HISTORIQUE
Depuis rinvention de Toplilhalmoscope, la pathologie oculaire a fait de grands progrès; Tusago de cet instrument devient indispensable non seulement pour un oculiste, mais pour tous ceux qui veulent trouver, dans Tétat des membranes internes de Toeil, les signes anatomîques des affections cérébrales ou constitutionnelles.
Avant d'aborder la description de cet instrument et de ses nombreuses variétés, il ne sera pas superflu de donner un aperçu historique de l'invention, et d'indiquer les phases qui ont précédé la merveilleuse découverte de Helmholtz.
Les savants se sont depuis longtemps préoccupés du miroitement des yeux chez les animaux et quelquefois chez Thomme.
Déjà, en 1704, Méry (1) et la Hire (2) avaient entrevu la pos-
(1) Méry, Histoire de VAcad. royale des scienceSj 1704, p. 107.
(2) La Hire, Ibid., 1709, p. 119.
Galiiowiki. — Ophlhalmoteopie. 1
sibilité d*éclairer rintérieur de Fœil, àlasuîle d'une expérience qu'ib aTaient faite, et qui consistait à plonger un chat dans Feau, ce qui leur permettait de voir les vaisseaux de la rétine chez cet animal. Ils ne comprenaient pas pourquoi Ton ne pouvait pas Toir le fond de Tœil chez Thomme, quoique, d'après leur dire, « les rayons qui partent d'un point de son fond aient passé « par les trois surfaces de ses humeurs, s'y détournent de telle « manière, qu'ils en sortent comme parallèles entre eux ; c'est « pourquoi nous pourrions voir distinctement cet objet. »
Les investigateurs qui les ont suivis n'ont su expliquer lo miroitement de l'œil des animaux que par des hypothèses sans fondement, persuadés, surtout, que ce phénomène était dû à une force vitale propre à l'animal.
Selon Scarpa, si on regardait dans l'œil de certains sujets à travers la pupille, on y apercevait un état particulier produit par la lumière, qui traversait la partie mince et transparente de la sclérotique (1).
Après lui, Behr (2) constata dans un cas d'iriderémie chez une jeune fille, que si l'observateur regardait dans une direction presque parallèle à colle des rayons incidents qui entraient dans l'œil de l'enfant, il pouvait facilement apercevoir le miroitement du fond de l'œil.
Ce n'est que bien plus tard que PrevosI, de Genève (3), est arrivé à démontrer que le miroitement de l'œil provenait d'une réflexion des rayons lumineux venus du dehors, et que jamais l'œil ne brillait dans une obscurité complète.
Les premières tentatives pour explorer à l'aide d'un miroir les maladies profondes de l'œil appartiennent h Carron du Villards (4). « La lumière artificielle, disait-il, n'est préféra- « ble à la naturelle que dans les cas où il est nécessaire d'é- « tudier l'état de l'humeur vitrée et de la rétine, en faisant « brusquement refléter le corps lumineux dans les difl*érenfs « points de l'anfractuosité oculaire. » Pour atteindre ce bul, il conseillait de se servir de « miroirs creux », qu'il appelle
(1) Scarpa, Trait, ddle princip. malatlie d'occhi, Pavia, 1816, p. 147.
(2) Behr, Hecker's Annalen, t. I, 1839, p. 373.
(3) Prévost, Bibliothèque britanniquey t. XLV.
(4) Carron du Villards, Guide pratique ifes maladies des y^ux, Paris, (83^, t. I,
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