SAISONS
Division. — La zone équatoriale,ou plutôt les parties de celles-ci les plus rapprochées de Téquateur, ne montrent que fort peu de variations saisonnières. La température y est assez uniforme et il n'y a pas de mois où la pluie cesse totalement de tomber.
A mesure qu'on s'éloigne de l'équateur au contraire soit vers le nord, soit vers le sud, les saisons se marquent de mieux en mieux et, arrivé à l'entrée de la zone tropicale, on peut distinguer nettement quatre saisons dont deux grandes et deux petites qui sont:
1° la grande saison chaude ou des pluies: fin février — 15 mai.
2^ la grande saison sèche ou froide: i5 mai— 15 sept.
3® la petite saison chaude et des pluies: i5 sept. — 3i déc.
4° la petite saison sèche ou froide: 3i déc. — fin février.
L'ordre de ces saisons est renversé dans l'autre hémisphère, c'est à dire que la saison des pluies règne dans le nord quand la saison sèche règne dans le sud et réciproquement.
En voici la cause :
Tout autour de Téquateur existe un épais anneau de nuages réuni par les vents alizés soufflant du nord-est et du sud-est. Ces nuages suivent le soleil dans les différentes positions que celui-ci occupe successivement dans les régions équatoriales. C'est ce mouvement qui provoque les 4 saisons du Congo. Lorsque le soleil vient du tropique du Capricorne (sud), où Teau abonde, vers le tropique du Cancer (nord) il provoque la grande saison des pluies.
Quand il quitte ce dernier, où l'eau est beaucoup plus rare, pour revenir à son point de départ, il produit \<l petite saison des pluies. Et lorsque la bague nuageuse est dans un des hémisphères, il va de soi que dans l'autre il y a selon le cas, soit grande, soit petite saison sèche.
Enfin l'oscillation de l'annoau n'étant pas suffisante pour dépasser l'équateur, celui-ci ne reste jamais entièrement privé de pluies, (i).
Ces lois peuvent être altérées plus ou moins par certaines circonstances locales.
La saison chaude ou des pluies, qui serait plus exactement appelée saison des orages, est la mauvaise saison du Congo.
Elle est caractérisée par 1° une chaleur constante ;
2** un haut degré d'hygrométrie ;
3® une faible pression barométrique ;
4° une forte dose d'électricité.
(i; Dr Dryepondt, BuUeiin de la Société d'études coloniales.
Température. — Contrairement à ce qu'on pourrait croire, la température de la zone équatoriale est moindre que celle de la zone tropicale, surtout du nord, par suite de la plus grande humidité de Tair et surtout de la présence de l'anneau de nuages qui tamise les rayons du soleil pendant le jour et modère le rayonnement nocturne, évitant ainsi les froids de la nuit.
Les observations faites sur toute retendue de l'État, mais dont la durée ne permet pas encore de déduire des données certaines, offrent les résultats suivants :
région côtière
région centrale
maxima mensuels
(Banana avril 27°. 7
Matadi mars So**. 5
Léopoldville, avril 26^. 9
ÎEquateurville, février 25°. 6 Bangala février 28°.
maxima absolus novembre 37° avril 38^
avril 36^. i
avril 34°. 5
février 3oo 01
novembre 36^
région supérieure ( Katanga id.
Le maximum absolu observé dans l'Etat, a été à Matadi 38° vers novembre.
A cette époque le soleil est d'aplomb. Revenant du tropique du cancer et accompagné dç moins de nuages que lorsqu'il revient du tropique du capricorne, le ciel est plus clair et la chaleur plus forte.
Ces températures ne sont accablantes que vers le milieu du jour, de onze à trois heures. Ce sont les heures pendant lesquelles il est bon de se soustraire . à l'influence dangereuse du soleil et de prendre un repos indispensable dans un endroit rafraîchi par la brise. La différence entre le jour et la nuit est très peu marquée, elle est en moyenne de 8° à 10°, les nuits conservant une température moyenne de 20° à 24". Toutefois, même à cette température, elles sont très reposantes.
En compprant cette température à celle des régions tropicales nord de l'Afrique, on voit que la difï;rence de température est énorme : à Souakim et à Massuah par exemple en juillet et août, la température moyenne de la journée atteint 45° et même 48° ; celle des nuits 42^.(1)
Hygrométrie. — La tension de vapeur ou quantité de vapeur contenue dans l'atmosphère, se développant par Texcès d'humidité de l'air, atteint son maximum pendant la saison des pluies. C'est elle qui fait distinguer surtout les saisons.
Elle atteint pendant les 6 mois de fortes pluies une tension moyenne de i5 m. 5 à Banana et de iy^2y à Vivi,
L'humidité relative de l'air varie de 75"^i à Vivi à 79^6 à Bolobo>
L'état hygrométrique de l'air a pour effet d'altérer la teneur de l'air en oxygène et de modifier ainsi la respiration, qui veut une certaine pression de ce dernier gaz pour se faire normalement.
(i; Dr Allait, Mouvetnent Géographique.
Pression barométrique, — La pression barométrique est d'autant plus faible que la tension de vapeur est plus grande, puisque cette dernière se substitue à Tair sec et est plus dense que lui.
La moyenne de la pression barométrique pendant les 6 mois de chaleur et d'humidité varie de 5i"'6 à 46^5 (minimum absolu d'avril).
Orages et pluies, — C'est une erreur de croire que pendant la saison des pluies il pleut continuellement. Il n'en est rien : il y a, deux ou trois fois la semaine, de formidables orages appelés là-bas « tornades » accompagnés de pluies diluviennes, il est vrai, mais qui ne durent que deux ou trois heures, après quoi le ciel devient serein (i). L'air est, pendant la période de pluies, chargé d'électricité, surtout en mars et en avril et presque tous les soirs des éclairs sillonnent l'atmosphère dans diverses directions. Les tornades sont parfois accompagnées de grêles.
Le pluviomètre a donné jusqu'ici comme chute d'eau :
Maxima mensuels Nombre de jours Orages pendant Tannée
Banana novembre 201 m. 5 5o 19
Léopoldville avril 254 » 80
Bolobo décembre 334»5 » »
Equateurville novembre 144 jours 62
Tanganika avril 265, o ia3 id. »
Katanga 146 id.
Le régime des pluies est très variable. On peut cependant déduire des observations, que dans la région tropicale il pleut pendant 8 mois de Tannée et que pendant les quatre autres mois, il ne tombe aucune quantité mesurable d*eau.
Le maximum de chute d'eau paraît être en avril et en novembre, avec l'intervalle de la petite saison sèche.
La fréquence des pluies paraît augmenter de la côte vers l'intérieur. Ce fait plus nettement marqué vers le sud que vers le nord, s'explique par le passage des nuages venant du continent, c'est à dire de l'est, sur les régions montagneuses qu'ils rencontrent avant d'arriver au littoral. (4)
En 8 mois la chute d'eau en Belgique est 487.3 mm.
id. Conijo est 1122 09 soit plus du double (2.3)
Les mois les plus mauvais de la saison des pluies dans l'hémisphère austral, sont ceux de mars et avril.
La Saison sèche ou froide est une saison réconfortante et agréable, qui commence vers le i5 mai pour finir vers le i5 septembre. Sa température et la tension de vapeur s'abaissent beaucoup, la pression barométrique augmente et la pluie, sauf dans la région équatoriale, disparaît
(i^ Dr. Dryepondt, Bullclin dâ la Société d'Etudes coloniales.
(2) Dr. Poskin, Bulktin de la Société Royale belge de Géographie-
.|aIors assez bien l'été des pays
•WR.-ÏE^.-îfe^.-*- -S-.- S.- -S- «Ç» «Ç» «Ç» «W.
minima absolus
juillet lO^Ô
id. 17"
id. 1508
avril 23n8'
a\ ril 26°8o
juin io°5o
juillet 005'
ûsqu'ici, l'a été à Ntenke cS' '^ytÊïtin, nécessitant même l'emploi de re le sol et ne se dissipe
que vers lo heures du matin. L'après-midi, généralement sans nuages, ne donne pas une chaleur incommode et la soirée, un peu fraîche, est splendide et reposante. La nuit est froide.
Sur les hauts plateaux du Katanga et des monts environnants le lac Kivu^ le froid est parfois si vif, que les indigènes souffrent cruellement et que même on observe la gelée.
Hygrométrie. — L'humidité relative de Tair pendant cette saison est maximum en avril et en septembre. Elle varie de 84** à 56°3. La tension de vapeur est de i3 à i5.5.
Pression barométrique. — Le maximum de pression pendant les 6 mois de la bonne saison varie entre 60 et 63**. (maximum obtenu en juillet).
Orages etphties. — Ils disparaissent presque complètement dans la région tropicale pendant les mois de mai à septembre. Dans la région équatoriale la pluie continue comme l'indique le tableau ci-dessus :
Banana
Léopoldville
Bolobo
Equateurville
Tanganika
Katanga
mai
sept.
août
juin
juillet
chute d'eau
en jours soit 60 jours de pluie
i37Jours sans pluie du 25avril au g septembre 1892.
Il ressort de là, que les pluies deviennent de plus en plus fréquentes à mesure que Ton va du sud vers Téquateur, chose que nous avons déjà expliquée précédemment.
La partie la plus saine et la plus agréable de la saison sèche, est formée par les mois de juin à septembre. Mai et octobre sont des mois de transition.
Vents et Brises. — La chaleur du soleil, tamisée déjà par les nuages, est encore tempérée par des brises qui se levant à des heures variables avec les localités, empêchent Pair de devenir étouffant.
A la côte la brise de mer apparaît vers i heure ; à 3 heures à Borna. C'est une brise très rafraîchissante, parfois même assez forte. Il y a en outre dans le Bas-Congo de forts vents qui surviennent le soir vers sept ou huit heures et durent quelques heures.
Sauf dans la partie orientale et méridionale de TEtat, les vents dominants sont, dans toute la région supérieure et la région centrale, ceux de l'ouest et du sud-ouest, qui représentent plus des deux tiers des vents régnants. Les matinées sont généralement calmes, mais au milieu du jour la brise de terre se lève et dans la soirée, surtout dans la saison sèche, le vent d'ouest est assez fort.
Dans le Katanga, c'est la brise fraîche du sud-est qui est presque journalière pendant la saison sèche.
RÉSUMÉ CLIMATOLOGIQUE COMPARATIF DE Li^ BELGIQUE
ET DE L'AFRIQUE ÉQUATORIjJLE
d'après le Df POSKIN.(i)
Eléments elimatologiques
Valeur moyenne
Idem en Afrique
A Bruxelles
Equatoriale
Hauteur barométrique moyenne
la plus élevée
la plus basse
Température moyenne de Tannée
la plus élevée
la plus basse
Maximum thermique absolu
as''
Minimum
Ecart des termes moyens
Ecart des termes absolus
Vents dominants (prop. s. loo)
S.fl.(3fl)0(n)S.(n)E.(11)
Humidité relative de l'air, p. c.
Hauteur de pluie tombée
Hauteur maximum
Hauteur minimum
Orages