DES DIFFÉRENTES FORMES DE RÉTRÉCISSEMENT DU CHAMP VISUEL
deux yeux (fig. 35). Les deux formes se rencontrent, en effet, très fréquemment dans certaines variétés d'affections cérébrales. Cette diminution du champ visuel est ordinairement limitée par une ligne presque verticale penchée légèrement, soit à droite, soit à gauche.
Mais il existe souvent une hémiopie homonyme partielle qui n'occupe qu'un quart, un cinquième ou même un dixième de la sphère; il constitue, par conséquent, dans le champ visuel de chaque œil, une lacune triangulaire homonyme aux deux yeux.
Dans Vhémiopie croisée, la moitié externe ou interne du champ visuel de chaque œil est complètement obscure. Lorsque Tanesthésie rétinienne porte sur les parties internes de cette membrane, et que ses parties externes fonctionnent bien, il y a une superposition des images, et le malade distingue bien les objets très fins : il lit même le n** 1 de l'échelle typographique, mais ce n'est qu'avec peine qu'il réussit à se conduire, surtout le soir. Dans le cas où les deux moitiés externes du champ visuel sont abolies, ce qui ne se rencontre, du reste, qu'exceptionnellement, il survient une gêne considérable pour le travail prolongé et une difficulté très grande pour se
conduire.
A en juger par cette description, l'hémiopie homonyme ou . croisée, et, par conséquent, l'hémiopie cérébrale devrait toujours être latérale. C'est une règle générale en effet et absolue, et nous ne connaissons, pour notre part, aucun fait positif dans lequel l'affection cérébrale ait occasionné une hémiopie supérieure ou inférieure isolée, à moins que ce ne soit une forme de rétrécissement circulaire de tout le champ visuel avec hémiopie simultanée supérieure ou inférieure prédominante. Une hémiopie supérieure est, selon nous, le symptôme constant d'une affection oculaire, telle que décollement rétinien, choroïdite exsudalive accompagnée d'une compression partielle de la membrane nerveuse, excavation glaucomateuse, etc.
Mais pour mieux comprendre les différents troubles oculaires qui surviennent dans les maladies cérébrales il est nécessaire de joindre aux notions précédentes, sur l'entre-croisement
des fibres du chiasma, la direction que ces fibres prennent dans les bandelettes optiques et au delà.
Nous avons déjà dit que le nerf optique, après avoir constitué le chiasma, se continue sous forme de bandelettes optiques jusqu'au corps genouillé d'où des faisceaux séparés se détachent pour se rendre dans les tubercules quadrijumeaux et les couches optiques. Ces différents noyaux situés lé long de fibres sensilives communiquent directement avec la couronne rayonnante et les circonvolutions occipitales.
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Fig. 51. — Schéma des nerfs optiques (d'après Charcot).
L'entre-croisement des fibres optiques, comme nous l'avons vu plus haut, n est pas complet dans le chiasma, là ce ne sont que les fibres internes des deux nerfs qui se croisent'. D'après la figure schématique de M. Charcot les fibres externes n' o', B' 0', qui n'ont pas subi d'entre-croisement au chiasma, suivent les bandelettes jusqu'aux centres visuels, que M. Charcot représente dans son schéma par cg et c'g', et oii les fibres internes s'entre-croisent avec les internes du côté opposé , et puis les fibras externes elles-mêmes se prolongent et vont se croiser entre elles dans les points e et e' de chaque côté
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de rhémisphère ou bien encore dans un point médian h. On comprendra dès lors que lorsqu'une lésion siège sur le trajet des bandelettes optiques, dans un point B, par exemple, on aura une hémiopie latérale de deux côtés ; si au contraire la lésion porte sur la partie postérieure de la couronne rayonnante, elle n'amènera plus d'hémiopie, comme on aurait pu le croire, mais une hémiopie croisée qui s'explique facilement par le schéma de Charcot.
§ 2. — Seoloines flxes.
Dans le champ visuel on aperçoit quelquefois des taches fixes, obscures, et c'est à ces espaces opaques qu'on donne le nom descotomes. Ils sont vus dans l'espace, mais sur une feuille de papier blanc ou sur mon périmètre on les distingue mieux. Souvent ils sont centraux, dans d'autres cas ils occupent les parties voisines du point de mire.
On les rencontre dans les affections du nerf optique, mais ils peuvent se développer d'une manière subite chez les personnes hystériques, nerveuses, et disparaître au bout de quelques moments, comme cela a lieu dans le scotome scintillant.
ARTICLE IV