TUMEURS DU NERF OPTIQUE
cérébrales. Ce sont, notamment, des symptômes de névrite ou denévro-rétinite, avec ou sans apoplexie.
La figure 3 de la planche XII représente un de ces cas, que nous avons été à même d'observer à T Hôtel-Dieu, avec M. Lancereaux, et qui s'était produit chez un homme ayant succombé à la suite d'une tumeur cérébrale,- mais dont un œil offrait les symptômes d'une névrite. En suivant le nerf optique, nous avons, en effet, constaté la présence d'une tumeur siégeant sur ce nerf. D'autres fois, l'hémorrhagie n'existe pas, mais il y a des signes ophthalmoscopiques de névrite, soit de la période aiguë, soit de la période atrophique.
Lorsque la tumeur éclate à la surface de la papille, elle s'étend très rapidement aux parties qui avoisinent la rétine et présente les symptômes plutôt d'une rétinitc que d'une tumeur. La figure 1 de la planche XXV montre un de ces cas, que j'ai eu l'occasion d'examiner à ma clinique. Il s'agissait du jeune G..., âgé de onze ans et demi, habitant Beauvais et qui m'avait été amené par le docteur Colson, le 30 mars 1872. Sa vue s'était affaiblie fort lentement, il distinguait à peine le n"" 50. Si Ton regarde attentivement la figure, on verra que toute la région comprenant le nerf et la rétine voisine est infiltrée et désorganisée. Les vaisseaux ont pris une extension considérable et les parois ont énormément épaissi. Quelques branches périphériques de ces mêmes vaisseaux sont complètement oblitérées. J'ai revu le malade au mois d'août 1875 et j'ai pu constater une perte presque complète de la vue ; des taches exsudatives apparaissaient en plus grand nombre qu'au début, mais l'aspect général de la maladie resta toujours le même. Il serait difficile aujourd'hui de se prononcer sur la nature de cette tumeur, qui a une marche lente mais néanmoins progressive, et qui me parait unique dans son genre.
Les sarcomes choroïdiens, lorsqu'ils se développent dans le pourtour de la papille, envahissent aussi, par voisinage, la papille, et y amènent des symptômes de névro-rétinite d'un caractère tout particulier, ainsi qu'on peut en juger par la figure 2 de la planche XXV.
Lorsque la tumeur est située dans le nerf optique près de son entrée dans l'orbite» il peut se faire que l'on rencontre une
i42 EXPLORATION DES DIFFÉRENTES MEMBRANES DE L'ŒIL.
atrophie de la papille sans aucune trace d'infiltralion, car alors cette atrophie sera la conséquence de Tétranglement et de la pression qu'aura subis le nerf. Le globe de Tœil est alors projeté en avant, mais il conserve la liberté de tous ses mouvements. Un fait de ce genre s'est présenté à mon observation, en 1875, sur la personne d'un malade, âgé de soixante-deux ans, auquel M. le professeur Richet, à qui je l'avais adressé, avait ext^irpé l'œil ainsi que la tumeur située au fond de l'orbite. Trois jours après, le malade mourait, mais l'on avait constaté, à l'autopsie, la présence d'une tumeur gliomateuse placée dans le nerf optique à son entrée dans le trou orbitaire, et se prolongeant dans le crâne. La papille était atrophiée et n'accusait pas la moindre trace de névrite optique ; mais, comme l'affection remontait à cinq ou six ans, il est probable que les signes de névrite avaient disparu, et que le nerf optique a subi une dégénérescence atrophique.
§ 5. — AMOMalles de 1» papille da nerf optique.
Il y a plusieurs sortes d'anomalies de la papille. Elles peuvent modifier l'aspect ophthalmoscopique de cette membrane, en altérant sa forn^e ou sa coloration.
I. ExeaTatioM de la papiUe. — En parlant de l'excavation de la papille, en général, nous avons démontré que la dépression physiologique, celle qui se trouve généralement dans toutes les papilles, peut prendre de telles proportions, qu'elle simulera l'excavation glaucomateuse. C'est une excavation physiologique qui constitue une anomalie. Nous nous sommes assez appesanti sur ce sujet et nous n'y reviendrons point.
Nous allons maintenant nous occuper des anomalies qui proviennent soit de la transparence, soit de la coloration anormale des fibres nerveuses.
II. Coloboma de la papille opii«ae. — Par SUitc d'uU arrêt de
développement, la papille optique présente quelquefois comme une sorte d'excavation, mais dont les limites dépassent de beaucoup les limites du nerf optique, sous forme d'une atrophie choroïdienne semblable au staphylome postérieur. L'excavalion du nerf optique présente alors comme une sorte de feule allongée irrégulière, et c'est au milieu de cette exca-