UR L’ÉTUDE DES LUXATIONS ET DES FRACTURES
Les articulations dont les mouvements sont libres, indépendants, offrent généralement dans leurs lésions traumatiques plus de variété; ce qui tient à l’union moins intime ■et à l’étendue plus grande des mouvements.
Ces mouvements sont surtout étendus quand une tête articulaire peut rouler librement dans une cavité de réception comme le cotyle fémoral, ou sur une surface moins excavée comme la cavité glénoïde. 11 est alors possible que le membre tourneautour de la cavité de réception, de manière à décrire un cercle complet comme au bras où une surface conoïde de révolution comme au membre inférieur. Cela ne se voit que ■dans les articulations énarthrodiales qui possèdent les mouvements les plus étendus.
Articulations à mouvements angulaires. Au genou, au coude, au poignet, au coude-pied, aux phalanges, les mouvements se font autour d’un axe passant au milieu de l’articulation et perpendiculaire au membre ou au segment de membre. Le mouvement principal est donc un mouvement angulaire ; nous disons le mouvement principal, parce qu’il existe toujours dans ce cas quelques petits mouvements latéraux extrêmement limités, trop peu importants pour rompre l’uniformité de la classification, mais dont la chirurgie doit tenir quelquefois un grand compte. Nous réunissons dans les articulations à mouvements angulaires, le ginglyme angulaire aux articulations condyliennes : cette fusion nous parait justifiée par l’étude réunie de l’anatomie, de la physiologie et des lésions chirurgicales.
Il ne nous reste plus qu’à mentionner les trochoïdes ou articulations cinésiques tournantes. Iln’yen aque deux; l’articulation de l’atlas avec l’axis, et l’articulation du radius et du cubitus.
Ces articulations caractérisées par la dépendance réciproquedeplusieurs articulations qui ne peuvent fonctionner les unes sans les autres, sont extrêmement nombreuses. Ces systèmes sont quelquefois multiples. Ainsi, à la colonne vertébrale, l’articulation de deux os comprend l’articulation des corps, des apophyses articulaires, etc.; et de plus, toutes les vertèbres réunies forment un système articulaire d’ensemhle qui fonctionne pendant la flexion et l’extension de la colonne vertébrale.
Les articulations des deux rangées du tarse, des deux rangées du carpe entre elles, représentent à peu près les mouvements les plus élevés et les plus parfaits de ces cinésies en système, et elles forment la transition vers les articulations à mouvements libres ■et isolés.
Avant d’en finir avec les articulations en système, nous devons faire voir que la classification physiologique est parfaitement d’accord avec les caractères intimes de contact ■et d’union : dans les cinésies associées ou en système, il peut se faire que les articulations élémentaires ne soient formées que d’un ligament fibro-cartilagineux épais qui maintient les deux os à distance et leur permet cependant de s’écarter dans les limites ■de son extensibilité. C’est la syndesmose.