C. LE COPAL
Uarbre à copal rappelle par sa forme extérieure l'acacia, mais il est plus vigoureux et son feuillage est plus abondant. Répandu dans toute la forêt équatoriale où il abonde, il se complaît aussi sur les rives basses des rivières.
Taraudé par certaines larves, rarl)re exsude une gomme qui tombe sur le sol et finit par s*y enterrer en se durcissant,
La gomme copal, très employée dans la fabrication des vernis, varie du blanc au rougé en passant par le blanc doré. Elle existe en quantités considérables au Congo, n'attendant que Tachèvement du chemin de fer pour être exportée.
Sa valeur est très variable; elle est en général de frs i,5o à frs. 2,5o le kilog.
Il en a été exporté 9207 kilogrammes en 1896.
Il existe encore d'autres gommes moins importantes provenant de l'acacia, de l'acajou, etc., entre autres les arbres à gomme arabique et à gommegutte signalés entre le Rubi et TUellé.
3^ UIVOIRE.
L'ivoire qui a été jusqu'en ces derniers temps le principal produit d'exportation du p:iys, provient en majeure partie des dents d éléphant.
« Toute défense d'éléphant comprend trois parties distinctes : Tépiderme ou croûte, que le fabricant doit enlever tout d'abord ; le cœur oii centre, qui peut, s'il est trop allongé ou trop large, causer une perte sensible à l'acheteur ; enfin le creux.
Plus la dent est grosse et régulière, moins il y a de creux, plus le grain de l'ivoire est serré, plus celle-ci vaut.
L'ivoire récolté sur le corps d'animaux dont la mort ne remonte
pas à trop longtemps est le plus ^ ^
répandu, c'est Yivoire ordinaire. îS8-»S«c^«i*fc^<»>
F{g. 0. ~ Eiportation d« rivoire*
500 TOKJUJ
Quand la défense fraîchement enlevée à l'éléphant est fendue dans le sens de la longueur, on trouve parfois à l'intérieur des parties de couleur olivâtre qu'on nomme « ivoire vert » et qui sont très recherchées pour les ouvrages de luxe.
Enfin il existe une troisième variété d'ivoire, inférieure aux deux autres, c'est « Vivoire mort ^ enlevé au\' hôtes mortes depuis longtemps. Il a un aspect gris sale. Pour être de bonne qualité il faut que l'ivoire soit exempt de tâches intérieures, fentes, etc.
Commercialement les défenses se repartissent généralement en quatre catégories :
i** a les dents lourdes » qui sont les plus belles et les plus grandes ; elles atteignent parfois deux mètres ;
2^» « les dents moyennes un peu inférieures en taille aux précédentes.
Ce sont ces deux sortes qui servent à faire les billes de billard d'où leur nom de dents à billes ; elles servent aussi aux sculpteurs.
3*^ a Les bangles » pesant de 18 à 70 kilog. qui sont aussi très recherchées lorsqu'elles sont saines et bien rondes ;
4"* Les escravilles ou morceaux d'ivoire dont on se sert pour les menus objets, bibelots.
Lieux d'origine. — L'ivoire est répandu sur tout le territoire de TEtat, gardé par les indigènes au retour de leurs chasses (1) et vendu par eux aux trafiquants étrangers. Dans les régions où ceux-ci ont peu pénétré, comme dans certaines parties des districts de rUellé, de l'Aruwimi, des Falls, des Bangala et de l'Equateur, il existe encore en quantités énormes. Dans les régions où l'éléphant se fait rare comme dans le Bas- Congo, et dans celles fortement occupées par les Européens, la récolte de l'ivoire est beaucoup moins fructueuse.
* Elle se borne alors à l'ivoire « d'infiltration, » c'est-à-dire à celui des districts reculés apporté par des tribus inligèncs intermédiaires. C'estle- cas pour toutes les rives du Haut-Congo et de ses affluents navigables.
Avenir. — L'ivoire vendu pendant longtemps sur les marchés euro))éens,* Londres et Liverpool, provenait presque uniquement de l'Afrique connue alors: Soudan, Afrique oriental, Colonie du Cap, Angola et Gabon. La découverte d'un pays neuf comme le Congo, d'un immense bassin a3^aht jusque là échappé à toute exploitation, dans lequel le précieux produit abondait, amena une perturbation dans ce commerce.
Un nouveau marché, celui d'Anvers, fut créé, qui se développa 7i\iK dépens de ses concurrents, au point de surpasser bientôt Liv^erpool et tout récemment Londres, grâce à l'ivoire du Niger et de l'Angola qui commence à arriver sur la place.
Mais, activement récolté dans de nombreuses expéditions par les puissantes compagnies qui l'achètent aux indigènes, son acquisition est
(0 Afin d'éviter la dcstrucUon des clé})luints, l'Etat a défendu lâchasse à l'éléphant, à mVin; d'autorisation sprîciale accordée moyennant certaines taxes à payer.
devenue plus onéreuse et plus difficile. Sans baisser sensiblement jusqu'ici, la production d*i voire se restreindra forcément dans un avenir plus ou moins éloigné. Une exploitation commerciale basée uniquement sur l'achat de ce produit, ne saurait donc plus se présenter à des particuliers, dans des conditions très rémunératrices.
L'ivoire devra sans doute, d'ici quelques années, être considéré seulement comme un objet de commerce secondaire, comme un important appoint, pour des factoreries établies dans un but principal autre.
La consommation annuelle de Tivoire dans le monde est de 467.000 kilog. environ. L*£tat du Congo en a exporté, eu 1895, 292,332 kilog. valant 5.884.640 francs.