‹ Traite iconographique d ophthalmoscopieChapitre 46 sur 177 · EXPLORATION DE L*IEIS ET DU BORD PUPILLAIRE · texte numérisé non relu

EXPLORATION DE L*IEIS ET DU BORD PUPILLAIRE

ARTICLE PREMIER

ASPECT PHYSIOLOGIQUE DE l'iRIS.

L'iris, à l'état physiologique, présente des inégalités à sa surface, qui sont dues aux fibres musculaires radiées ou circulaires. Ces inégalités peuvent être aperçues facilement à l'œil nu; à l'éclairage oblique, elles sont reconnues et appréciées beaucoup plus complètement.

Mais il existe une autre particularité à la surface de l'iris propre à l'état physiologique, que l'on définit avec beaucoup de précision à l'éclairage oblique et à l'aide d'une lonpe. Ce sont les taches pigmentaires de l'iris, que l'on prendrait volontiers pour des phénomènes morbides, si on ne prenait pas garde. L'examen fait à l'aide de ce procédé démontre la nature réelle de ces taches.

ARTICLE II

ÉTAT PATHOLOGIQUE DE l'iRIS.

§ l*r. ~ Synéchles postérieures.

Les iritis aiguës ou chroniques sont accompagnées le plus souvent de dépôts plastiques dans la pupille et de synéchies postérieures.

Selon rétendue et le degré d'inflammation, les synéchies postérieures occupent une étendue plus ou moins large. Quelquefois elles sont si peu prononcées, qu'à l'examen à l'œil nu elles passent inaperçues. C'est alors que l'examen à éclairage oblique donne des résultats des plus remarquables. Le bord pupillaire se présente, en effet, irrégulier, frangé, et ces franges sont dues aux exsudations iridiennes, qui fixent l'iris à la capsule,

La disposition des synéchies est souvent tellement bizarre, que la pupille, étant dilatée avec l'atropine, prend la forme d'une rosace, d'un trèfle, du chiffre 8, etc., comme on peut en juger par la figure 6, pi. I de notre atlas.

Les synéchies postérieures peuvent se rompre par l'effet d'atropine ou des seuls mouvements oscillatoires de l'iris; mais elles laissent alors sur la capsule cristallinienne de petits points noirs ou brunâtres disposés en forme de cercle, et qui ne se voient qu'à l'aide de l'éclairage oblique ou du miroir.

Éclairage oblique. — En éclairant la pupille par une forte lumière de l'éclairage oblique, l'observateur doit d'abord examiner avec soin les pourtours du bord pupillaire, et noter les moindres déformations et irrégularités qui s'y trouvent. Si l'iris est adhérent à la capsule, on verra nécessairement des synéchies postérieures en forme de petits filaments ou brides brunâtres sur la capsule, et qui ressemblent tout à fait à des fibres de l'iris lui-même se prolongeant sur la capsule. Souvent on ne trouve qu'un ou deux filaments de ce genre, mais dans d'autres cas, tout le bord pupillaire est attaché à la capsule, et alors la pupille elle-même est obstruée, fermée par des exsudations plus ou moins épaisses.

Ophthalmoscope . — Les synéchies postérieures se présentent à l'éclairage ophthalmoscopique comme des stries ou taches noires au milieu du fond rouge, comme cela est représenté sur la planche I, figure 6.

Ces stries apparaissent toujours d'une teinte noire, et peuvent ressembler aux opacités cristalliniennes. Mais les synéchies, faisant corps avec le bord de l'iris, ne changent pas d'aspect, quelle que soit la direction dans laquelle on explore l'œil, ce qui n'a pas lieu dans les opacités cristalliniennes, qui deviennent au contraire plus ou moins apparentes selon que la pupille est plus dilatée ou plus rétrécie. Au besoin, l'éclairage oblique complète le diagnostic.

Les adhérences entre l'iris et le cristallin se rompent facilement et laissent sur la capsule des dépôts de pigment, qui sont disposés en rond, que l'on distingue très bien sous forme de points noirs formant cercle au milieu du fond rouge (voy. fig. 8, pL 1).

S 2. — Aeorle.

Vacoriej ou persistance de la membrane papillaire, soit en partie, soit en totalité, se reconnaît surtout à l'éclairage latéral. J. Cloquel a démontré qu'elle se rétracte habituellement vers le septième mois de la vie intra-utérine, et ses anses vasculaires, en se rétractant, forment le petit cercle artériel de l'iris. Quelquefois quelques-unes de ses fibres restent dans la pupille et simulent des synéchies postérieures, ce qu'on reconnaît facilement par l'éclairage latéral.

Page 1