‹ Traité méthodique de géographie du CongoChapitre 88 sur 118 · A. LE CAOUTCHOUC · texte numérisé non relu

A. LE CAOUTCHOUC

Le caoutchouc est un suc, formé de divers hydrocarbures, qui découle de plusieurs espèces d'arbres et de lianes, croissant en abondance dans les régions voisines de Téquateur et qui a la propriété de se solidifier en formant une gomme élastique.

Les diverses variétés se classent au point de vue géographique en trois groupes : l'américain, l'asiatique et l'africain.

Le groupe américain, jusqu'ici le principal producteur, comprend entre autres le Para, le meilleur des caoutchoucs connus.

Le groupe asiatique est moins important et donne la bonne espèce Java,

Enfin le groupe africain, jusque dans ces derniers temps peu abondant, semble appelé au plus grand avenir. Il se subdivise en espèces de l'Afrique orientale : Mozambique^ Madagascar et Zanzibar — et de l'Afrique occidentale — Gabon, Loanda, Sierra-Leone, Sénégal et Congo — parmi lesquelles celle du Congo est la plus recherchée.

(2) Les arbres moyens de Lukolela fournissent 220 à 225 planches de 3 m. X 3o centim. Lemaire.

Espèces du Congo. — Les immenses ressources caoutchoutières de l'Etat du Congo proviennent principalement de deux groupes de végétaux : les landolphia qui se divisent en landolphia des forêts et landolphia des herbes et Vireh.

Les landolphia des forêts croissent dans toutes les forêts de l'Etat, se présentant généralement sous la forme de lianes d'une longueur excessive, au tronc atteignant souvent près du sol, i5 à 20 centimètres de diamètre, aux feuilles rares et aux fleurs magnifiques. Elles s'accrochent aux arbres par des filaments et y grimpent jusqu'à i5 à 25 mètres de hauteur. Les principales variétés sont la landolphia florida, la plus robuste et la plus commune et la laftdolphia avariensis.

Les landolphia des herbes au lieu d'être grimpantes, rampent à l'état de longues tiges souterraines qui émettent des* rameaux aériens de 20 à 60 centimètres. Elles végètent admirablement dans les savanes sablonneuses et offrent une variété très importante au point de vue économique.

LHreh (Kikxia alricana) est un grand arbre glabre de t5 à 20 mètres de hauteur, à rameaux cylindriques, qui croît de préférence dans les terrains d'argile rouge et donne jusqu'à 5 à 7 kilog. de caoutchouc par récolte.

Il faut y joindre encore àïv ers ficus.

Ces plantes donnent toutes un latex (suc) de bonne qualité, mélange d'eau et de gomme, à proportions très variables selon les espèces, allant de la moitié dans les Falls au cmquième à l'Equateur.

Le procédé de récolte du caoutchouc a une importance économique capitale, car c'est surtout le plus ou moins de pureté du produit qui fait varier les prix offerts sur le marché. Cette récolte consiste d'abord dans la façon de recueillir le latex, ensuite d'en retirer le caoutchouc. On arrive à ce dernier résultat par divers procédés qui peuvent se ramener à deux principaux, amenant la coagulation soit par la chaleur, soit par un acide ( le plus souvent le suc de la plante Bossanga.)

Aire de dispersion et centres de récolte. — Districts des cataractes, du Stanley-Pool et du Kwango oriental. Ces districts, le dernier surtout, sont couverts sur de vastes étendues de landolphia des herbes, qui forment leur principale et presque leur unique richesse. Les indigènes l'exploitent sur une vaste échelle, et quoique toutes les parties de la plante contiennent du latex, ils ne retirent celui-ci que de la tige souterraine.

Leur produit, rempli de débris végétaux provenant de la récolte défectueuse (un véritable rouissage de la tige) affecte la forme de rognures de la grosseur du bout du doigt (thimbles) et est connu commercialement sous le nom de t Bas-Congo »

Il coûte sur place Ov8o frs (prix d'Europe) et a valu en 1896, à Anvers, de frs. 3.45 à frs. 3.80 le kilog. brut. Il vaudrait près de 8 francs, épuré, ce qui le mettrait alors au rang des meilleurs caoutchoucs congolais.

Le district du Stanley-Pool a donné, en iSgS, 3o tonnes;

le district du Kwango oriental 5oo tonnes, chiffre qu'on doublera facilement.

Le district du lac Léopold II, essentiellement forestier et où abondent les lianes, a aussi comme principal produit, le caoutchouc.

Le district venant d'être mis en exploitation, il n'est pas encore possible d'évaluer la qualité de la gomme, celle-ci n'a pas encore reçu de nom sur le marché. Elle vaut 20 centimes le kilog. sur place et 6 à 7 frs à Anvers. On évalue à 3oo à 400 tonnes de bon caoutchouc, la production annuelle future du district et valant de 6 à 7 francs à Anvers. District du Kas>ai, — La landolphia des forêts abonde sur le Haut-Kassaï, tandis que les forêts riveraines de la moyenne rivière, exposées aux inondations, en sont généralement peu pourvues. C'est à peu près à partir du confluent du Loange que se récolte la variété de caoutchouc Kassaï, si recherchée en Europe pour sa qualité et sa pureté.

Cette région est le siège de no nbreuses factoreries, où les indigènes viennent échanger leur récolte contre des étoffes européennes.

Le principal marché est Luebo.

Le caoutchouc du Kassaï se présente sous quatre formes, dont deux de très bonne qualité

Le « Kassaï rouge prima » suite de boules disposées en chapelets, vaut fr. 7,25 le kilog. en Europe.

Le « Kassaï noir prima » préparé en briquettes de 20 X 7 ctm. vaut de fr. 6,60 à fr. 6,85 le kilog.

Le Kassaï noir secondaire et le Kas?aï noir mélan^^é, se présentent sous la forme de fragments noirs irrcguliers valant de 4,95 à 6,60 frs le kilog.

Ces diverses variétés valent sur les lieux de production, do 3o à 40 cts. le kilog.

La production du district a été évaluée de 5oo à 700 tonnes de caoutchouc de première qualité par an.

Le district des Staulcy-Falls est encore, au point de vue du caoutchouc, celui qui semble le plus riche de l'Etat. Dans tout le pays des forêts, les lianes se présentent en quantités énormes, produisant un latex qui donne 5o ^/o de caoutchouc.

C'est la richesse de ce latex qui permet de le coaguler en grandes masses de 3o à 35 kilogrammes, alors que ce procédé échoue partout ailleurs.

Le pays des herbes fournit également du caoutchouc (une tonne par an) provenant sans doute des îlots boisés de la savane.

Le caoutchouc des Falls vaut fr. 7,5o le kilog.

On a récolté, en iSgS, 3oo tonnes ; cette production pourrait atteindre 1000 tonnes.

Mit-

mêmes caractères que celui des icSï^houc soit un peu inférieuie.

iM^^BSe l'Aruwimi) produit une gomme brune '" "^Ifîaiiiètre, qui est le jilus nerveux, le plus

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ïù^^^^r 5,20 à fr, 5.35.

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> abondant en landolphia, mais pauvre (I '4 à i/5 de caoutchouc)

(i) L'exploitation du caoutchouc est autorisée par tous les particuliers, sauf quelques réserves déjà concédées. Les particuliers qui fondent des factoreries dans le pays, reçoivent la concession de l'exploitation dans un rayon de 3o kilomètres ("20 pour les établissements établis à proximité d'autres, déjà existants). — Il existe un droit de récolte de 25 centimes par kilog.

1900 TOKKU

qui nécessite l'emploi de la plante Bossanga, pour la coagulation. Le produit se présente en boules de 6 centimètres de diamètre, il n'en est pas moins d'excellente qualité.

Les diverses variétés Lopori, Bussira, Equateur, valent sur place 25 centimes le kilog. et 6,25 à 6,3o fr. à Anvers.

La production du district a été, pour iSgS, de 65 tonnes.

Le district de VUellé comprend la partie septentrionale de la grande forêt, région extrêmement fertile en plantes à caoutchouc, mais dont l'exploitation n'est pas encore tout-à-fait organisée.

La variété Uellé vaut 5.20 à 5,35 fis à Anvers.

Le district de Vllbaugi n'a pas été encore été lobjet d'une exploitation régulière. Quant à celui du Lualaba, à part une petite région au nord, il ne produit momentanément que peu de caoutchouc, mais on pourra sans doute par la suite y récolter sur une grande échelle le landolphia des herbes.

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