‹ Traité méthodique de géographie du CongoChapitre 25 sur 118 · COUP D'ŒIL HISTORIQUE · texte numérisé non relu

COUP D'ŒIL HISTORIQUE

Période préhistorique. — Les nombreux instruments de pierre, trouvés dans le haut et le bas fleuve, permettent de conclure à l'existence d'un âge de la pierre f ai liée, qui, vraisemblablement, ne fat pas local comme on l'a prétendu, mais embrassa tout le bassin du Congo.

A cette première manifestation de la vie humaine succéda un progrès, rage de la pierre polie, dont les seuls vestiges ont été trouvés jusqu'ici dans le bassin de TUellé.

Quelles furent les populations primitives qui fabriquaient ces instruments? Il est difficile de se prononcer là dessus en toute certitude; mais il est probable que dans ces temps reculés, le pa^^s était occupé par deux races naines : au nord les Négrilles, au sud les Bosjeman, dont les descendants se retrouvent encore groupés en petites colonies dans la forêt.

A une époque indéterminée, une race d'hommes grands, les Nigritiens occupant le Soudan, se mêlèrent aux Khamites (Berbères, Fellahs, etc.) et produisirent les peuples de type Bantu, qui, vers 6000 ans avant l'ère chrétienne (1), fuyant peut-être quelque calamité, peut-être quelqu'invasion, se dirigèrent vers le sud et envahirent toute l'Afrique équatoriale et australe, de rUellé au Cap, de TOcéan Indien à l'Atlantique, Les aborigènes facilement vaincus, cette race grande et forte s'établit en maîtresse dans le pays, où elle apportait sans doute du Soudan l'usage du fer.

(i)D'' Jacques d'après Franz MûUer. BuUeiin de la Société d'anthropologie de Belgique»

D^importantes migrations se prod-jîsîrent parmi ces peuples, suivant deox gT2irAs courants principaux ; l'un du nord au sud, l'antre du sud au nord, modinant encore une izis profondément la constitution des peuplades.

Dans l'Etat c\i Congo, ces cirrérents mouvements avaient produit des mélanges variés, dont les Wakcvdjo *'± de la Semliki nous montrent les descendants. Peut-être les Bal:lo sont-ils aussi d'anciens Bantus.

Période historique. — L'absence de tout monument ou de tout document écrit, limite îorcément la période historique aux migrations dont les peuples ont con5er\'é le souvenir dans leurs traditions. Dans le bassin du Congo, cette période, évidemment tort obscure, semble avoir amené deux migrations principales chez les Bantus. L'une, d'une direction générale sud-ouest nordest, dont les Balu:>as, les Warira et les Walesse ont gardé la mémoire, ne doit pas remonter plus loin que le XVI'^ siècle, car elle semble avoir propagé dans toute la forêt le tabac et le manioc, plantes essentiellement américaines. L'autre, du nord-ouest vers le sud-est, que nous signale le groupe des habitants de la grande boucle du Congo Bangala, Gombés, Elombo, se disant tous venus du nord-ouest (en avant des Fans peut-être), et avant refoulé les Balolos devant eux.

A la frontière orientale de l'Etat, une race de peuples pasteurs venus du nord, les Wahuma, envahissait entre temps rUn3oro et l'Uganda et, s'imposant aux anciens Bantus, formaient d'importants roN^aumes, celui du Kuanda par exemple.

Vers le nord, les Foulah-Sandés abordaient le bassin du Congo et s'établissaient dans rUellé, que n'avait cessé d'occuper plus ou moins, des populations nilotiques.

Enfin dans ces dernières années, l'élément sémitique arabe, venu du Zanguebar, avait prospéré dans la région orientale, amenant un nouvel et dernier élément ethnique dans le vaste Etat.

Des migrations de moindre importance avaient éWdemment lieu sous l'influence de la famine, des inondations, etc. D'intimes mélanges de races se produisirent là où elles se trouvaient en contact, amenant la création de tribus métisses totalement différentes de leurs ancêtres.

L'influence des européens de la côte occidentale,des chasseurs d'esclaves, de la traite, modifièrent encore les mœurs des peuplades, surtout vers la côte, amenant finalement l'ethnographie congolaise à l'état complexe où elle se trouve aujourd'hui.

Actuellement d'ailleurs, les mouvements de peuples ne sont pas encore terminés et dans le sud par exemple, les Kiokos descendent encore lentement, mais de façon continue, les vallées des affluents portugais du Kassaï.

(2) Stuhlmann : Mii Etnin Pacha in 's Hcrz von Afrika.

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