ÉTAT PHYSIOLOGIQUE DU CORPS VITRÉ
A l'état physiologique le corps vitré est complètement transparent, hyalin et consistant ; il est entouré d'une membrane non moins transparente et recouverte à sa surface interne d'une couche de cellules épithéliales polygonales et flnement granulées, comme le montre une préparation qui nous a été communiquée par M. Ch. Robin, et qui se trouve reproduite dans notre Traité des inaladies des yeux.
L'exploration ophthalmoscopique de ce milieu n'est pas difficile, et il suffit de projeter la lumière dans le fond de l'œil, pour s'assurer si le corps vitré est transparent ou opaque.
Mais les difficultés sont plus grandes lorsqu'il s'agit d'établir le diagnostic de certaines de ses altérations et en particulier de petits flocons fins et isolés, qui nagent dans l'humeur vitrée liquéfiée. Pour atteindre ce but, il est nécessaire de suivre une certaine méthode, et d'explorer successivement les différentes régions de ce milieu.
L'examen du corps vitré se fait de la manière suivante :
1** Par l'éclairage direct, on s'assure si le corps vitré reste complètement transparent, ou s'il contient des flocons flottants, qui se présentent comme des taches ou des filaments noirs audevant du fond rouge.
Après avoir soulevé la paupière supérieure avec le pouce de la main gauche, on projette avec le miroir concave la lumière dans la pupille, et l'on fait regarder le malade en haut, en bas,, à droite et à gauche. On yoît alors les opacités du corps vitré se déplacer avec une extrême rapidité, sous forme de filaments.
Pour obtenir de cet examen un résultat satisfaisant, il faut que le corps vitré soit exploré méthodiquement dans toutes ses régions, ce qui ne peut avoir lieu que lorsqu'on arrive à concentrer le foyer lumineux dans ses différentes couches.
On obtient ce résultat en se rapprochant et en s' éloignant successivement avec le miroir de l'œil du malade. Pendant qu'on éclaire l'œil et qu'on examine son intérieur, on lui fait exécuter les mouvements dans tous les sens, ce qui permet d'apercevoir la moindre opacité qui se trouve dans les milieux transparents.
2° Le corps vitré peut être aussi exploré à l'image renversée ; et, en effet, pendant que Ton examine la papille du nerf optique, on s'aperçoit qu'au-devant de cette dernière il passe des petits flocons mobiles, pâles, blanchâtres, qui sont ceux du corps vitré.
3° Pour distinguer les flocons du segment antérieur de l'œil, il est utile quelquefois de les examiner de tout près au moyen d'un réflecteur muni d'une lentille convexe de tO ou 13 dioptries, placée derrière le trou central.
Le corps vitré peut conserver toute sa transparence, malgré les mouches et nuages mobiles que les malades aperçoivent devant leurs yeux et qui pourraient faire croire à l'existence de flocons, d'épanchêments, etc. Ce sont alors des mouches volantes physiologiques qui gênent quelquefois la vue d'une manière très sensible, sans qu'on puisse découvrir la moindre altération. Avec les nouvelles notions que nous avons aujourd'hui sur la structure du corps vitré, l'explication de la cause