G. — PLANTES OLÉAGINEUSES
L'ElaTs. — Le palmier elats (élaïs guineensîs) ou palmier à huile est un arbre pouvant atteindre 25 à 3o mètres de hauteur. Il est couronné par une vaste touffe de feuilles et porte des grappes ou régime de fruits dWe longueur de 0.80 à i mètre et pesant de 3o à 40 kilogrammes.
Les régimes contiennent de 3 à 400 amandes formées d*une partie charnue et d'un noyau. De la partie charnue on retire une huile prenant en Europe la consistance du beurre et se composant d'oléine et de palmitine. Cette huile est utilisée dans l'industrie pour la fabrication du savon et des bougies et le graissage des machines.
Le noyau ou a coconot» fournit une huile comestible de qualité supérieure.
Aire de dispersion et centres de cultures. — Le palmier élaïs croît spontanément au Congo en quantité considérable ; son habitat naturel est limité à peu près au nord par le 5* parallèle et au sud par le lo* parallèle sud.
Toute la région forestière tropicale semble lui convenir, seule l'altitude parait arrêter sa croissance. Il semble préférer les sols sablonneux et est d'une plus belle venue dans la forêt que dans la savane. Presque tous les villages indigènes, aussi bien du haut que du bas Congo, en font des plantations plus ou moins importantes.
Districts du Bas-Cougo. — La presque totalité de Thuile de palme exportée actuellement du Congo provient des districts de Banana et de Boma, où le palmier existe dans toute la forêt du Mayombe et des îles du Bas-fleuve. Les indigènes, parfaitement au courant de sa valeur, se livrent à une exploitation régulière.
Les districts du Haut-Congo sont provisoirement moins productifs, l'insuffisance des communications dans la région des cataractes empêchant l'exportation. L'élaïs y abonde cependant ; on le trouve dans les ravins boisés des districts dos cataractes, du Stanle^'-I'ool et du Kwango, plus rare vers le lac Léopold II et le bas-Kassaï, dans les districts des Bangalas, de l'Equateur, de TAruwimi et surtout des Stanle3'-Falls.
Entre le Lomami et le Sankuru on peut en voir d'anciennes plantations indigènes comptant jusque So.ooo pieds.
Rapport. — La culture tle Têlaïs se borne à ]>lanter et à émonder super ficieUement le palmier tous les ans. La main d'œuvre est donc presque nuUe.
Tn jeune pied commence à prtKiuire au lK>ut de la cinquième année, rapportant enviion 5 fiuncs par an.
Si on abandonne la culture aux indigènes* ceux-ci livrent leurs produits au prix de 17 francs pour Thuile el lo fiancs jH^ur les noix, les 100 kilos La valeur à Anvers en est, actuellement, de : huile. 43 fr. 5o ; noix, 2 S francs les 100 kilos.
Avenir* — L*Ktat du Congo a exporté en iSoô, 1481 tonnes d*huile de palme et 4574 tonnes de noix palmistes,
LVLùs est appelé aussi ;V devenir un des grands objets de transaction de la colonie.
Les quantités consivloraMes que fournit la zone maritime permettent de pivvoir rimmenso dèvelopix^ment que prendra ce commerce avec Tachèv^emont du chemin de for.
Mais la culture de la plante est trop facile pour qu'elle doive être Tobjet de plantations par des Européens, Le rôle de ceux-ci sera plutôt d^abandonner
la culture aux indigènes et de transformer sur place leurs produits en huile, qu'ils vendront à des prix extrêmement rémunérateurs.
Les fabriques belges utilisent annuellement lo.ooo tonnes d'huile de palmes provenant des Indes Anglaises.
L'arachide est une petite papillonacée de 3o à 40 centimètres de hauteur, qui fructifie 2 ou 3 fois par an. Ce fruit, qui pousse sous le sol et a la forme d'une gousse allongée renfermant deux ou trois semences de la grosseur d'une noisette, donne 45 **/o de son poids d'une huile comestible excellente, dont on se sert pour falsifier l'huile d'olive. L'huile d'arachide se prête aussi à l'éclairage, à la savonnerie etc. Le tourteau d'arachides, résidu de la fabrication, fournit un bon engrais et une nourriture de bonne qualité pour le bétail.
Centres de culture. — L'arachide veut un sol sablonneux, léger, aussi partout où règne la savane, le terrain lui convient admirablement.
Districts du Bas-Congo. — Presque toutes les arachides exportées du Congo proviennent de la région maritime, où les indigènes les cultivent en assez grandes quantités.
Districts du Haut-Congo. — Pour les raisons données déjà pour l'élaïs, ces districts n'ont pu encore prendre part à l'exportation de l'arachide qui forme une des richesses de nombre d'entre eux. Citons parmi les principaux ceux des cataractes (surtout dans la région Manyanga-nord), du Stanley-Pool, du Kwango et du lac Léopold II, où les cultures indigènes donnent d'abondantes récoltes. Viennent ensuite les districts du Kassaï, du Lualaba et des Stanley-Falls.
Rapport. — L*arachide du Congo ne nécessite comme culture que le simple grattage d'un sol pauvre, sur lequel on jette ensuite les graines au hasard. La récolte est énorme ; elle varie de 80 à 100 hectolitres à Thectare. L'arachide vaut en Europe environ 3oo francs la tonne.
Avenir. — L'arachide, très employée dans la parfumerie et comme succédané de Thuile d*olive, est encore une plante du plus grand avenir pour le Congo. Elle présente en effet l'immense avantage de mettre en valeur les terres qui sont impropres à presque toutes les autres cultures. Mais, comme l'élaïs, Tarachide doit être abandonnée à Tindigène, qui la produit déjà d'ailleurs sur une grande échelle. Grâce à des tarifs de faveur, le commerçant pourra aller la chercher dans le Haut-Congo et l'amener sur les marchés européens, où elle fait l'objet d'un commerce des plus florissants.
L'Etat du Congo a exporté en 1896, 1875 kilog. d'arachides. (1).
Le panza (pantaclethra), bel arbre à grandes gousses renfermant de grosses graines oléagineuses, croît avec abondance dans toute la région forestière de l'Etat. Cette plante convient fort bien pour ombrager les jeunes
(x) Marseille est le principal marché d'arachides.