TROUBLES VISUELS DANS CERTAINES AFFECTIONS GASTRIQUES
curseurs de la maladie; ils appsiraissent même souvent avant les crises douloureuses. Les malades éprouvent des douleurs dans le creux de Festomac, ils ont des renvois continuels après leurs repas, et, par moments, des vomissements qui survien* nent sans cause bien définie. Au toucher, la région stomacale est sensible ; souvent on y trouve une distension et un gonflement excessifs.
3*" Ces phénomènes morbides n'inspirent pas ordinairement beaucoup d'inquiétude au malade, jusqu'au moment où la vue commence à s'affaiblir et où Tatrophie de la papille prend naissance.
i"" Les atrophies de la papille qui se déclarent chez ces individus ne diffèrent en rien de celles qui accompagnent l'ataxie locomotrice. Ainsi, l'atrophie progressive de la papille du nerf optique s'annonce d'une manière très lente ; elle débute d'abord dans un œil, et n'envahit l'autre qu'au bout d'un certain laps de temps.
a. Le champ visuel reste ordinairement intact, mais c'est l'acuité visuelle centrale qui s'affaiblit, ce qui fait que la portée de la vision diminue progressivement, au point qu'à cinq ou six pas les malades ne reconnaissent plus les personnes.
b. Dès le début de la maladie, l'œil cesse de distinguer les couleurs, et il confond le rouge et le vert avec le gris, et le violet avec le bleu.
B"" La pupille, habituellement, subit des modifications sensibles : elle devient large et immobile, souvent irrégulièrement dilatée, et forme des inégalités dans différentes parties de sa circonférence. Dans l'atrophie ataxique, elle est beaucoup plus souvent à l'état de myosis.
6"" L'aspect ophthalmoscopique de la papille ne diffère en rien de la papille chez les ataxiques : elle est blanche, nacrée, par suite de l'absence des vaisseaux capillaires, nourriciers ; les vaisseaux centraux restent sans changement.
T" Ces atrophies sont souvent accompagnées de névralgies périorbitaires, qui viennent par crises, tantôt sous forme aiguë, tantôt comme des douleurs sourdes, gravatives.
8"" Un des points les plus remarquables de cette maladie,
Siia MALADIES GÉNÉRALES ET CONSTITI'TIO.NN ELLES.
c'est l'existence des symptômes de l'alaxie locomotrice.
En effet, les malades atteints de celte iiifirmilé éprouveci do la faiblesse dans les jambes et, par consi>quenl, doriiésitalion dans la démarche, sans que pour cela les muscles soient allaqués dans leur force.
Si l'on réunit tous ces symptômes aux symptômes morbides oculaires, on a un labloau de la maladie qui ressemble à s'y méprendre à l'alaxie locomotrice. Et pourtant nous venons de démontrer qu'il existe une certaine différence entre ces deux affections, et l'atrophie de la papille de cause gastrique pourra être arrêtée dans sa marche par le rétablissement des fonctions de l'appareil digestif. Mais quelle corrélation peut-on trouver entre l'atrophie du nerf optique et les affections gastriques?
On ne trouvera pas de rapports directs entre des organes éloignés et dont les rôles physiologiques diffî^rent complètement. Lorsqu'on étudie les lois de l'action rédexe dans le système nerveux, lorsqu'on compare les divers phénomènes qui s'observent dans les états pathologiques, on en trouve facilement l'explication. Vaclion ré/Iexe, qui a été si bien étudiée dans les vivisections par Claude Bernard et Brown-Séquard, et cliiiiquemenl par G. Sée, peut nous servir à répondre à celte question. On sait, en effet, que les nerfs de l'estomac proviennent du grand sympathique, et que toute la digestion se fait sous l'influence du plexus solaire et mésentérique. D'autre part . les expériences de Budge et de Claude Bernard ont démontré que, en sectionnant la portion céphalique du grand sympathique, on produit le rétrécissement de la pupille, et que le filet cervical n'agit que comme un conducteur des impressions nerveuses, dont le point de départ est une portion de la moelle épinière comprise entre la dernière vertèbre cervicale et la sixième vertèbre dorsale, et qui est appelée région diio-spiitale. Et si l'excitation légère, non douloureuse, comme dit Claude Bernard (1), des nerfs de sentiment, suffit à déterminer un mouvement dans tes parois auxquelles ces nerfs se répandent; de même, par une action réilexe, l'irritation permanente des or-
(I) Claude Bernard, Lerons sur le système nerveux. Paris, 1858, l. II, p. 35».