‹ Traite iconographique d ophthalmoscopieChapitre 45 sur 177 · ÉTAT PHYSIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ÉTAT PHYSIOLOGIQUE

A l'état physiologique, la cornée doit être transparente et le reflet de la lumière projetée obliquement ne doit révéler ni tache ni opacité d'aucune sorte.

ARTICLE II

Les altérations de la cornée sont de différentes sortes, mais, au point de vue de l'examen ophlhalmoscopique, nous n'avons à nous occuper que des taches superficielles ; les taches profondes, telles que leucômes et albugos, pouvant être facilement reconnues à l'œil nu et sans aucun instrument.

Les taches superficielles de la cornée sont ordinairement le résultat d'une kératite ancienne qui a été guérie, mais à la suite de laquelle il s'est formé une tache cicatricielle, qui diminue la transparence de la partie de la cornée qu'elle occupe.

Leur volume ainsi que leur épaisseur ne sont pus toujours les mêmes : tantôt elles occupent toute la surface de la cornée ; dans d'autres cas, elles ont les dimensions très petites, on dirait même microscopiques, et elles exigent beaucoup d'attention de la part du chirurgien, sans quoi elles resteraient facilement

inaperçues. Ces lâches, quoique très peliles, on les reconnaît quelquefois à l'oeil nu, mais difTicilemenl; au contraire, rien n'est plus facile que de les découvrir à l'aide de l'éclfiirage oblique et oplithalmoscopique.

A Védairage obligue, les taches opaques se présenlenl comme de petits points blancs, gris ou brunâtres, situés dans l'épaisseur de la cornée et à une certaine dislance de sa surface antérieure. Pour mieux les apercevoir, il faut joindre ft l'éclairage latéral, concentré d'une lampe, l'examen à l'aide d'une très forte loupe. A cet effet, j'ai fait con-

struire par M. Lulz, opticien de laSorbonne, une loupe achromatique (fig. 40) très fortement grossissante, qui permet de distinguer très nettomrnt les moindres altérations de la cornée, de l'iris et du cristallin.

A l'examen oplithalmoscopique, elles apparaissent, au contraire, comme de petits points noirs ou grisâtres, un peu plus ou moins foncés, selon qu'elles sont plus ou moins épaisses. Souvent elles sont si peu prononcées qu'on ne les aperçoit point , princi- ^'^- "■ ~ '^''"Pf "''"'' ' 11,... « malitiuo du D' G»le-

palement quand le fond de 1 œil est très for- io,v8ki pour ejamioer lement éclairé; il suffît, dans ce cas, de '* torMé^, consimii diminuer l'intensité de l'éclairage pour Tparis. " ' "" qu'elles deviennent apparentes.

En général, on doit préférer, pour l'examen des opacités de la cornée, de même que de toutes les autres opacités de l'œil, une lumière faible; le fond de l'œil éclairé faiblement apparaîtra d'une couleur rouge moins vive, et les taches noires seront plus apparentes sur ce fond. Ce but pourrait toujours être facilement atteint en se servant d'une simple bougie, ou en abaissant la Bièchede la lampe.

S \". — N^f hélloni oa taie* de la enrage.

Le nuage de la cornée constitue une des plus légères opacités de cette membrane. La cornée se présente quelquefois nuageuse et trouble, quelquefois au contraire elle ne présente aucun changement à i'œil nu, et on ne retrouve l'opacité qu'à

l'aide de Téclairage oblique ou ophthalmoscopique. On verra que la cornée se trouve par places plus transparente, tandis que dans d'autres endroits elle apparaîtra un peu nébuleuse et comme laiteuse à l'éclairage oblique. Ce ne seront plus des taches noires que Ton verra à l'opbthalmoscope, mais il se produira là un phénomène tout particulier. C'est le miroilage du fond rouge, inégal, passant du foncé au clair. On verra par moments comme une légère ombre passer sur le fond rou^e, principalement pendant les mouvements exécutés par l'œil dans les divers sens. Il n'est pas rare d'apercevoir à la surface rouge comme des gouttelettes d'eau, qui brillent à la manière de celles qu'on distingue au microscope. Souvent ce sont de vrais flocons qui paraissent se promener dans l'œil^ mais ne pouvant pourtant pas être bien éclairés ni bien distingués. Ils s'échappent et ils fuient pour ainsi dire devant toute nouvelle tentative d'investigation. C'est une sorte d'ombre que l'on définirait difficilement, mais dont l'observateur garde facilement l'impression, dès qu'il l'a vue une fois.

Veut-on examiner la rétine à l'image renversée, on la trouve un peu trouble, confuse, la papille un peu voilée avec les bords mal dessinés ; souvent même ses contours et ses vaisseaux apparaissent comme brisés; par moments, ils sont vacillants.

Le miroitage, que produisent les opacités coméennes sur le fond de l'œil, gêne l'examen ophthalmoscopique, rend l'image de la rétine confuse et trouble sensiblement la vue du malade. En présence de pareils phénomènes, on doit renouveler l'examen à l'éclairage oblique, qui ne manquera pas de préciser notre diagnostic.

§ 2. — Kératite |H>nctaé««

La kératite ponctuée est caractérisée par de petits points brunâtres multiples, de la grandeur d'une pointe d'épingle et qui sont ordinairement placés dans la moitié inférieure de la cornée. Ils sont ordinairement disposés en forme triangulaire, dont le sommet ne dépasse pas sensiblement la pupille, et la base se trouve en bas de la cornée ; le reste de celte membrane ne présente pas de trouble. Dans des cas spéciaux, les

taches opaques de la cornée sont si peu prononcées, qu'il est impossible de les retrouver soit k l'œil nu, soit à l'éclairage oblique.

Ces opacités dépendent d'une sorte d'exsudation qui se dépose dans l'épaisseur de la cornée, et le plus souvent même près de la membrane de Descemet. Elles se développent ordinairement sous l'influence de l'inflammation des membranes internes de l'œil et principalement du corps ciliaire.

C'est par l'examen à l'éclairage oblique et au moyen d'une forte loupe qu'on peut les apercevoir sous forme des nombreux points opaques disséminés dans une certaine étendue de la cornée.

L'éclairage ophthalmoscopique est souvent complètement insuffisant pour reconnaîlre l'existence de ces taches, mais on s'aperçoit facilement que le fond de l'œil paraît trouble, nuageux. Certaines de ces taches deviennent visibles, lorsqu'on éclaire très faiblement la pupille.

§ 3. — Staphylôme pelluelde de la cornée. Cornée conique.

L'examen du sfaphylôme pellucide et conique de la cornée se fait à l'œil nu par la simple inspection de la cornée de profil; mais l'examen de la forme du reflet cornéen, de même que l'aspect ophthalmoscopique du fond de l'œil, facilitent souvent le diagnostic au début même de la maladie.

Le reflet de la lampe change de forme dans toute l'étendue du cône. Là, en efl'et, il apparaît triangulaire, tandis qu'à la périphérie de la cornée le reflet est régulier et non rétréci (Voyez Kératoscopie).

L'examen ophthalmoscopique nous donne des signes encore plus positifs; on les obtient par simple éclairage avec le réflecteur et par l'examen à l'image renversée.

En faisant tomber un faisceau lumineux sur la papille, on s'aperçoit facilement qu'elle reste toujours dans l'ombre, complètement cachée derrière le reflet luisant, large et triangulaire. On arrive pourtant à éclairer le fond de l'œil lorsqu'on donne une direction très oblique à la lumière et qu'on la dirige vers les parties périphériques de la rétine. On aperçoit alors un miroitage tout particulier sur le fond de l'œil, qui ressem-

ble souvent à un nuage ou opacité de la cornée, et dont la présence ne peut pas être démontrée à l'éclairage oblique.

La papille se présente sous une forme toute particulière, et qui varie avec les mouvements de Tœil : tantôt elle est brisée et coupée pour ainsi dire en deux moitiés, tantôt elle prend la forme triangulaire, tantôt enfin une ombre se projette sur le fond qui ne permet de voir qu'une seule partie de la papille. La variation continuelle de la forme de la papille amène nécessairement à conclure qu'il s'agit d'une conicité de la cornée.

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