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TROUBLES VISUELS DUS AUX DIARRHÉES CHRONIQUES

ganes qui reçoivent rinnervation du grand sympathique peut se traduire par des troubles marqués de Torgane de la vue. Le fait de la dilatation des pupilles, chez les enfants qui ont des vers intestinaux, ne peut s'expliquer autrement que par la même loi de l'action réflexe.

C'est dans le traitement que nous avons trouvé la confirma* tion de Topinion émise par nous, que ces atrophies des papilles, de même que les symptômes nerveux généraux qui les accompagnent, sont dues à raffection de l'appareil digestif.

On sait combien est grave Talrophie des papilles dite progressive; elle atteint successivement toutes les fibres du nerf optique, et aboutit à une cécité complète. Cette maladie est €ependant guérissable, si Ton s'y prend à temps. L'emploi répété des vomitifs, dans cette forme d'atrophie, m'a donné d'excellents résultats là où les autres moyens, tels que l'iodure ou le bromure de potassium à hautes doses et pendant des mois, étaient restés sans effet. C'est par les vomitifs, joints, pour certains malades, aux purgatifs, et pour d'autres aux toniques, que j'ai obtenu ces heureux résultats, alors que plusieurs de mes confrères employaient, sans succès, les préparations mercurielles et iodurées, ou bien l'électrisation à courants continus (1).

§ 16. — TroMbles Tisvels d«s ans diarrhées ehroiilqaes.

On connaît l'influence désastreuse des diarrhées chroniques, catarrhales, sur la santé générale. Lorsque, en effet, la phlegmasie catarrhale s'est concentrée de préférence sur un point quelconque de l'intestin, et qu'elle y a pris, comme dit Trousseau (2), droit de domicile, alors on a affaire à une maladie des plus graves et que rien ne peut guérir radicalement, ni même arrêter momentanément. Souvent elle est compliquée d'une affection tuberculeuse du péritoine ou d'une autre cachexie générale. Souvent aussi l'état d'amaigrissement et d'épuisement général est provoqué par une diarrhée rebelle et qui, pendant des années, a résisté à tous les traitements, soit que

(1) Galezowski, Union médicale, 7 mars i876.

(2) Trousseau, Clinique médicale de VHôtel-Dieu, V édition. Paris, 1885, t. UI, p. 422.

la cause de la maladie ait été méconnue, soil que les condilions hygiéniques n'aient pu être modifiées convenablement.

Notre maître, Trousseau, nous a montré, dans ses admirables leçons cliniques, combien il est difficile de venir à bout d'une diarrhée chronique, et il cite, entre autres, l'histoire d'une femme qui entra dans son service pour une diarrhée opiniâtre qui persista pendant treize mois, se compliqua de lientérie, de gastralgie, de vomissements, et qui, après avoir résisté h une foule de remèdes, céda enfin au traitement mercuriel, aux bases de sublimé, parce que Trousseau attribua la maladie à la syphilis; et c'est vingt-trois mois seulement après l'entrée de la malade que la guérison complète put être obtenue.

Jules Simon {!), médecin de l'hôpital des Enfants, a publié des faits des plus remarquables de diarrhées chroniques datant de plus de vingt ans, que rien ne pouvait arrêter, qui menaçaient de faire succomber les malades, et qui guérissaient avec une extrême rapidité par le sulfate de quinine ; il s'agissait là de diarrhées d'origine palustre. Il guérit aussi des diarrhées chroniques contractées dans les pays chauds, et datant de huit mois, avec de l'opium porté à des doses toxiques.

Ces faits prouvent qu'une diarrhée chronique peut mellre la vie de l'individu en danger, en amenant l'anémie, l'émaciation générale, la perte de l'appétit, etc. Des perturbations aussi graves ne peuvent se produire sans qu'il en résulte de temps en temps des (roubles nerveux plus ou moins sérieux qui se traduisent, chez certains individus, par des troubles visuels particuliers, se présentant tantôt sous la forme d'une amblijopie diarrhéique, tantôt sous la forme d'une rétinite périvasculaire exsudative.

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