminent maître a fait des études les plus complètes et les plus intéressantes sur l'amblyopie hystérique (3).
(i) Hutchinson, On lead-poisoning as a cause ofoptic neuritis (Opthalm. Hospiial Biports. Loadon, February, 1871, p. 7).
(2) Galezowski, Les aUérations du nerf optique ei les maladies cérébrales. Paris, 1865, p. 111.
(3) Charcot, De la contraction hystérique^ 12* leçon ; Leçons sur les maladies du système nerveux, 2« édition. Paris, 4875, p. 347.
Nous dislinguons (rois formes différentes de troubles visuels : les spasmes des muscles oculaires, les amblyopies el les amauroses.
I. Spaimea MUBcuiairei. — Les Contractions spasmodiques des diverses branches de la troisième paire sont accompagnées d'un trouble visuel très prononcé. L'œil présente un strabisme convergent avec forte diplopie, ce qui est extrêmement gênant pour la vision. Les doubles images que les malades aperçoivent ne sont point fixes, elles subissent des déplacements en divers sens, ce qui est l'indice de la diplopie spasmodique, et non paralytique.
Les spasmes du droit externe sont relativement plus rares, mais, de même que les premiers, ils peuvent coexister avec la contraction spasmodique de l'orbiculaire. 11 est bon d'ajouter que l'ophtlialmoscope ne fait découvrir aucune lésion.
II. Ambijopie hTsiériquc. — Cettc affection est, dans la grande majorité des cas, monoculaire, et s'attaque, de préférence, à l'œil gauche. Elle est caractérisée par une diminution concentrique du champ visuel pour les couleurs, avec diminution notable de l'acuité visuelle, et par dyschromatopsie. Les femmes qui en sont atteintes sont prises, en outre, d'une hémiplégie du côté gauche, ou d'une hémî-anesthésie du même côté. Les symptômes de cette amblyopie sont les suivants :
1° L'acuité visuelle de l'œil gauche le plus souvent est notablement diminuée;
2° Le champ visuel est diminué concentriquement ;
3° Les signes de dyschromatopsie ou d'achromalopsie que j'ai démontrés le premier n'existent d'abord que dans un œil. Puis au bout de quelque temps, et dans une forme plus grave d'hystérie, la diminution concentrique du champ visuel pour les couleurs peut survenir dans l'autre œil, quoiqu'à un degré bien plus faible. La couleur violL'lte se perd la première, comme cela est démontré par Charcot, et le champ visuel pour le violet est le plus restreint; vient ensuite la couleur verte, rouge, orangée et jaune. Le bleu a le champ visuel le plus étendu et se perd le dernier. Inversement, lorsque les couleurs commencent à revenir, c'est le bleu qui reparaît le premier, puis le jaune, l'orangé, le rouge, le vert et le violet.