‹ Traité méthodique de science occulteChapitre 100 sur 454 · Voy. Matth. XXI · texte numérisé non relu

Voy. Matth. XXI

Luc, XX, 171.

Marc, XII, 10.

Psaumes CXVIII, 22.

Pour comprendre cetle doctrine des plus anciennes, qui semble jeter tant de lumière sur l’histoire de l’humanité et rendre compte des différences, autrement inexplicables, existant entre les hommes, et qui réconcilie ces inégalités avec la justice de Dieu, il nous faut fixer notre attention sur les trois principes les plus élevés — le quatrième, le cinquième et le sixième — et voir comment l’homme sensuel s’élève graduellement à travers l'humain vers l’Etre divin, ou l’humanité parfaite (en d’autres mots le Fils de Dieu). Et ne dites pas que cette perfection est impossible, qu’elle ne pourra jamais être atteinte, car alors cette injonction serait sans but et vains ces mots : « Soyez parfait comme votre Père qui est aux deux est parfait. »

Le cinquième principe, ou l’âme humaine, est la véritable personnalité de l’homme, bien que trop souvent, dans la vie terrestre, celui-ci place le centre de son être, comme nous l’avons vu, dans le quatrième principe, la volonté, qui n’est que l’âme animale ou l ame que les animaux possèdent aussi bien que l’homme. Ce quatrième principe ou centre des sept principes qui constituent l’homme, est l’axe sur lequel tournent les autres.

Lorsqu’on a dépassé ce quatrième principe, qui est le principe le plus élevé chez l’animal, on entre dans la région de l’Être Psychique. C’est l’avènement du cinquième principe qui élève l’homme au-dessus de la bête. Si la compréhension ne prédominait pas sur la volonté, l’homme suivrait son instinct et ne pourrait penser et agir d’après la raison.

L’amour lui-même et les affections qui en dépendent ont leur siège dans le Kama Dupa, — le quatrième principe, la volonté ou l’égoïsme, tandis que la science, l’intelligence, la compréhension ont leur siège dans le Manas, — le cinquième principe, l’âme humaine. Il en résulte que

tout bien et tout mal appartiennent à la volonté ; ce qui procède de l’amour est considéré comme bien alors même que ce serait mal, car ce qu’un homme aime, il le veut et cela lui apparaît comme bon. La volonté est donc l'axe sur lequel tournent les autres principes, et tels sont l’amour et la sagesse, telles seront la volonté et la compréhension.

La volonté est le réceptacle de l’amour, et la compréhension le réceptacle de la sagesse, et les deux réunis déterminent la qualité de l’homme.

D’après ce qui précède, on peut s’apercevoir que le Manas, ou cinquième principe, n’est encore que faiblement développé dans l’humanité actuelle où prédomine grandement le quatrième principe1, le Kama IÎupa (l’âme animale, l’amour de soi). Si le cinquième principe, Manas (l’âme humaine, l’intelligence ou la compréhension), est si peu développé parmi les hommes, le sixième l’est encore moins et on peut même dire qu’il n’existe en eux qu’à l’état embryonnaire.

C’est là le but auquel doivent tendre tous les efforts de notre nature intérieure et supérieure et c’est à cette perfection que nous convie Celui qui y est lui-même parvenu.

Comme nous l’avons vu, le quatrième principe, le Kama Rupa, est l’axe sur lequel tournent tous les autres. Dans son état primitif et naturel, il n’est qu 'animal, mais à mesure qu’il s’unit au cinquième principe il arrive à être guidé par la raison et la compréhension, et il devient humain.

Avec le temps, il arrivera à être suffisamment développé pour s’unir au sixième principe, le Bouddhi (la conscience spirituelle ou l’âme Christ).

Alors, éclairé par la sagesse et la pureté divines, la nature de son amour changera ; il passera de l’amour de soi, qui engendre trop souvent la haine, à l’amour universel, la

charité ou l’amour de Dieu, qui est l’amour de l’humanité.

Le septième principe, I’Atma, est l’Esprit Divin lui-même.

En considérant la chose sous un autre point de vue, on pourrait dire, avec une égale vérité, que le sixième principe (l’âme spirituelle) ou anima divina, est le véhicule de l’esprit divin, tandis que le quatrième (l’âme animale), anima bruta, est le véhicule du cinquième (l’âme humaine, la compréhension).

Ou bien nous pourrions regarder chacun des principes supérieurs en commençant par le quatrième comme le véhicule de la Yie-Une ou de l’Esprit.

La division de la constitution de l’homme en sept principes explique d’une manière satisfaisante les grandes inégalités qui existent entre les hommes. Elle montre que ces inégalités ne sont pas le fait d’une distribution arbitraire des faveurs divines, mais qu’elles résultent de l’état d'avancement ou de développement auquel chacun est parvenu. Par là, nous comprenons que toute l’humanité marche sur la route qui lui permettra d’atteindre le principe le plus élevé, l’âme divine, et d’entendre une fois ces paroles ineffables :

« Tu es mon Fils bien-aimé. »

Tous les hommes se trouvent et doivent nécessairement être sur des degrés divers de la même échelle qui conduit au ciel, tous sont à la même École. Mais chaque élève doit commencer par se placer sur le siège le plus bas de la dernière classe, il passe à la suivante. Il n’y a pas d’exception, tous doivent parcourir le même chemin. Il y en a qui resteront à l’École plus longtemps que les autres, et ceux qui ne pourront pas dépasser la classe inférieure finiront par être bannis et seront condamnés à porter des oreilles d’âne s’ils se refusent à progresser.

Dans certains cas, les oreilles d’âne pourraient signifier

une véritable rétrogression, un recul jusqu’au plan animal, doctrine qui a été professée par quelques anciennes religions. Et même, si l’âne s’endurcit dans sa méchanceté, s’il rue sous le bâton et préfère les chardons à l’avoine alors qu’il a atteint la connaissance d’une meilleure nourriture, il peut tomber encore plus bas et être condamné à ramper dans ses mauvais désirs sur l’échelle descendante des existences comme un être malfaisant et vil ! (« Tu ramperas sur ton ventre et tu mangeras la poussière. »)

Une excellente définition du mal serait de dire qu’il est la loi de la nature inférieure opérant encore chez ceux qui ont atteint une place supérieure.

D’après cela, les formes rampantes les plus basses ont leur utilité. Elles sont comme le réceptacle des mauvaises tendances et des mauvaises passions et servent, en quelque sorte, à purifier l’atmosphère qui, sans cela, serait empoisonnée au point que les bons et les purs ne pourraient respirer.

Le mal se trouverait ainsi graduellement éliminé de la planète sur l’échelle descendante, retournant finalement à la poussière d’où il est venu, pour subir de nouveaux procédés de purification.

« Le mal est le fils obscur de la terre (matière) et le bien la ravissante fille du ciel (esprit) », dit le philosophe chinois, par conséquent « le lieu de punition de la plupart de nos péchés est bien la terre, c’est leur lieu de naissance et le théâtre de leur activité. »

En traitant du Bouddhisme ésotérique, notre intention a seulement été de faire un tableau de la constitution de l’homme et de l’univers et de montrer de quelle manière cette théorie concorde avec les enseignements spirituels et physiques des différentes écoles ou religions. Nous serions fortement tenté de citer, comme corollaire et

complément de ce que nous venons de dire, des passages du remarquable volume de M. Sinnett, qui traite de la chaîne planétaire septénaire où se déroulent nos vies successives, mais le sujet est d’un si grand intérêt qu’il risquerait de nous entraîner au delà des limites que nous nous sommes fixées. Nous devons donc nous borner à indiquer rapidement ce qu’est ce circuit, ou cette ronde, à travers laquelle toutes les entités individuelles spirituelles doivent passer et qui constitue l’évolution de l’homme.

Ce mouvement du progrès en spirale (ou spirituel), par impulsion vitale, développe en même temps les différents règnes de la nature et donne l’explication des vides ou (liens manquants) que l’on peut observer parmi les formes qui couvrent la terre dé nos jours l.

« La spire d’une vis qui est un plan uniforme incliné ressemble, de fait, à une succession de degrés, si on l’examine à côté d’une ligne parallèle à son axe. Les monades spirituelles qui arrivent par le circuit du système au niveau de l’animalité, passent à d’autres mondes lorsqu’elles ont accompli leur tour d’incarnation animale... Quand vient le temps où elles reparaissent, elles sont prêtes pour l’incarnation humaine et il n’y a plus de nécessité alors pour le développement supérieur des formes animales en formes humaines, puisque celles-ci attendent déjà leurs habitants spirituels.

«... C’est pour ne pas s’être rendu compte de cette idée que la spéculation au sujet de l’existence physique se trouve si souvent arrêtée par des murs. Elle cherche les

1. « Spirale, dans son étymologie, est analogue à esprit ou spirituel. Esprit et mouvement ont un rapport intime; dans un sens, ce sont des idées identiques. La spirale est le type du progrès spirituel, de la volution; en latin volvos, rouler ou tourner ; de là évolution, enroulement extérieur, et involution, enroulement intérieur. »

( Universologie , par Stephen Pearl Andrews.)

anneaux qui manquent dans un monde où elle ne pourra plus les trouver aujourd’hui, car leur utilité n’a été que temporaire et ils ont disparu. L’homme, disent les Darwiniens, était autrefois un singe. C’est vrai, mais le singe, connu par les Darwiniens, ne deviendra jamais un homme, c’est-à-dire sa forme ne changera pas d’une génération à l’autre avant que sa queue n’ait disparu, que ses mains inférieures ne soient devenues des pieds, et ainsi de suite.

« Ces formes intermédiaires ont été nécessaires à une époque, mais il était inévitable qu’elles fussent temporaires et qu’elles disparussent, autrement le monde serait encombré de ces « liens manquants » de toutes sortes et la vie animale rampante, à tous les degrés, se mélangerait dans une confusion indescriptible avec les formes humaines... Les formes qui, jusqu’alors, s’étaient bornées à se répéter pendant des milliers de siècles, prennent un nouvel élan de croissance et fournissent des habitations de chair pour les entités spirituelles qui arrivent sur chaque plan de l’existence, et comme il n’y a plus de demande pour les formes intermédiaires, elles disparaissent inévitablement... L’homme, tel que nous le connaissons sur cette terre, n’est qu’à mi-chemin du processus évolutionnaire auquel il doit son développement actuel. Avant que la destinée de notre système soit accomplie, il y aura autant de distance entre ce qu’il sera et ce qu’il est maintenant qu’entre l’homme actuel et le lien disparu. Ce progrès s’accomplira même sur cette terre tandis que dans d’autres mondes delà série ascendante il y a encore des pics plus élevés à escalader. Il est tout à fait impossible, avec des facultés qui n’ont pas appris à discerner les mystères occultes, de se figurer la vie que l’homme mènera avant que le zénith du grand cycle soit atteint. »

( Esoleric Bouddhism, pages 37 et 43).

« L’homme est évolué à travers une succession de rondes (progression autour de la série des mondes) et sept de ces rondes sont nécessaires pour accomplir la destinée de notre système. La ronde actuelle est la quatrième. Il y a des considérations du plus grand intérêt qui se rapportent à la connaissance de cette question, parce que chaque ronde est, pour ainsi dire, spécialement chargée de faire prédominer l’un des sept principes dans l’homme selon l’ordre régulier de leur gradation ascendante... Une unité individuelle qui, au cours d’une ronde, arrive pour la première fois sur une planète, doit traverser sept races sur cette même planète avant de passer à la suivante, et chacune de ces races occupe la terre pour un temps très long...

« Nous qui vivons maintenant sur la terre, — c’est-à-dire la grande masse de l’humanité, car il y a des cas exceptionnels que nous considérerons plus tard, — nous traversons la cinquième race de la quatrième ronde. Et cependant l’évolution de cette cinquième race a commencé il y a environ un millier d’années... Chaque race se subdivise en sept sous-races et chaque sous-race en sept branches de races... Chaque fois qu’une unité individuelle humaine, dans la ronde du progrès à travers le système planétaire, touche à la terre, elle doit traverser toutes ces races. »

(. Bouddhisme Ésotérique, pages 48, 49).

« Il est facile de comprendre que tous les mondes de la chaîne à laquelle appartient cette terre ne sont pas préparés pour une existence matérielle exactement semblable, ou même approchant de la nôtre. Une chaîne de mondes organisés qui seraient tous semblables et pourraient aussi bien se fondre en un seul, n’aurait aucune raison d’être.

En réalité, les mondes auxquels nous sommes liés sont très différents les uns des autres, non seulement quant à leur situation extérieure, mais sous le rapport de cette caractéristique suprême — la proportion dans laquelle l’esprit et la matière se trouvent mélangés dans leur constitution. Notre monde nous présente des conditions où l’esprit et la matière sont, après tout, suffisamment équilibrés, mais il ne faut pas en conclure qu’il soit très élevé sur l’échelle de la perfection ; au contraire, il y occupe une place très inférieure. Les mondes les plus élevés sur l’échelle sont ceux où l'esprit prédomine dans une large

mesure ; celui qui est le plus en arrière, comme celui

qui est le plus en avant, sont les plus immatériels, les plus éthérés de toutes les séries. On trouvera que ceci est tout à fait rationnel en réfléchissant que le monde le plus avancé n’est pas une région de finalité, mais la marche qui conduit au plus arriéré, comme le mois de décembre nous ramène à janvier. Il ne s’agit cependant pas d’un point de développement où la monade individuelle tombe, comme par une catastrophe, dans l’état d’où elle avait évolué lentement des millions d’années auparavant. Il n’y a pas descente, mais toujours montée et progrès. L’entité spirituelle qui s’est frayé son chemin autour du cycle d’évolution, quelles que soient les étapes de développement dans lesquelles les diverses existences qui nous entourent puissent être groupées, commencera son prochain cycle àl’étape suivante supérieure, et, par conséquent, elle accomplit encore un progrès lorsqu’elle revient en arrière du monde Z au monde A. Plusieurs fois elle décrit ainsi un cercle autour du système, mais il ne faut pas considérer ce passage comme une simple révolution circulaire dans un orbite. Dans l’échelle de la perfection spirituelle l’entité monte constamment....

« Le processus s’accomplit de la manière suivante dont le lecteur se rendra mieux compte s’il construit, soit sur le papier, soit dans son esprit, un diagramme composé de sept cercles (représentant les mondes) arrangés sous forme d’anneau.

« Nous les appellerons A, B, C, D, etc. On remarquera, d’après ce qui a déjà été dit, que le cercle (ou globe) D représente notre terre (étant le quatrième sur les sept). Il ne faut pas oublier que les règnes de la Nature, selon les occultistes, sont au nombre de sept, trois ont affaire avec les forces astrales et élémentaires qui précèdent les règnes de la matière grossière. Le premier règne évolue sur le globe A et passe à B lorsque le second règne recommence à évoluer sur A. En poursuivant le calcul sur cette base, on verra que le premier règne évolue encore sur le globe G, tandis que le septième règne, le règne humain, passe du globe A au globe B. Mais alors, qu’arrive-t-il lorsque le septième règne passe du globe A au globe B ? Il n’y a pas de huitième règne pour absorber les activités du globe A.

« Le grand processus de l’évolution atteint son apogée avec la marée finale de l’humanité qui, après avoir passé, laisse derrière elle une léthargie temporaire de la Nature.

« Lorsque la vague de la vie arrive sur B, le globe A tombe alors dans un état d’obscuration. Ce n’est pas un état de décomposition, de dissolution, ni rien que l’on puisse proprement appeler la mort.

« La décomposition, dont l’aspect peut parfois induire l’esprit en erreur, est une condition d’activité dans une certaine direction. Cette observation peut jeter beaucoup de jour sur certains points de la mythologie hindoue ayant rapport aux divinités qui président à la destruction et qui, sans cela, n’auraient aucun sens.

« L’obscuration d’un monde est une suspension totale de ses activités.

« D’énormes périodes de temps sont nécessaires pour ce long processus qui plonge le monde dans le sommeil, car on verra que, dans chaque cas, l’obscuration dure six fois aussi longtemps que la période pendant laquelle la marée humaine a occupé le monde.

« Le processus qui s’accomplit, comme nous venons de le décrire, par rapport au passage de la vague de la vie du globe A sur le globe B se répète tout le long de la chaîne. Lorsque la vague passe à C, B tombe en obscuration aussi bien que A. Alors D reçoit le flot de la vie et A, B, C, sont en obscuration. Lorsque la vague atteint G, les six mondes précédents sont en obscuration. Pendant ce temps la vague de la vie passe, selon une certaine progression régulière dont le caractère symétrique est très satisfaisant pour les instincts scientifiques. En ne perdant pas de vue l’explication qui vient d’être donnée, le lecteur sera préparé à saisir de suite l’idée de la manière dont l’humanité évolue à travers sept grandes races pendant chaque période de Rondes sur une planète, c’est-à-dire pendant que la vague de la vie occupe cette planète. La quatrième race est évidemment la race du milieu des séries. Aussitôt que le point est tourné et que révolution de la cinquième race sur une planète donnée commence, la préparation à l’humanité débute sur la suivante. Par exemple, l’évolution de la cinquième race sur E est proportionnée à l’évolution, ou plutôt au renouvellement du règne minéral sur D et ainsi de suite. En conséquence, l’évolution de la sixième race sur D coïncide avec le renouvellement du règne végétal sur E , la septième race sur D avec le renouvellement du règne animal sur E ; et alors, lorsque les dernières monades de la septième race sur D ont passé à l’état subjectif, ou monde des

effets, la période humaine débute surE, et la première race commence à s’y développer. Pendant ce temps, la période crépusculaire du monde qui précède D s’est accentuée delà même manière progressivejusqu’àla nuit, et l’obscuration a été définitive lorsque la période humaine sur D a dépassé le milieu de son évolution. Le Réveil de la Planète est un processus plus vaste que sa descente dans le repos, car, avant le retour de la vague humaine, elle doit arriver à un degré de perfection supérieur à celui qu’elle avait atteint lorsque, pour la dernière fois, la vague a quitté son rivage. Mais à chaque nouveau commencement, la nature est pénétrée d’une vigueur qui lui est propre. C’est la fraîcheur du matin. De même que, si l’on considère la chaîne des mondes comme une Unité, elle a ses pôles Nord et Sud ou spirituel et matériel, c’est-à-dire évoluant de la spiritualité pour descendre à travers la matérialité et remonter à la spiritualité, ainsi les rondes de l’humanité constituent une série semblable dont la chaîne des Globes peut être prise comme le symbole. Dans l’évolution de l’homme sur un plan, comme sur tous les autres, il y a de fait un Arc descendant et un Arc ascendant ; l’esprit s’enveloppant, pour ainsi dire, dans la matière et la matière se développant jusqu'à l’esprit. Le point le plus bas et le plus matériel du cycle devient ainsi le sommet interverti de l’intelligence physique qui est la manifestation voilée de l’intelligence spirituelle. Chaque Ronde de l’humanité évoluée sur l’Arc descendant (comme chaque race de chaque Ronde si nous allons jusqu’au plus petit plan du Cosmos), doit, par conséquent, être physiquement plus intelligente que celle qui l’a précédée, tandis que chaque Ronde de l’Arc ascendant doit posséder des conditions mentales plus raffinées, unies à une intuition spirituelle plus grande.

« Par conséquent, dans la première Ronde, nous trouvons

que l’homme est un être relativement éthéré, même comparé sur la terre à l’état qu’il a atteint ici, il n’est pas intellectuel, mais supra-spirituel.

« De même que les formes animales et végétales qui l’entourent alors, il habite un corps immense, mais dont l’organisation est peu condensée. Dans la seconde ronde, il est encore gigantesque et éthéré, mais son corps se resserre et devient plus ferme — en un mot, il devient plus physique, mais toujours moins intelligent que spirituel. Dans la troisième ronde, il a développé un corps tout à fait concret et compact, qui ressemble plutôt à un singe géant qu’à un véritable homme, mais dont l’intelligence progresse de plus en plus. Dans la seconde moitié de la troisième ronde, son immense stature décroît, la texture de son corps se perfectionne, et il commence à être un homme rationnel.

« Dans la quatrième ronde, l’intelligence, alors complètement développée, fait d’énormes progrès. Les premières races de cette ronde commencent à acquérir ce que nous appelons le langage humain. Le monde abonde en résultats de l’activité intellectuelle et du déclin spirituel. A mi-chemin de la quatrième ronde, on a passé le point polaire de toute la période septénaire des mondes \ C’est . alors que le Ego spirituel commence à livrer sa véritable bataille entre le corps et l’esprit pour manifester ses puissances transcendantales. Le combat continue dans la cinquième ronde, mais les facultés transcendantales se sont grandement développées par leur lutte avec les ten-

1. On nous dit que nous sommes maintenant à mi-chemin de la cinquième race de la quatrième ronde, en sorte que nous aurions passé le point polaire du développement de l’humanité. Il est aussi affirmé sur la foi des autorités occultistes les plus élevées que la race actuelle de l’humanité, la cinquième race de la quatrième ronde, a commencé à évoluer il y a environ un million d’années.

dances et l’intelligence physique, lutte qui est plus terrible que jamais, car dans la cinquième ronde l’intellect aussi bien que la spiritualité sont en avance sur ceux de la quatrième. Dans la sixième ronde, l'humanité atteint à un degré de perfection du corps et de lame, de l’intelligence et de la spiritualité que lés mortels de l’époque actuelle ne peuvent se représenter.

« Le type ordinaire de l’humanité d’alors réalisera la combinaison la plus élevée de sagesse, de bonté et d’illumination transcendantale que le monde ait jamais vue ou pu s’imaginer. Les facultés qui, aujourd’hui, — par une rare efflorescence de la génération, permettent à quelques êtres exceptionnellement doués 1 d’explorer les mystères de la Nature et de posséder des connaissances dont quelques miettes sont offertes ici (et ailleurs) au monde ordinaire, — seront alors l’apanage de tous. Quant à ce que sera la septième ronde, nous n’en avons pas la plus petite idée, car les maîtres occultistes les plus disposés à faire part de leur science sont absolument silencieux sur ce point. »

Comme M. Sinnett le fait remarquer, celui qui étudie le Bouddhisme ésotérique doit se préparer à traiter d’estimations qui se comptent par des millions d’années et plus. 11

1. Les Mahatmas (grandes âmes) sont les adeptes les plus élevés dans l’occultisme et dans toute la science et la sagesse tliéosophiques. Partout . dans le monde il a toujours existé des occultistes, ou des fraternités occultes, mais la fraternité du Tliibet, dont le quartier général se trouve dans les parties les plus inaccessibles des monts Himalaya, est, à ce que l’on nous dit, la plus élevée de ces associatious. Le degré d’élévation qui constitue un Mahatma, un frère, ou un maître, comme on les appelle, n’est atteint qu’à la suite de longues et pénibles épreuves d’une grande sévérité. Le but suprême de l’Adeptal, c’est d’atteindre le développement spirituel. Les connaissances ésotériques orientales sont bien antérieures au passage de Gautama Bouddha sur la terre.

Jusqu’à présent, elles ont été gardées avec un soin jaloux, mais il semble qu aujourd’hui le monde est considéré mûr pour une partie de leur divulgation. Une chose digne de remarque, c’est que le grand mystique européen Swedenborg parle des « Livres perdus de Jéhovah » qui, si on les cherche, « se trouveront dans le Thibet ».

résulte des passages que nous venons de citer, que nous traversons maintenant la cinquième race de la quatrième ronde et que, par conséquent, nous venons seulement de dépasser le milieu ou le pôle de toutes les sept rondes. Lorsque nous nous souvenons qu’à chaque ronde est spécialement dévolue la tâche de « faire prédominer un des sept principes dans l’homme, selon l’ordre régulier de leur gradation ascendante » , nous serions heureux de penser que le pire du voyage est maintenant passé. Mais, hélas! il est aisé de s’aperce- | voir que la race actuelle de l’humanité appartient encore I au quatrième principe, le Kama Rupa ou l’âme animale, la Volonté ou le Ego , qui est de la race de l’égoïsnie ou de l’amour de soi, c’est-à-dire l’opposé de l’amour divin ou de l’humanité, alors que le moi se perd dans l’universel, que l’humain est absorbé dans le divin. Au point central du développement de la race auquel nous sommes arrivés, ce point tournant de l'histoire du monde, Lame spirituelle . ou sixième principe, commence sa véritable lutte de l’esprit contre le corps, autrement dit du quatrième et du cinquième principe, delà volonté animale avec I’intellect -, humain, et elle manifestera graduellement ses puissances transcendantales, car sa destinée est de transformer nos êtres terrestres en êtres célestes, de faire des fils de l’homme ou de la terre des fils de Dieu ou du ciel. Ne peut-on pas considérer cela comme l’immaculée conception, la naissance de l’Enfant divin dans la crèche ou l’étable, qui sont la demeure de la nature animale? A en juger par le temps que nous avons mis depuis notre point de départ (quel qu’il soit), pour devenir ce que nous 1 sommes aujourd’hui, on peut supposer qu’il s’écoulera des millions d’années avant que cette gestation ou cette naissance divine soit accomplie. Nous pouvons néanmoins nous consoler par la pensée que le plus mauvais est passé

et que, quelle que doive être encore la durée de nos jours d’école, ils se passeront cependant dans de meilleures conditions, puisque la cinquième ronde, celle du cinquième principe, manas, ou Y intellect, la compréhension de la vérité, approche ; alors l’Esprit de vérité nous guidera en toutes choses, et ce sera l’avènement de la nouvelle dispensation.

Dans le Bouddhisme ésotérique, nous trouvons une explication scientifique des plus complètes de toutes les phases de l’existence. Nous y voyons comment la doctrine la plus ancienne de la transmigration, combinée avec la théorie moderne de l’évolution, peut rendre compte de tous les* événements et de toutes les circonstances physiques, mentales et morales. Bien loin que l’univers ait été le produit du fiat d’un Être omnipotent, on voit qu’il a été le résultat d’une croissance, d’une décomposition et d’une renaissance éternelles. Nous n’essayerons pas de chercher ici dans quelle mesure ces idées, recueillies parmi les annales d’une « Beligion éternelle » que l’on dit avoir été conservée à travers les siècles par les Mahatmas, paraîtraient acceptables à la théologie moderne.

En tout cas, elles semblent de nature à pouvoir être favorablement accueillies par la science.

Toutes les lois de la nature manifestent une intelligence infinie et une exactitude mathématique, et si nous examinons soigneusement les étapes successives de la nature, nous trouverons que toutes ses opérations s’accomplissent dans un esprit aussi sérieux que tendre, qui est même, dirons-nous, l’essence de la pensée et de l’amour.

Dans notre compréhension limitée, le principe suprême de l’existence ne peut être défini que comme une intelligence omnipotente dont l’omnipotence est toujours dirigée par son amour et par une sagesse infinie.

Plus nous chercherons à approfondir les lois de l’exis-

tence, plus nous trouverons qu’elles sont les lois de la sagesse, de la justice et de l’amour absolus1.

1. D’une série de documents publiés par le journal américain le Sun du 20 juillet 1890, il résulte que cette doctrine est l’œuvre de M. de Palmes, qui avait longuement étudié la Science ésotérique, et dont les manuscrits ont tous été achetés par les fondateurs de la Société Tliéosopliique.

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