‹ Traité iconographique des maladies chirurgicalesChapitre 2 sur 57 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

certaines portions du pied ou de la main, qui n’ont pas grande vaieur fonctionnelle, au risque de iaisser queiques traces de la maladie, expose le blessé à subir plus tard une seconde opération, quelquefois pius grave que la première.

A cette époque, ii suffisait qu’une opération fût possibie pour que les chirurgiens se crussent obligés de l’entreprendre ; de là des tentatives quelquefois insensées, qui ont beaucoup nui à ia dignité de la chirurgie. — Avant tout, le diagnostic étant bien établi, c’est de l’utilité pour le malade, bien pius que de ia possibilité de l’opération, qu’il faut s’enquérir avant d’agir. — Non-seulement il importe que ia maladie puisse être enlevée tout entière, mais il faut se demander encore s’il y a lieu d’espérer une guérison

MALADIES CHmüÜGICALES.

place, subissent à leur tour des déformations, des rétractions, qui rendent bientôt le pauvre opéré aussi disgracieux qu’auparavanl.

De plus, cet enfant, cette femme, cet être difforme quel qu’il soit, est affreux à voir avant l’opération, il est vrai ; en cas de succès, qu’aucune déception ne se soit jetée à la traverse, il sera infiniment moins laid qu’auparavant, je l’admets, mais comme il lui restera toujours un certain degré de difformité, ceux qui le verront plus tard ne seront point séduits par votre œuvre ; le malade ou ses parents qui avaient d’abord été frappés de la différence l’oublieront, ne songeront plus qu’à ce qui persiste de la lésion première et ne vous sauront presque aucun gré de vos efforts. Il y a donc lieu de se restreindre notablement dans cette catégorie d’opérations qui conserve pourtant encore parmi nous un ardent promoteur dans la main babile de M. Denonvilliers. Ce que je viens de dire des anaplasties s’applique, en partie du moins, aux sections de tendons.

faces articulaires voisines, à un déplacement des os, à une raideur des jointures, à une atrophie, un certain degré de paralysie de tout le membre; or la ténotomie est manifestement impuissante contre de telles complications, et il serait insensé de lui demander autre chose que de détruire une des résistances au redressement des parties. Ajoutez

iuire de plus en plus

à l’aide du bistouri ; est-ce un bien? est-ce un mal? est-ce un progrès ? est-ce un mouvement rétrograde? Non. Ce n’est ni l’un ni l’autre, ou c’est l’un et l’autre, selon qu’on se laissera entraîner par l’abus, ou qu’on se renfermera dans l’usage prudent et légitime de chaque chose.

dans mon enseignement clinique à l’hôpital de la Charité et partout. Passez de là au traité très-savant, assez complet de Malle, puis à l’ouvrage beaucoup plus personnel et mieux fait de M. Sédillot, joignez-y le manuel de M. Malgaigne, abrégé merveilleusement rédigé et qui a eu tant de succès, sans empêcher un petit traité du même genre, dû à la plume de M. Alph. Guérin, et vous vous ferez une idée des perturbations, de la révolution, qui se sont opérées sous n’osyeux, dans le cours de ces quarante dernières années, sans compter l’éthérisation, la plus inattendue comme la plus éclatante des ac-

Je le demande, qui oserait se dire capable dés à présent de composer une histoire un peu sérieuse et complète de la chirurgie, de mettre en relief, avec exactitude et impar-

tialité, l’état actuel de cette science, empruntée à tous les foyers d’où elle rayonne, ù tous les pays qui la cultivent de nos jours avec fruit. Pour juger de la difficulté d’une pareille œuvre, il suffit de jeter les yeux sur les temps passés, si simples pourtant et si pauvres relativement. De ce côté, en effet, que nous reste-t-il, que vqyons-nous? Desiècle en siècle quelques grandes figures : Jean-Louis Petit, Ambr. Paré, plus haut Guy de Chauliac, et quelques personnalités secondaires restées debout, çà et là, au milieu des ruines ou des décombres de leur époque, phares précieux, entourés d’appuis lumineux, et plus ou moins brillants, sortes de boussoles pour ceux qui veulent remonter la chaîne des âges.

Si pour des époques, si peu encombrées, l’esprit est déjà comme écrasé par le poids des difficultés, que diront nos descendants s’ils veulent apprécier les élucubrations des savants d’aujourd’hui? Si les quelques siècles écoulés depuis l’imprimerie entassez produit pour que l’imagination s’en effraye volontiers, que fera-t-on dans les siècles futurs, alors qu’un rayonnement, qui s’étend de plus en plus, qui s’éparpille sur tous les points du globe, qui émerge en quelque façon de toutes les intelligences à la fois, qui menace de couvrir le monde entier des œuvres de chacun et de ne plus laisser de prise à la réflexion! Aforce de se disséminer, par l’excès même de sa diffusion, la lumière ne doit-elle pas craindre en se nivelant de sombrer un jour, de conduire aux ténèbres, de mettre l’avenir dans l’impossibilité d’extraire de nos travaux des vérités assez incontestables pour donner le droit de se vanter d’avoir élevé le niveau de la science? Y aura-t-il en réalité des mains assez habiles, des intelligences assez élevées pour mettre utilement en oeuvre ces matériaux dont nous sommes si fiers, et en construire des édifices dignes de la postérité !

Votre iconographie des maladies chirurgicales aura-t-elle eet imposant honneur ? Vous êtes trop modeste sans doute pour le prétendre ; je n’oserais pas de mon côté l’affirmer; toutefois l’image de chaque maladie, de chaque opération présentée, comme vous le projetez ; une sorte de photographie de nos efforts pris sur nature, aura grande chance, étant bien faite, de traverser les aspérités de l’histoire comme un type de la chirurgie actuelle, sans montrer aux générations à venir les décombres qui se feront autour de vous, mais en leur indiquant comment la science a été entendue et cultivée au

VFXPEAU.

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