‹ Traité méthodique de géographie du CongoChapitre 85 sur 118 · I. AUTRES PLANTES · texte numérisé non relu

I. AUTRES PLANTES

L'inépuisable végétation tropicale fournit encore au Conga une fqule d'autres plantes utiles dont nous nous bornerons, en attendant qu'on en tire profit, à citer les noms des principales.

Ce sont parmi les épiccs et les denrées coloniales : le muscadier, le giroflier, les poivres dioers (gingembre, piment, maniguette de Guinée), etc.'; parmi les plajites mJdiciualcs : le baobab, la fève de calabre, le taviarin. Values, le cubèbe^ Vagav:, Veuphorbia caiidelabrum, etc., etc.

2^ Cultures aHmentaires.

Les cultures industrielles ne vont pas sans nécessiter l'emploi d'un nombreux personnel blanc et noir dont la nourriture économique impose des cultures alimentaires.

Le fond de la nourriture du nègre du Congo (voir ethnographie) est le manioc, le mats, le ri::, le sorgho, le viillct, la pat j te douce, V igname, la banane et l'arachide.

Parmi ces plantes, certaines ont été vues au chapitre précédent, d'autres entrent pour une part relativement faible dans l'alimentation indigène.

Nous n'étudierons donc que les plus importantes.

Le Manioc (variété usitée : manihot utilissima), est une herbacée d'un à trois mètres de hauteur, donnant d'énormes racines de 20 à 40 centimètres de longueur et de la grosseur du poignet, qui contiennent une grande quantité de fécule (5 fois plus que le froment).

Il en existe deux variétés : la première, à tige verte, douce et inoffensive, est la plus généralement répandue ; la seconde, à tige rouge, est amére et véiîéneuse et provoque de véritables ivresses et même des empoisonnements.

Les principes toxiques que présente cette dernière espèce peuvent être facilement éliminés.

Le manioc est répandu dans presque tout l'Etat et y constitue la base de la nourriture du noir. Il la consomme en farine ou en pain de chikwange.

Presque toutes les tribus nègres en produisent et défrichent annuellement à cet effet de grandes parties de la forêt.

La variété douce est la plus cultivée, sauf chez les Niam-Niam, quoiqu'elle ait un rendement inférieur à l'autre. Cette précieuse plante exige un terrain gras et très fertile qu'elle épuise rapidement, mais elle est d'une production étonnante (1). Donnant dans le Kassaï jusqu'à i5 à 25 kilos de tubercules par plant, on peut estimer à 40.000 kilos par an la production d'un hectare, production suffisant à la nourriture de 40 noirs environ.

Le manioc est non seulement la nourriture la plus substantielle et la plus çeonomique à donner aux nègres, mais il sera encore susceptible plus tard d'un graiid commerce. C'est lui en effet qui sert à fabriquer le tapioca qui vaut en poids 35 ''/o de la matière première et dont l'exportation des Indes et du Brésil est des plus conséquentes.

(i) Planté au début de la saison des pluies, il produit au bout d'un an et demi cinq ou six racines de 20 à 40 centimètres de longueur et de la grosseur du poignet.

Le maïs (zea-mays) est une graminée des plus répandues dans tout le Congo. Très rustique, d'une culture facile, il donne annuellement deux récoltes dans le bas Congo et jusqu'à trois et quatre dans le haut fleuve.

C'est une céréale très nourrissante, fort goûtée des noirs, qui mangent les épis rôtis ou bouillis, et des blancs qui en mélangeant sa farine à celle du manioc, se fournissent un pain d'assez bonne qualité. Il donne 2000 pour i.

Les tiges de maïs servent de fourrage au bétail indigène.

Le riz est une graminée ressemblant un peu à notre avoine. Importé au Congo par les Arabes, il y présente deux variétés :

Le riz des Indes (priza saliva), qui veut un sol inondé ou très abondamment arrosé depuis les semailles jusqu'à la récolte ;

Le riz des montagnes {priza montana), qui a tous les caractères botaniques du riz des Indes, dont il diffère uniquement par le choix de son habitat ; il aime un terrain léger qui ne soit pas trop chargé d'eau.

Le riz existe au Congo dans le Manyéma et partout où les Arabes ont passé, ainsi que dans TUellé et dans les plaines de Bunkeia. Les indigènes de ces contrées le prisent beaucoup, surtout ceux du Manyéma. Ceux des autres régions n'y tiennent pas énormément.

Des rizières ont été établies dans plusieurs stations de l'Etat : à Bangala, à Basoko, à Ibembo, sur le Lomami, etc. avec le plus grand succès. Les rives des districts de la région centrale et particulièrement celles du lac Léopold II, de la Fini, du Lomami, du bas Lualaba et des affluents du Shiloango, conviennent admirablement à cette culture, qui deviendra sans doute dans la suite un grand objet d'exportation.

Le sorgho est une graminée de 5 mètres de hauteur en moyenne, dont les graines donnent une farine de bonne qualité et servent aussi à faire une bière appelée pombé. Quoiqu'existant dans tout le centre et l'est de l'Etat, elle ne se trouve en grandes cultures et n'est beaucoup consommée par les noirs qu'à Test du Lomami, dans TUellé et le Katanga.

Cette plante aime un sol assez fertile et un climat à longue saison sèche ; elle convient donc à la savane.

Le bananier est une plante herbacée et vivace atteignant de 4 à 6 mètres de haut. Les fruits forment des grappes ou régimes pouvant peser jusque 40 et 45 kilogrammes Ces fruits sont très nutritifs et très appréciés aussi bien des blancs que des indigènes, qui en consomment de grandes quantités.

Le bananier est répandu dans tout le Congo équatorial, où il trouve le climat chaud, égal et humide, le sol fertile et frais qui lui conviennent. II n'existe pas au Katanga. D'une croissance extraordinairement rapide et facile, il donne, en grandes cultures, de 3o à 5o tonnes de fruits par hectare. Ceux-ci sont destinés peut-être à devenir un objet d'exportation.

L'igname et lapatate douce sont deux herbacées donnant des fruits féculents

assez semblables, comme goût, à nos pommes de terre. Très saines et très nourrissantes, d'une vitalité, d'une production étonnantes, elles produisent plusieurs récoltes par an, certains plants d'igname portant jusque 26 kilog. de fruits. Ces deux plantes sont, avec le manioc, les produits les plus cultivés du Congo.

Le mil let et l 'éleuséine sont des graminées de beaucoup moindre importance, cultivées dans Test et le nord.

Le froment. Le froment n'est répandu que dans la partie sud et est de l'Etat, Manyéma et Katanga. Il y en a plusieurs hectares de semés dans la plupart des stations du Tanganika, à Nyangwe, Kassongo et à Lofoï. Les récoltes y sont très belles et fournissent aux blancs de ces régions, un excellent pain. On essaye en ce moment d'acclimater cette variété de froment dans le Congo central.

Plantes potagères. La culture des plantes potagères est, avec celle du froment, de la plus haute importance au point de vue du confort et de l'hygiène des Européens.

Chaque station, chaque poste, est entouré d'un grand potager ou croissent à côté des meilleurs produits maraîchers de la flore africaine, la plupart des légumes européens.

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