EXAMEN DE LA FACULTÉ CHROMATIQUE
de laine, qu'on fait placer devant le malade. Il doit les choisir et adapter au tableau qui porte les couleurs correspondantes. Cette dernière méthode ne peut pas rendre de grands services ; et en effet, après que le malade aura regardé quelques minutes sur des centaines de couleurs, il se fatigue, ses yeux se brouillent, il ne peut plus rien discerner.
Chromatoscope de railleur, — Nous avons fait construire par M. Lutz un chromatoscope, composé des verres des couleurs du spectre, à l'aide d'une roue, passant successivement devant le trou à travers lequel le malade regarde et doit désigner les couleurs.
§ 2. — Chrupsle on Tlslon coloriée.
Ce phénomène morbide peut se présenter sous deux formes différentes. Dans la première, les objets lumineux, la flamme d'une bougie ou d'une lampe, par exemple, paraissent entourés de cercles colorés d'arc-en-ciel, ce qui est le signe caractéristique du glaucome. Dans la seconde variété, les malades voient tous les objets teints en jaune, vert, bleu ou rouge. Cette perversion bizarre de la vision est due, le plus souvent, à des intoxications produites par la belladone, la santonine, ou par les principes de la bile, répandus dans le sang.
§ 3. — Photopsie.
L'irritation du nerf optique et de la rétine se traduit, le plus souvent, par des sensations lumineuses plus ou moins variées que l'on désigne généralement sous le nom de photopsies. Des éclairs, des cercles lumineux, des lueurs de différentes couleurs, ressemblant à des feux d'artifice, peuvent apparaître devant les yeux ; dans d'autres cas, le malade croit voir des flammes et des clartés uniformes répandues sur tous les objets qui l'entourent. Ce sont des photopsies qui dépendent des maladies rétiniennes ou des centres optiques.
§ 4. — Photphènes.
Toute secousse et tout ébranlement de la rétine provoque une sensation lumineuse, qui prend le plus souvent la forme de l'objet qui a comprimé le globe de l'œil. Ce phénomène
lumineux subjectif, provoqué par la compression du globe de Tœil avec le doigt, est appelé par Serres (d'Uzès) du nom de phosphène.
Pour obtenir les phosphènes, on place le malade dans une chambre sombre, et on lui recommande de fermer les yeux. En comprimant le globe de l'œil à travers la paupière à l'aide de l'ongle de l'indicateur, on fait percevoir au malade une impression lumineuse du côté opposé à l'endroit où on comprime.
En comprimant successivement en haut, en bas, à droite ou à gauche chaque œil, on obtient les phosphènes : inférieur ou jugal; supérieur ou frontal; interne ou nasal^ et externe ou temporal.
Ces phosphènes apparaissent habituellement sous forme d'un demi-cercle dont la couleur varie depuis le noir jusqu'au gris, blanc ou bleuâtre.
L'absence de quelques phosphènes peut indiquer la présence d'une affection profonde et grave de l'œil ; et la connaissance de ce symptôme devient indispensable, toutes les fois que le fond de l'œil est trouble et ne permet pas d'être éclairé avec l'ophthalmoscope.
ARTICLE V
SENSIBILITÉ DE l'œIL AUX DIFFÉRENTS DEGRÉS d'ÉCLAIRAGE.
§ l«r. — Héméralopie, aycialople.
La sensibilité visuelle de la rétine peut être émoussée plus particulièrement par une trop grande ou par une trop faible lumière, au point que les malades ne pourront pas voir à une trop grande lumière et à la lumière du jour, ou bien ils ne verront point le soir. Dans le premier cas, on aura une fiyctalopie ou cécité au jour^ et dans le second cas — héméralopie ou cécité nocturne.
La nyctalopie ou cécité diurne complète n'existe point, mais il y a des individus qui voient très trouble au grand jour, tandis que le soir et à la lumière faible ils aperçoivent bien plus distinctement. Ce sont d'abord tous ceux qui ont une hypéres-