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IV. — L'ENCLAVE DE LADO

Le 12 mai 1894, l'Etat du Congo^ la compagnie à charte « Impérial British East African Company », signait avec celle-ci une convention par laquelle lui était cédé à bail pendant la durée du règne du roi Léopold II, les territoires situés entre la crête de partage Congo- Nil au sud, le 25** longitude est de Greenwich à l'ouest, le lo* parallèle au nord, et le Nil et le lac Albert à Test. Mais les protestations de la France vinrent restreindre l'étendue de ce territoire, et l'action politique de l'Etat y fut définitivement arrêtée comme suit!

Territoire cédé à bail pendant le règne du roi Léopold II :

D'un point situé au sud de Ma-

hagi sur le lac Albert, jusqu'à la

ligne de faîte Congo-Nil ; celle-ci jusqu'au io^ de longitude est de

Greenwich. Ce méridien jusqu'à sa

rencontre avec le parallèle de 5^ 3o'

et ce parallèle jusqu'au Nil, d'où

la frontière suit le cours jusqu'au

lac Albert.

en pourparlers depuis 1891 avec

Carte XIIL — L'Enclave de Lado, d*après Wauters.

Territoire cédé à bail tant que le Cougo restera Etat Indépefidant ou colonie belge :

Une bande de 25 kilomètres de largeur allant de la ligne de faite Congo-Nil jusqu'au lac Albert et comprenant le port de Mahagi.

Géographie physique. — Orographie. — La partie orientale de la région, appartient au système de la grande crevasse centre-africaine. Nettement dessinée sur les rives du lac Albert où les montagnes tombent en pentes raides dans la dépression, elle diminue progressivement d'importance en formant les Monts Bleus et ne se signale plus au nord de Wadelaï que par de faibles reliefs, La partie sud-ouest est formée par le versant nilotique du plateau des Niam-Niam, qui présente le même aspect de collines isolées, décrit précédemment.

Hydrographie. — L'enclave de Lado appartient entièrement au bassin du Nil. Le lac Albert et le Nil qui forment la frontière orientale, constituent une superbe voie, navigable en tous temps aux steamers jusque Dufilé. De Dufilé à Lado le fleuve est barré par des rapides qui ne sont franchissables qu'aux hautes eaux.

Le pays est sillonné par une foule de rivières de peu d'importance, cours supérieurs des affluents du Nil ou du Bahr-el-Arab. Citons la plus importante: la rivière Yéi.

Ethnographie. — A part les Makrakras^ toutes les populations appartiennent au groupe nilotique. (Voir carte ethnographique.) Jadis d'une densité assez grande, elles ont eu beaucoup à souffrir des invasions madhistes.

Aussi le pays offre t-il maintenant de vastes parties désertes.

Les principaux peuples sont les Makrakras, les Madi et les Bari.

Les Makrakras. — (Voir page 8 1)

Les Madi sont des tribus Shilluk.

Les Bari qui occupent le nord de la région, sont remarquables autant par leur taille et leur force que par leur démarche fière.

Leurs villages, dispersés dans la savane, sont propres et bien construits.

On retrouve chez eux les petits greniers circulaires où ils abritent les provisions.

La principale occupation des Bari est la culture des champs de millet et rélevage sur une grande échelle de bœufs de petite taille.

Mais ce sont aussi de redoutables guerriers qui ont la réputation d'être les plus braves des riverains du Nil.

Géographie politique. — Administrativement, l'enclave de Lado lait partie de la zone des Makrakras, district de VUcllé. D'après la convention anglo-congolaise, il doit être fait usage dans le territoire cédé à bail, d'un pavillon spécial. ;

Elle est en ce moment le théâtre des opérations d'une importante expédition partie des Stanlcy-Fal!s avec mission d'occuper la province

et de Torganiser défensivement, de façon à prolonger la ligne de défense de rUellé, de Dongu jusqu'au Nil.

Les stations et postes fondés jusqu'ici sont : Vatako, Rimo, Wandi^ Gumbiri sur les routes allant au Nil ; Dufilé, Labore, Muggi, Redjaf et Lado sur le fleuve.

Géographie économique. — Les ravages continuels des Madhistes dans ces dernières années ont dévasté la région, surtout dans sa partie septentrionale, où, comme nous l'avons dit, de vastes espaces ne portent plus trace ni d'habitant, ni de culture. Mais Tère de calme qui s'ouvrira d'ici peu, permettra à la vaillante population de refaire ses plantations pour l'époque, où la voie du Nil devenant ouverte, permettra de mettre en valeur ces territoires. .

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