‹ Traité méthodique de science occulteChapitre 10 sur 454 · Porphyre, De antro nympharum cité par de Brière · texte numérisé non relu

Porphyre, De antro nympharum cité par de Brière

culte ou d’une secte. Les principes de l’ésotérisme sont identiques au fond du bouddhisme comme au fond du christianisme, il ne peut y avoir qu'une Science et qu’une Morale comme il n’y a qu’une Vérité, aucun de ces termes ne saurait être l’opposé des deux autres.

La science montrant que, dans l’embryon, le cœur bat rythmiquement avant que les nerfs qui l’animeront aient pris naissance ou même que le tissu musculaire soit différencié, proclame l’existence d’un principe inconnu d’elle et fabriquant le corps physique d’après un plan fatal.

La science montrant que les cellules nerveuses disparaissent cent fois sans que la mémoire perde un seul de ses souvenirs, avoue implicitement l’existence de quelque chose qui coordonne les sensations en dehors du monde matériel. Et nous ne parlerons ni des phénomènes de l’hypnotisme ni de la télepsychie constatés plusieurs fois par le professeur Richet, toutes les découvertes convergent, unanimes, vers cette affirmation : l’âme existe.

Mais cette âme est-ce l’entité scholastique des théologiens ou des rêveurs de toute école? Est-ce ce principe ennemi de la chair qui subira des peines ou des félicités éternelles après la mort? A l’invention du cléricalisme tendant à permettre aux vautours sociaux d’exploiter, moyennant une dîme, les pauvres et les humbles, l’ésotérisme répond par une loi qui manifeste la justice la plus terrible mais aussi la plus clémente : la loi des réactions égales et de sens contraire aux actions produites.

Allons, messieurs de la finance, sus au gain. Ruinez sans crainte les humbles, torturez les mères, écrasez les enfants de durs travaux et d’impôts toujours croissants; le prêtre, fonctionnaire salarié par vous, est là pour leur inspirer le courage au nom du Dieu tout-puissant qui vous

protège et qui les tue. Vous vous riez des peines éternelles, comme des félicités infinies. Le bonheur c’est la possession du million par tous les moyens, connus ou inconnus, et la morale c’est l’art d’empêcher les naïfs de devenir vos concurrents en condamnant les procédés que vous employez. Ceux qui s’occupent des problèmes de l’au-delà sont de doux farceurs, dilettantes de l’imprévu, ou des exploiteurs hardis de la bêtise humaine. V oilà. votre morale à vous.

Mais s’il était vrai que les plaintes impuissantes des malheureux que vous massacrez deviennent des énergies cosmiques d’un ordre inconnu, qui vous demanderont compte de leur existence? Si aucun Dieu personnel ne répondait à la voix salariée du prêtre qui chante pour votre corps une « première classe »? Si vraiment vous récoltiez dans vos enfants les graines d’égoïsme et de haine que vous avez semées? Si vraiment vous aviez une âme? Savez-vous que ce serait terrible !

Songez donc aux conséquences qu’aurait la démonstration de l’existence de la morale comme science positive, réglée par les lois les plus élémentaires de la mécanique! Vous blessez moralement ou socialement votre prochain, cela augmente d’autant plus l’empire du malheur sur vous, non pas seulement... là-bas, mais ici d'abord. Vous êtes heureux, votre famille vous comble de joie. Un jour votre enfant chéri meurt malgré les soins des « princes de la science »; votre femme, naguère compagne éclairée et active, s’éteint lentement, râlant sous l’étreinte du cancer qui la ronge, et pendant ce temps les millions s’amassent dans vos caisses, les laquais se pressent plus nombreux sous vos pas.

Vous cherchez, éperdu, la source des malheurs qui s’abattent sur vous, oubliant qu’elle est en vous-même et

que vous récoltez, insensé, les fruits dont vous avez semé la graine, par vos désirs.

Mais tout cela c’est le domaine du rêve. Ce sont des jeux de l’imagination destinés à troubler la quiétude des honnêtes financiers, constructeurs de synagogues1. Votre docteur se chargera de vous démontrer que quand on est mort tout est fini. Croyez-moi, écoutez votre docteur, et laissez les rêveurs divaguer à leur aise. L’étude de la Science occulte et des problèmes de l’au-delà n’est-elle pas trop métaphysique pour être vraie ; à moins qu’elle ne soit trop vraie pour être métaphysique?

Papus.

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