‹ Traité méthodique de géographie du CongoChapitre 89 sur 118 · RAPPORT · texte numérisé non relu

RAPPORT

Le caoutchouc présente Tavantage de ne pas exiger, comme les plantations, une longue période de préparation. Dune exploitation immédiate, récolté par les indigènes eux mêmes, il ne veut qu*une situation favorable au trafic et des marchandises d'échange sufiEisantes. Les établissements au bord des cours d*eau, au milieu d*une population nombreuse, sjemblent les plus favorables et quoiqu'on rencontre presque partout la précieuse gomme, les districts des Bangalas, de l'Equateur, des Stanley-Falls et du Kassaï semblent, provisoirement, être exceptionnellement favorisés (i)*

Les prix d'achat varient entre 20 centimes le kilog. (district de l'Equateur) et 80 centimes (district de Kwango oriental), mais le prix moyen est de 35 à 4o centimes (Kassaï) . . soit 40 cent.

Prix moyen de transport, de tous les districts à Anvers,

par kilog au plus 40 cent.

Frais de factoreries, droits, etc. . id. . . id. 70 cent.

Prix de revient i.5o ceat.

Les prix des caoutchoucs congolais sur le marché d'Anvers, en 1896, ont varié entre 3.70 frs. et 7,25 frs. le kilog., le prix moyen étant d'environ 5.70.

Une exploitation de caoutchouc bien menée peut donc laisser une bénéfice de 3 fr. au kilog.

iCo

Fig. 8. — Diagramme de rexportation da caoutchouc.

Avenir du caoutchouc. — Abondant partout, dans la savane comme dans la forêt, le caoutchouc n'attend que des exploitants possesseurs de marchandises suffisantes, pour être récolté en grandes quantités. La pureté du produit, condition essentielle de la qualité, va s'améliorant constamment, grâce aux procédés perfectionnés de récolte auquels les indigènes sont déjà parfaitement initiés.

Aussi le caoutchouc est et restera sans doute longtemps la principale richesse de l'Etat. Comme le montre le diagramme ci-contre, les exportations ont monté en 1896, à 1.195,000 kilog. contre 18.069 kilog. en 1886.

Et la récolte prévue pour 1897 est de i5oo tonnes.

Cet énorme accroissement de production n'abaisse cependant pas le prix de vente du produit, car les nouvelles applications qu'on en fait tous les jours, en augmentent sans cesse la demande.

Le seul danger qui le menace, c'est l'épuisement que pourrait provoquer une exploitation imprudente. Il a été constaté en effet qu'après une récolte il faut à peu près deux ans pour que les lianes puissent se reposer. Le ton causé à la plante est donc grand, de plus, les indigènes qui ignorent encore la bonne méthode de récolte, n'incisent pas la plante mais la coupent et la tuent par ce fait.

Il faut prévenir ce danger, et pour cela, non seulement comme on Ta fait, édicter des peines contre ceux qui détruisent la pLinte à caoutchouc, mais surtout cultiver celle-ci en introduisant et en propageant quelques bonnes espèces (Ireh, caoutchouc du Brésil, de Lagos, etc.) dans tout TEtat.

Celui-ci continuera ainsi à voir croître son principal produit d'exportation, dont on estime déjà maintenant la production annuelle possible à 4000 tonnes valant 25 millions de francs.

La Belgique a importé en 1895, pour 2.641.000 francs de caoutchouc de toutes provenances.

Exportation du Brésil en 1891 : 20.000 tonnes.

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