LA MER TERTIAIRE ET LES ALLUVIONS TERTIAIRES ET QUATERNAIRES
Une mer intérieure s'étendait donc sur tout le Congo, pendant les époques secondaires et tertiaires, recevant tous les affluents de la région qui venaient y jeter leurs eaux chargées de produits érodés. Par suite des pluies diluviennes, le niveau de la mer monta au point d'atteindre au début de Tépoque quaternaire le seuil le plus bas de la chaîne des Monts de Cristal, seuil par où les eaux commencèrent à se déverser dans TOcéan.
La différence de niveau étant énorme (i) le torrent attaqua énergiquenient le massif montagneux et s'y creusa rapidement une profonde gorge d'écoulement. Le niveau du lac baissa rapidement et en s'écoulant, l'eau, entraîna avec elle des sédiments qui recouvrirent d'un immense dépôt superficiel, la majeure partie du bassin. Ce dépôt qu'on retrouve sur le flanc des vallées est formé d'alluvions argilo-sableuses, grises, jaunes ou rouges, reposant sur un lit de cailloux roulés. Elles renferment généralement une forte proportion d'hydroxyde de fer, qui se concrétionne souvent en noyaux et même en bancs de limonite, d'aspect scoriacé, utilisés comme minerais de fer.
Le lac subit pendant son écoulement divers arrêts, correspondant à une dureté plus grande des roches rencontrées dans le travail d'érosion.
L'un de ces derniers niveaux fut celui que nous figurons sur notre carton I (carte II) (4) et qui acheva de s'abaisser en laissant écouler les eaux par le col de Zinga.
Les vallées secondaires du bassin eurent presque toutes une histoire analogue.
Nous citerons particulièrement les vallées du Luapula, de la Lufira, du Lualaba, du Tanganika, du Kassaï et de l'Ubangi.
La vallée de la Semliki est dans le même cas (3).
Actuellement la période d'érosion n'est pas encore achevée, le fleuve creuse toujours son cours partout où il rencontre des obstacles ; achevant de vider les derniers restes de la grande mer intérieure (lac Tumba, Léopold II et le Congo lui-même au dessus de Téquateur), et les lacs secondaires (Banguelo et Moëro).
Dans son travail il dépose des alluvions quaternaires, qu'on signale aux
(i) Lachaiuedes Monts de Cristal devait avoir alors une altitude de beaucoup supérieure à celle qu'elle a maintenant, puisqu'on observe les couches de grès blanc à plus de 1000 m. d'altitude.
(2) D'après Wauters.
v'3) Un formidable torrent, pro luit peut-être par l'éruption des Monts Fumbiro, rompît le chaînon granitique qui unissait le Ruwenzori aux Mitumba septentrionaux et forma la plaine de Semliki.
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Moèro, Banguelo, sur le moyen Lualaba.le haut-Congo, le Kassaï et Testuaire du fleuve.
Le même phénomène se présente sur le lac Albert pour la Semliki.
Formations superficielles. — Le sol superficiel du Congo est formé en dehors des roches compactes :
i° Des produits de 'Paltération sur place des roches granitiques ou paléozoïques, qu'on rencontre sur tous les hauts plateziux de la ligne de faîte Congo-Zambèze. Ce sont des terres argilo-sableuses, généralement colorées en gris, en jaune ou en rouge-brique fort peu répandues. Elles sont assimilables à la latérite de l'Inde.
2° Des dépôts alluviaux du flanc des vallées, (v. page i6).
3^ Des alluvions du fond des vallées, (v. page i6).