‹ Traité iconographique des maladies chirurgicalesChapitre 3 sur 57 · SUR L’ÉTUDE DES LUXATIONS ET DES FRACTURES · texte numérisé non relu

SUR L’ÉTUDE DES LUXATIONS ET DES FRACTURES

forment les prémisses naturelles, les seules indispensables à une étude logique du sujet. Le lecteur trouvera ainsi en raccourci l’étude de la contusion, de l’entorse, quelques considérations anatomiques, physiologiques; l’étude des points applicables à plusieurs régions et d’une importance suffisante pour nécessiter une étude à part, se trouvera traitée dans celles de nos régions chirurgicales où elles se présentent le plus communéraent. Comme exemple, la fracture compliquée de plaie sera étudiée d’une maniéré complète à la jambe ; c’est là qu’elle s’observe le plus communément ; c’est là qu elle présente le plus de conditions spéciales ; enfin, c’est là que nous en avons r^ueilli les types les plus intéressants. Les luxations compliquées de plaie seront étudiées à la région du cou-de-pied et, chemin faisant, nous mentionnerons dans chacune des autres régions les points spéciaux que présente la luxation du coude, du poignet, etc., etc., compliquée de plaie. ,

c4st ainsi si nous sommes dans la vérité, que l’on peut le plus utilement se servir des matériaux préparés pour l’étude, et c’est ainsi que la méthode peut donner à la clinique l’ordre presque régulier de la pathologie : tout en ne parlant et en ne décrivant que devant la nature, suprême avantage qui donne à la clinique toute sa puissance.

11 y a dans tout travail scientifique des questions importantes et d’autres questions d’importance secondaire. 11 est bien indispensable, sous peine de confusion, de faire sentir sans cesse que dans les connaissances chirurgicales il y a un premier ordre qui est l’utile, et un second ordre qui comprend les notions historiques, bibliographiques, l’indication des documents, des sources, des matériaux dont on fait usage, etc. Les notes placées au bas de la page, à la fin de chacune des parties, et en petit caractère, recevront tout ce que dans un livre on peut passer à une première lecture, mais que 1 auteur jaloux de ne pas mépriser les enseignements de l’histoire devait placer ici par respect et par reconnaissance pour le passé ; ce sont d’ordinaire des questions peu utiles, mais que le chirurgien instruit ne doit point tout à fait oublier.

CONSIDÉRATIONS ANATOMIQUES SUR LES OS, LES .ARTICULATIONS, LES MOUVEMENTS.

Les os ne sont pas, comme on aurait pu le croire il y a deux mille ans, des leviers inorganiques. L’anatomie, la physiologie et la clinique ont démontré d’une façon surabondante que les os vivaient de la vie commune ; pleins de sang artériel et veineux, pourvus de nerfs accompagnant les vaisseaux, leurs maladies rentrent entièrement dans celles si nombreuses qui atteignent les corps organisés et vivants.

L’os est recouvert à l’extérieur d’une membrane de nature cellulo-fibreuse, peu résistante dans le plus grand nombre des cas, d’autres fois extrêmement forte et comme

tanls, le fémur, l'humérus, etc. C’est là l’état graisseux des os; l’atrophie graisseuse ordinaire chez les vieillards comme chez les jeunes sujets débilités.

Cette atrophie graisseuse explique bien la facilité avec laquelle les os se brisent dans bâge avancé, fait facile à constater, et dans les hôpitaux et à l’amphithéâtre. Nombre de fois nous avons vu, en effet, les os céder sans résistance et se laisser entamer et pénétrer par le couteau dans leurs parties d’ordinaire les plus compactes. L’atrophie graisseuse explique tous les cas, et il n’est plus nécessaire de recourir à la disparition de la trame organique, à la prédominance des sels phosphatiques et calcaires pour expliquer cet état cassant pathologique sénile.

La chimie a démontré qu’une molécule de tissu osseux prise snr le vieillard avait une composition identique avec une molécule de même volume prise chez l’adulte; le tissu osseux estun à tous les âges, sauf l’intervention de maladies spéciales. Mais la dégénérescence graisseuse n’en est pas une ; elle remplace ce qui disparait. La quantité d’os dis ■ paraît, mais cette disparition ne porte aucune atteinte à ce qui en reste ; c’est là une

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