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ASPECT PHYSIOLOGIQUE DE LA PAPILLE

La papille peut changer de forme pendant T examen ophthalmoscopique ; on la voit en effet s'allonger ou s'élargir à chaque mouvement de l'œil ou du miroir. Ces changements ne peuvent être dus qu'au staphylome conique pellucide ou aux opacités centrales de la cornée, ce dont on peut s'assurer par l'éclairage oblique.

§ 2. Contoam. — Lcs bords de la papille se détachent d'ordinaire très nettement du fond de l'œil; ses contours sont simples et bien accentués.

Dans certains cas, les contours sont doubles et la papille se présente entourée d'un anneau blanc. Cet anneau blanc peut dépendre de deux causes : tantôt le trou choroidien, à travers lequel passe le nerf optique, est relativement trop grand et ne peut être complètement rempli par ce dernier : on verra alors une partie du bord sclérotical. Tantôt les fibres de la gaine interne du nerf optique se prolongent jusqu'à la papille et, étant d'une teinte différente de celle de la papille, elles forment un anneau blanc au pourtour. La figure 4 de la planche VII représente la disposition de cette dernière.

Il n'est pas rare de rencontrer un demi-cercle ou une tache noire sur le bord externe ou interne de la papille. Elle est le résultat d'un dépôt de pigment dans le trou choroidien ; se trouvant par conséquent au-dessous de la rétine, elle ne peut avoir aucune signification pathologique. (Voy. pi. I,fig. 3.)

Les bords de la papille peuvent être échancrés et irréguliers sans que pour cela il y ait un état pathologique quelconque : cela ne pourra constituer qu'une simple anomalie.

§ 3. voiame. — La papille se présente à l'ophthalmoscope de volume très varié, selon que l'on se sert dans l'examen à l'image renversée d'une lentille de 1 1/2, de 2 ou 2 1/2 pouces de foyer. Ainsi, plus la lentille est forte, plus l'image sera petite; si elle est faible au contraire, la papille apparaît beau* coup plus grande.

En nous servant habituellement d'une lentille de 2 1 /4 de

foyer, nous obtenons une image de la papille dont le diamètre

vertical est de 0",012 sur 0",010 de largeur. A l'image droite,

la papille est encore plus grande.

La grandeur apparente de la papille varie aussi suivant le

degré de réfraction de rœil examiné. L'observation journalière nous montre, en effet, qu'elle se présente très petite chez quelques myopes, tandis qu'elle parait relativement beaucoup plus grande chez les hypermétropes.

Jâger a constaté sur les cadavres que les dimensions de la papille changeaient selon les individus. Dans les yeux d'un grand volume, le diamètre transversal était en moyenne de 0,75 et le vertical de 0,70 lignes; au contraire, dans les très petits yeux, ces diamètres n'étaient que de 0,55 et 0,49 lignes. II est évident que les mêmes différences doivent s^observer aussi à l'examen ophthalmoscopique.

§ 4. Coloration. — La papille du nerf optique présente une coloration bien distincte du reste du fond de l'œil ; elle est blanche avec une teinte visiblement rosée. Cette teinte est beaucoup plus prononcée à la périphérie qu'au centre. Elle varie chez les différents sujets et selon Tâge, ce qui dépend essentiellement des nombreux vaisseaux capillaires qui sillonnent le nerf optique.

On remarque au centre de toutes les papilles une tache rouge blanchâtre, située au point d'émergence des vaisseaux centraux, comme on peut juger par les figures 1, 2, 3 et 4 de notre planche I". Souvent elle n'est pas plus grande qu'une grosse tête d'épingle ; dans d'autres cas, au contraire, elle occupe le tiers ou le quart de toute la papille.

Cette tache blanche est formée par une dépression qu'on observe habituellement au centre de toute papille normale, comme Millier et Sappey l'ont très bien démontré. La dépression ou cupule^ d'après Sappey, provient de ce que les fibres nerveuses, après avoir franchi la lame criblée, s'infléchissent pour s'épanouir ensuite à la surface interne de la rétine. Et comme l'inflexion des fibres nerveuses et leur épanouissement se font du centre de la papille vers sa périphérie, il s'ensuit naturellement une petite dépression au centre.

§ 5. Transparence. — Le ucrf optiquc se compose de la gaine, de tissu connectif et des fibres optiques, qui sont jusqu'à un certain degré transparents. D'où il résulte qu'en regardant dans le fond de l'œil avec Fophthalmoscope, non seulement nous pouvons distinguer les détails de la surface de la papille,

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mais encore voir à une certaine profondeur dans l'épaisseur du nerf optique lui-même.

§ 6. vaBeaUrisation. — La papille csl sillonuée de nombreux vaisseaux, dont Forigine se trouve à peu près dans son centre ou un peu rejetée vers le côlé nasal. Ces vaisseaux sont Tartère et la veine centrales de la rétine.

D'après les recherches de Donders (1), l'artère centrale traverse la lame criblée comme une branche unique, et ce n'est qu'à la surface de la papille qu'elle se subdivise en une branche supérieure et une inférieure. On la voit ainsi déboucher sur la papille par un petit bout de vaisseau placé transversalement, et se subdiviser ensuite en deux branches. La veine centrale opère sa subdivision dans l'intérieur du nerf optique à 3 millimètres en arrière de la sclérotique, et n'apparaît sur la papille que comme deux branches isolées, une supérieure et une autre inférieure.

A part ce système vasculaire central, il y a encore dans la substance du nerf optique des vaisseaux capillaires méningés ou cérébraux qui arrivent jusqu'à la papille avec la gaine interne, et que j'appelle nourriciers du nerf optique. J'ai démontré le' premier leur existence ; ils ne paraissent pas avoir beaucoup de communications avec les vaisseaux de l'artère centrale.

La vascularisation de la papille est donc en rapport direct avec celle des centres optiques, tandis qu'elle reste habituellement isolée des vaisseaux choroïdiens et de toutle système des vaisseaux ciHaires. Pourtant, les recherches de Ed. Jàger(2) ont prouvé que les artères ciliaires postérieures forment un cercle vasculaire autour du nerf optique, dont certaines branches collatérales s'engagent dans l'épaisseur du nerf optique ; elles s'anastomosent, d'après Lober (3), avec les branches de l'artère centrale.

§ 7. Diiréreiice entre les artère» et les Teiaes. — Il n'est paS dif-

(1) Galezowski, Comptes rendus de V Académie des sciences^ 1865 ; et Gaz, hebdomadaire, décembre 1865.

(2) Ed. Jâger, Ueber die Einstellungen des dioptricheti Apparûtes. Wien, 1861, p. 5o.

(3) Leber, Archiv f. Opf*tKalm., Bd XI, Abtb. I, p. U.

ficile de distinguer les artères des veines sur la papille: les premières sont ordinairement moins volumineuses et n'accusent point des varicosités; leur couleur est ordinairement plus pâle, les parois sont foncées, tandis que la partie centrale est rosée, transparente, ce qui fait qu'elles paraissent accuser des doubles contours.

Les veines sont beaucoup plus foncées et plus volumineuses que les artères, et souvent on n'y remarque point de doubles contours, surtout Fexamen à l'image renversée.

Les artères sont ordinairement plus superficielles que les veines, et en croisant ces dernières, elles paraissent interrompre la circulation veineuse.

§ 8. PHlsatlon spontanée des Telnet et des artères. — ^ La

circulation dans les vaisseaux de la papille s'exerce habituellement d'une manière régulière, et sans qu'on puisse constater des contractions de leurs parois. Mais chez certains individus fatigués par des courses très longues, ou chez les personnes chloroti-anémiques, on perçoit une pulsation rhythmique dans la partie de la veine qui sort un peu rétrécie et effilée de l'excavation centrale. Ce phénomène n'a aucune signification pathologique.

Il n'en est pas de même de la pulsation spontanée artérielle. Vue pour la première fois par Ed. Jâger, elle est, d'après de Graefe, lé signe certain de la pression intra-oculaire augmentée, et que Ton remarque dans les affections glaucomateuses.

On peut facilement provoquer la pulsation artérielle par une pression exercée sur le globe de l'œil avec le doigt. La colonne sanguine ne peut franchir le trou sclérotical que difficilement et par des poussées saccadées, au momemt de la systole. Cette difficulté de passage tient à une trop grande pression exercée par les milieux réfringents au point de sortie des vaisseaux sur la papille.

NÉVRITE OPTIQUE. Itl

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