‹ Traité méthodique de géographie du CongoChapitre 81 sur 118 · F. — PLANTES TEXTILES · texte numérisé non relu

F. — PLANTES TEXTILES

Les plantes textiles du Congo sont très noiubrcuses Les principales sont : le coton ^ la ramie, \2l fibre de raphia et le chanvre.

Les cotonniers du Congo sont le gosypium animxluni et les cotonniers herbacés et arborescents, qui trouvent dans le pays des conditions extrêmement favorables à leur développement.

Cette plante existe au Congo à Tétat sauvage et cultivé, dans le Manyéma où elle couvre la savane, dans les régions au nord du Bomu où elle est dispersée sur de vastes espaces et dans le Bas-Congo, la région des cataractes et le Kassaï. Le coton, de l'espèce « courte-soie » en est excellent, mais n'a pas encore été exporté jusqu'ici. Les variétés cotonnières pourront encore être améliorées par la suite.

La consommation cotonnière de la Belgique était en 1893, de 35,ood tonnes.

La ramie est une ortie vivace, ressemblant un peu au chanvre, mais atteignant sous les climats humides et chauds des tropiques, 2 à 4 mètres

de hauteur. Pouvant fournir jusqu'à 6 récoltes par an, c'est un végétal des plus précieux par la qualité du textile qu'il fournit, plus élastique que le lin et le chanvre et incorruptible dans Teau. L'espèce tirtica nivea, importée au nombre de 3o plants à Borna en 1896, a réussi au delà de toute espérance, au point d'avoir produit à l'heure qu'il est près de 10,000 plants. Ce résultat dit assez la vitalité de cette plante qui pousse comme de la mauvaise herbe dans tous les terrains un peu fertiles et humides.

La ramie, quoique ne se décortiquant pas encore facilement, est appelée à prendre une grande importance dans l'industrie textile.

Le raphia vinifera, palmier donnant des feuilles fibreuses, est répandu d'une façon générale dans toute la forêt équatorialc. Il abonde surtout dans les forêts du Haut-Congo, du Lualaba, de l'Aruwimi et du Kassaï. Il fournit des fibres employées dans la brosserie.

Le chanvre est au Congo une herbe de plusieurs mètres de hauteur, analogue au chanvre d'Europe, mais donnant une fibre de moins de valeur. Il y croît à l'état sauva-^^ et à l'état cultivé, surtout dans les districts du Kassaï et du Sankuru où les indigènes le fument avec passion.

Cette plante exige une bonne terre d'alluvions épaisses, riche en humus.

Le Piassava, fibre dure, très employée dans la brosserie est fourni par le palmier ^//a/^a fumfera. C'est un textile de rapport, valant 3oo fr. la tonne.

Aces plantes s'en ajoutent d'autres, parmi lesquelles nous citerons: le borassus^ Vagave, Yéiaïs, le baobab, le papyrus, le cocotier, etc.^ toutes venant très-bien au Congo.

Avenir. — Les tektiles n'ont pas encore été commercialement exportés en Belgique. On peut cependant prédire avec certitude à deux d'entre eux un brillant avenir. Au coton d'abord, qui avec l'arachide sert à mettre la savane en valeur. Ce coton, la Belgique en a besoin ; elle en importe chaque année 85, 000 tonnes dont 35, 000 pour ses nombreuses filatures, et lorsque la culture cotonnière aura été organisée au Congo, il est hors de doute que c'est là qu'elle ira chercher cet important produit. A la ramie ensuite, à ce nouveau produit qui vient seulement d'entrer dans la vie industrielle, mais qui y créera de profondes modifications. Les autres textiles, sans devoir renoncer à une certaine importance, n'atteindront pas le développement des 2 premiers.

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