‹ Traité méthodique de géographie du CongoChapitre 70 sur 118 · GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS

Le but essentiel de toute entreprise coloniale est l'amélioration des conditions économiques de la métropole par la création de débouchés nouveaux pour ses produits et ses nationaux et par Vexploilation des richesses de la colonie.

Cette exploitation doit-elle encore, comme la fondation, être Toeuvre du gouvernement ou être abandonnée entièrement aux colons? Sans aucun doute la colonie est faite pour être mise en valeur par l'initiative privée, capable d'en tirer tous les produits commerçables, car les opérations faites dans un but purement lucratif seront plus fructueuses que celles que l'Etat pourrait faire. Il est désirable d'y voir à côté des simples particuliers, à côté de petits établissements indépendants, de grandes sociétés commerciales, de puissantes compagnies industrielles ou agricoles capables par leur solidité, de résister à une crise passagère. Mais dans certains cas cependant, lorsqu'une industrie pouvant devenir une source de richesses futures pour le pays, se présente dans des conditions trop onéreuses au début pour que l'initiative privée puisse l'établir, l'Etat a le devoir de l'organiser à son compte, d'en prendre les charges et les risques, quitte ensuite à en bénéficier directement en la continuant et indirectement en en facilitant la propagation parmi les colons.

Quelle est la politique économique que doit suivre la métropole visà-vis de sa colonie?

Quelqu'en soit le genre, celle-ci a toujours besoin de capitaux. Ces derniers doivent être fournis par la métropole; parfois le colon les amène mais le plus souvent ces capitaux sont insuffisants; la création d'établissements de crédit simpose alors. Comme le crédit ne se commande pas» la loi ne peut faire sentir son influence qu'en donnant

confiance aux capitalistes, par Torganisation simple, claire et sûre des contrats de gages ou de contrats analogues. Plus les droits du créancier sont certains, plus il sera disposé à prêter ses capitaux pour la création des entreprises qui se feront dans le pays.

En matière commerciale, cette politique doit plus que jamais être libre -échangiste. Il faut fournir à la colonie le moyen d'accomplir ses transactions le plus facilement, le plus économiquement, le plus fructueusement possible, et laisser ensuite à son activité et à son initiative, toute liberté. On a voulu jadis, par un faux calcul, être protectionniste pour profiter de la colonie. C'était une erreur. Si sur certains produits l'industrie nationale n'est pas à même de lutter avec l'étranger, si donc elle ne recueille pas de bénéfice immédiat de l'entreprise, les colons, eux, qui sont en majorité .des nationaux,. ( comme le commerce, le colon suit le pavillon) en profiteront. Or, qu'importe au pays que ce soit ses industriels ou ses colons que la colonisation enrichisse? Les uns et les autres ne communiquent-ils pas la richesse à la métropole en venant y dépenser leur fortune?

En résumé, la politique économique de la métropole doit se prévaloir d'un principe permanent : Il faut fournir largement à la colonie les instruments de travail qui peuvent lui donner la richesse et, cela fait, la réglementer le moins possible, (i)

C'est en se conformant constamment à ce principe qu^elle pourra amener rétablissement qu'elle a créé à une situation économique florissante, qui sera la meilleure justification de sa fondation.

L'étude de la géografiliie économique de l'Etat du Congo nous permettra d'examiner si ce pays renferme les éléments de richesse indispensables, pour que leur gérance d'après les règles que nous venons d'exposer, ait de chances de succès.

Nous étudierons successivement les produits créés par la nature et exploités par le travail humain, c'est-à-dire : Vagriculture, Yinduslrie et le commerce.

(i) D'après Joseph Chailley-Bert, Dictionnaire d'économie foîitiqnt.

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