APOPLEXIES DE LA CHOROÏDE
étaient les mêmes. Les vaisseaux de la rétine étaient rompus, des taches hémorrhagiques recouvraient de très larges surfaces, et à côté de ces taches on voyait des exsudations blanches, provenant très probablement de la transformation du sang épanché. En suivant ces deux malades pendant un certain temps, j'ai pu constater que la circulation n'avait plus reparu que sur des espaces relativement très restreints de la rétine, la papille resta infiltrée et puis elle s'est atrophiée partiellement. Dans les deux cas ces aB^ections sympathiques ont suivi la même marche, et il nous semble qu'il s'agissait là de lésions des parois artérielles produites par action réflexe sur les nerfs vasomoteurs et nutritifs de ces membranes. La choroïde avait subi en même temps des modifications sensibles, et on voyait des plaques atrophiques disséminées sur divers endroits, mais le plus souvent dans le voisinage des taches hémorrhagiques, et il est très probable que les altérations choroïdiennes provenaient de la pression exercée par le sang épanché.
§ 6. — Apoplexies de la choroVde.
On rencontre très rarement des apoplexies dans la choroïde, et le diagnostic entre celles-ci et les apoplexies rétiniennes ne me paraît pas difficile. D'abord, le siège des unes et des autres est presque toujours différent: celles de la rétine se développent au voisinage de la papille, celles de la choroïde sont, au contraire, toujours situées du côté du cercle ciliaire, par conséquent, dans une partie du fond de l'œil tellement périphérique, qu'il est presque impossible de l'apercevoir. Il est très probable que, pour cette même raison, un certain nombre de taches hémorrhagiques de la choroïde ont été méconnues.
Les taches hémorrhagiques de la choroïde suivent presque toujours le trajet des vasa vorticosa, et le plus souvent elles s'étendent dans un sens horizontal ; les apoplexies rétiniennes se trouvent ordinairement au voisinage de la papille, et elles prennent plutôt la direction des vaisseaux rétiniens. Ces apoplexies rétiniennes sont accompagnées de troubles de circulation et d'œdème de la papille, tandis qu'il n'y a rien de semblable dans les apoplexies choroïdiennes. Ces dernières peuvent
ofcupor, quelquefois, la région de la macula; le sang i^panché perfore alors la rétine, la décolle sur une cerlaine étendue ot se porte dans le corps vilré, où il conslilue des flocons plus ou moins nombreux. Lorsque la résorption de ces flocons a lieu, on voit alors la forme de la déchirure. Peu à peu la déchirure change de teinte, devient de plus en plus foncée el se résorbe ensuite compifetemcnt, mais en laissant des taches atrophiquos blanches, à contours bien limités. Le plus souvent, dans ces cas, la surface de la sclérotique est recouverte de l'exsudation à demi transparente, presque vitreuse.
Les hémorrhagics choroïdiennes du segment postérieur du globe sont souvent consécutives à la rupture d'une des artères ciliaires, et c'est alors qu'on voit se former dans l'intérieur de l'œil des masses sanguines ayant l'aspect de flocons. Une plus grande quantité du sang épanclié peut amener un décollement de la choroïde et compromettre l'existence du globe oculaire.
Les arlferes ciliaires peuvent être oblitérées par le processus embolique, d'où il s'ensuit une choroïdite exsudative avec flocons et épanchements sanguins, comme cela avait lieu dans le cas de Schmidt où l'embolie des vaisseaux rétiniens a été accompagnée de celle des vaisseaux ciliaires.
§ 7. — D6chlrnre* de la choroVd».
La choroïde est une membrane Irf-s élastique et fragile en même temps; elle est tendue sur la sclérotique, et c'est à la suite de coups portés directement sur l'œil, et même par suite de simples contusions que les déchirures de cette membrane par contre-coup peuvent se produire ; elles occupent habituellement le segment postérieur de l'œil.
En examinant ces malades à l'ophlalmoscope, on constate au voisinage de la papille, et souvent dans la macula ellemême des taches blanchâtres avec des dépôts de pigment à leurs bords, et qui varient îi l'infini selon leurs formes et leur volume.
Il arrive quelquefois que la déchirure se présente sous forme d'un cercle ou d'un demi-anneau blanc qui contourne la papille, en passantparla macula. Tantôt on la voit former une ligne